15.12.2009
JIM MORRISON: MORT SUSPECTE & CARRIERE INACHEVEE
Jim Morrison
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| Jim Morrison | |
| Portrait de Jim Morrison | |
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| Nom | James Douglas Morrison |
|---|---|
| Naissance | 8 décembre 1943 Melbourne, |
| Décès | 3 juillet 1971 (27 ans) Paris, |
| Profession(s) | Auteur-Compositeur-Interprète Poète-Chanteur |
| Genre(s) | Acid rock Blues-rock Rock psychédélique |
| Années actives | 1965 - 1971 |
| Label(s) | Elektra Records |
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| Entourage | The Doors |
Jim Morrison, diminutif de James Douglas Morrison (8 décembre 1943, Melbourne, Floride - 3 juillet 1971, Paris), inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 6), est un poète et chanteur de rock américain, leader du groupe The Doors de 1965 à 1971. Sex-symbol provocant au comportement volontairement excessif, véritable idole de la musique rock, mais aussi intellectuel engagé dans le mouvement de la protest song, en particulier contre la guerre du Viêtnam, attiré par le chamanisme, on lui attribue une réputation de « poète maudit » que sa mort prématurée, à Paris, dans des circonstances mal élucidées, transforme en légende.
Le style scénique très personnel de Jim Morrison influença le mouvement punk, mais aussi des rockers comme Iggy Pop ou Ozzy Osbourne, qui se réclameront expressément de lui. Le culte que lui vouent ses fans éclipse cependant une œuvre poétique d'une grande richesse que Morrison lui-même a pu considérer comme sa principale activité, au moins à partir de l'été 1968[1].
Sommaire
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[modifier] Biographie
[modifier] Un enfant instable mais brillant (1943-1971)
Jim Morrison est l'aîné des trois enfants issus du mariage entre Steve Morrison, officier de l'US Navy, et Clara Clarke. Il naît deux ans (presque jour pour jour) après l'attaque japonaise contre la base américaine de Pearl Harbor. La guerre du Pacifique fait rage entre troupes américaines et japonaises.
[modifier] Une expérience mystique précoce
Jim Morrison a trois ans et demi, quand lors d'un trajet en voiture de Santa Fe à Albuquerque, il vit un événement qu'il décrira plus tard comme l'un des plus importants de sa vie. Il raconte, sur le disque posthume An American Prayer :
- « [We] were driving through the desert, at dawn, and a truck load of Indian workers had either hit another car, or just - I don't know what happened - but there were Indians scattered all over the highway, bleeding to death. […] That was the first time I tasted fear. […] The reaction I get now thinking about it, looking back - is that the souls or the ghosts of those dead Indians… maybe one or two of 'em… were just running around freaking out, and just leaped into my soul. And they're still in there. »
- (« Nous roulions à travers le désert, à l'aurore, et un camion plein d'ouvriers indiens avait soit percuté une autre voiture soit seulement - enfin, je ne sais pas ce qui s'était passé - mais il y avait des Indiens qui gisaient sur toute l'autoroute, agonisant, perdant du sang.[…] Ce fut la première fois que je goûtai la peur. […] Ma réaction aujourd'hui en y repensant, en les revoyant - c'est que les âmes ou les esprits de ces Indiens défunts... peut-être d'un ou deux d'entre eux… étaient en train de courir dans tous les sens, paniqués, et ils ont tout simplement sauté dans mon âme. Et ils sont toujours là. »)
Il est bien sûr permis de douter de la réalité de ce « transfert d'âme », d'autant que Jim Morrison n'a jamais hésité à mentir sur sa propre autobiographie (il avait ainsi affirmé être orphelin dans les fiches d'informations individuelles accompagnant la courte biographie du groupe destinée à leur maison de disques, Elektra Records, quelques semaines avant la sortie de "The Doors", leur premier album), mettant à profit ses remarquables talents de conteur. Néanmoins, on peut trouver dans cette anecdote la source de deux inspirations majeures dans le comportement de Jim et dans sa poésie : d'une part, une attirance très marquée pour la mystique des Amérindiens et le chamanisme ; d'autre part, le recours à l'autoroute et aux véhicules automobiles typiques de l'american way of life comme métaphore morbide du technicisme moderne.
[modifier] Adolescent caractériel ou génie incompris ?
En février 1948, le père de Jim repart en mission, ce qui amène la famille à déménager à Los Altos. L'année suivante naît le troisième enfant de la famille, un garçon baptisé Andrew (Andy) Lee. Jim. En 1951, Steve Morrison est nommé en poste à Washington DC, où la famille emménage pour la seconde fois. Elle n'y reste cependant que quelque mois, car Steve est envoyé en mission en Corée en 1952, la famille Morrison s'installant alors à Claremont en Californie. En 1955, Steve est nommé à nouveau à Albuquerque où les Morrison reviennent. Ces multiples déplacements et les missions fréquentes assignées à Steve Morrison, réduisant sa présence auprès de sa famille, ont certainement joué un rôle dans la personnalité complexe de Jim Morrison, qui découvre son huitième domicile alors qu'il n'a que onze ans. En particulier, il se lie peu avec ses camarades de classe et présente un comportement de plus en plus instable, turbulent, voire asocial. Lecteur vorace, il se désintéresse de la vie familiale et s'évade dans les romans. Il martyrise volontiers son petit frère - il va jusqu'à lui jeter des pierres, à le réveiller en pleine nuit sans motif, à lui jouer toutes sortes de tours dangereux[2]. Il invente également des mensonges de plus en plus élaborés, ce qui lui permet de raffiner son talent de conteur et de « tester » les réactions de ses interlocuteurs. Il aime aussi à agir de manière totalement inattendue, contrevenant aux codes sociaux les plus élémentaires pour déstabiliser son entourage : ainsi, lors d'un repas de famille solennel, intima-t-il à sa mère, d'un ton très poli, de « faire moins de bruits répugnants en mangeant »[3]. Les parents de Jim sont d'autant plus déconcertés que leur fils réussit remarquablement en classe et maintient des moyennes excellentes dans toutes les matières.
En 1958, Jim lit le « grand classique » de la littérature beat, le roman de Jack Kerouac On The Road (Sur la route). Très impressionné par le personnage de Dean Moriarty, sorte de voyou terrifiant et magnifique, Jim s' identifie à lui et commence à imiter son ricanement caractéristique.
Jusqu'en 1962, Jim effectue ses années de lycée. Excellent élève, il y conserve une moyenne de 88,32/100[4]. Très au-dessus de la moyenne nationale, son quotient intellectuel est évalué à 149[5]. Son appétit de lecture ne se dément pas, marquant un net intérêt pour la littérature et la poésie (il lit James Joyce, William Blake et Arthur Rimbaud, ainsi que les « beat poets » Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti et surtout Michael McClure, avec qui il se liera d'amitié en 1968), mais également pour l'histoire antique (il se passionne pour les Vies parallèles de Plutarque) et pour la philosophie, surtout pour les écrits de Friedrich Nietzsche qui le marquent considérablement. Ses résultats, ses centres d'intérêt, mais aussi le statut de son père, valent à Jim d'être approché par plusieurs fraternities importantes, mais il refusera toujours de s'y joindre, exprimant même son dédain. Il reste distant dans tous ses rapports sociaux, participe rarement aux fêtes, n'appartient à aucun club, mais cette froideur n'entame en rien sa popularité : beau garçon, volontiers charmeur, capable de tenir un auditoire en haleine avec des histoires invraisemblables mais narrées avec une grande force de conviction, il constitue, selon les témoignages de ses camarades d'école, un véritable pôle d'attraction au sein du lycée.
À cette même époque, il accomplit un acte inaugural : il rassemble tous les cahiers dans lesquels, depuis plusieurs années, il tenait son journal, prenait des notes de lecture, réalisait des croquis ou des esquisses, copiait des citations, élaborait des vers : puis, il les jette à la poubelle. Il déclarera plus tard : « maybe if I'd never thrown them away, I'd never have written anything original […]. I think if I'd never gotten rid of them I'd never been free. »[6] : « Peut-être, si je ne les avais pas jetés à la poubelle, n'aurais-je jamais rien écrit d'original […]. Je pense que si je ne m'en étais pas débarrassé, je n'aurais jamais été libre. » Cette « libération » lui permet d'élaborer un style poétique très personnel, d'un abord obscur mais d'une grande force évocatrice. Il écrit dès cette époque le poème Horse Latitudes, qui figurera sur le deuxième album de The Doors, Strange Days.
[modifier] Un étudiant atypique
Sitôt sorti du lycée, Morrison s'installe chez ses grands-parents à Clearwater pour suivre des cours au Saint Petersburg Junior College. En particulier, il s'inscrit dans deux cursus qui le marqueront profondément : d'une part, un cours sur la « philosophie de la contestation », qui lui permet d'étudier Montaigne, Jean-Jacques Rousseau, David Hume, Jean-Paul Sartre et Friedrich Nietzsche ; d'autre part, un cours sur la « psychologie des foules » inspiré de l'ouvrage de Gustave Le Bon La Psychologie des foules.
Morrison se montre, dans ce cours, très brillant. Le Professeur James Geschwender reste stupéfait devant ses connaissances. Il maitrise parfaitement non seulement l'ouvrage de Gustave Le Bon, mais aussi Sigmund Freud et Carl Gustav Jung[7]. Les autres étudiants, complètement dépassés, assistent, stupéfaits, à des dialogues entre le professeur et Morrison, lesquels tentent d'incorporer l'apport de la psychanalyse à la réflexion de Le Bon. Dans son mémoire final, Morrison, s'appuyant sur l'idée jungienne d'un inconscient collectif, évoque l'idée de névroses touchant de nombreuses personnes dans un groupe (des « névroses sociales », si l'on ose dire) et il spécule sur la possibilité de traiter ces névroses par des thérapies de groupe. James Geschwender déclarera plus tard que ce mémoire « aurait pu devenir une thèse solide »[8].
Pendant l'été 1963, Jim s'inscrit à un cours sur l'histoire médiévale européenne. Il écrit un mémoire s'efforçant de montrer que le peintre Jérôme Bosch avait fait partie des adamites. Les preuves présentées par Morrison ne paraissent pas suffisamment convaincantes au professeur, mais celui-ci n'en reste pas moins éberlué par la culture générale de son élève.
À ce moment pourtant, Morrison désire depuis plusieurs mois changer d'université pour s'inscrire à l'UCLA (université de Californie de Los Angeles), à la toute nouvelle faculté de cinéma. La famille Morrison rejette cette nouvelle orientation mais, malgré l'opposition de ses parents, Jim maintient sa décision. En janvier 1964, alors que son père est promu capitaine de vaisseau, Jim entre à l'UCLA. Dès le début de l'année, tout en continuant à « tester » les gens (en particulier ses colocataires auprès de qui il se rend rapidement insupportable), il s'encanaille, s'enivre de manière de plus en plus régulière, fréquente les quartiers « chauds » et les bas-fonds de Los Angeles, et touche sans doute dès cette époque aux drogues hallucinogènes, en particulier le LSD.
Il faut préciser que, en 1964, et en particulier à UCLA, il est extrêmement facile de se procurer du LSD. D'une part, cette drogue n'est réglementée que depuis 1962 aux États-Unis, et d'autre part, de nombreux programmes de recherche universitaires portent sur les propriétés du LSD ou d'autres substances psychoactives : il suffit donc aux étudiants aventureux de s'inscrire comme « volontaires » et ils peuvent obtenir des doses non seulement quotidiennes, mais gratuites. De plus, Morrison se trouvait doublement incité à « expérimenter » les drogues. Du point de vue poétique, cela le rattachait à des poètes comme Henri Michaux, Edgar Poe, Aldous Huxley, Thomas de Quincey ainsi que par les poètes de la beat generation, très admirés de Morrison. Du point de vue mystique, la consommation de psychotropes le rapprochait du chamanisme, lequel pratique la transe souvent provoquée par des hallucinogènes naturels comme la mescaline, le peyotl ou encore l'ayahuasca.
A l'été 1964, Jim Morrison emmène son frère Andy - qui a 16 ans - pour un bref voyage jusqu'à la ville d'Ensenada, au Mexique. Andy est sidéré par l'assurance de Jim, qui roule à toute vitesse dans les rues de la ville, connaît bien les bars et discute en espagnol argotique avec les tenanciers et les prostituées.[9]
Pendant l'automne 1964, poursuivant son cursus de cinéma, il prend des notes sur les techniques cinématographiques, sur l'histoire du cinéma et sur les réflexions philosophiques que ce média lui inspire. Ces notes, remaniées, ordonnées et compilées sous forme de brefs aphorismes, deviendront le premier « recueil » publié par Morrison (The Lords. Notes On The Vision, publié à compte d'auteur en 1969). Morrison consacre le premier semestre 1965 à tourner et à monter le film qu'il lui faut réaliser pour obtenir son diplôme. Son travail se solde malheureusement par une déception : il n'obtient son diplôme, en juin, qu'avec un médiocre « D ». Pourtant, ce résultat ne l'affecte guère : depuis le printemps, Morrison évalue les divers moyens dont il pourrait user pour toucher le public. Peut-être poursuit-il sa réflexion sur la psychologie des foules et sur la possibilité d'organiser de gigantesques séances de thérapie collective. Le cinéma lui apparaissait sans doute comme le moyen idéal mais au début de l'été 1965, une autre idée se fait jour dans son esprit : la fondation d'un groupe de rock.
[modifier] Un frontman charismatique et imprévisible (1965-1968)
Au cours du mois de juillet 1965, Jim, alors sans emploi, vit sur le toit d'un entrepôt, non loin de Venice Beach, à Los Angeles. Il raconte, dans un des poèmes du recueil Far Arden : « I left school & went down/to the beach to live./I slept on a roof./At night the moon became/a woman's face./I met the Spirit of Music. » (« Je quittai l'école et descendis/à la plage pour vivre./Je dormis sur un toit./La nuit la lune devint/un visage de femme./Je rencontrai l'Esprit de la Musique. ») L'allusion explicite au titre de Friedrich Nietzsche, The Birth Of Tragedy from the Spirit of Music (en français : La Naissance de la tragédie - Hellénisme et pessimisme) vaut presque programme : dans le cadre de la théorie esthétique nietzschéenne, la tragédie grecque provient des célébrations en l'honneur du dieu grec Dionysos.
[modifier] La fondation de The Doors
Morrison commence à écrire des chansons, dont plusieurs figureront sur les trois premiers albums de The Doors. Un jour qu'il se promène sur la plage de Venice Beach, il croise Ray Manzarek, lui aussi fraîchement diplômé en cinéma. Les deux anciens élèves de UCLA discutent, en viennent à parler musique. Ray Manzarek joue de l'orgue dans un groupe de rock. Curieux, il demande à Morrison de lui chanter une de ses compositions. Morrison aurait alors chanté Moonlight Drive, un titre qui figurera sur Strange Days, le deuxième disque de The Doors. Immédiatement séduit par l'intensité lyrique des paroles de Jim, Ray Manzarek se serait exclamé : « Hey, man, let's form a rock band and make a million dollars ! »[10] (« Eh, mec, formons un groupe de rock et gagnons un million de dollars ! »). Jim propose alors immédiatement le nom de « The Doors », en le justifiant de cette façon : « Il y a le connu. Il y a l'inconnu. Et entre les deux, il y a la porte, et c'est ça que je veux être »[11]. Il fait ainsi référence au livre de Aldous Huxley, Les Portes de la perception, titre lui-même tiré d'une citation de William Blake : « If the doors of perception were cleansed everything/would appear to man as it is - infinite. » (« Si les portes de la perception étaient nettoyées toute chose/apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est - infinie. », tiré de The Marriage Of Heaven And Hell).
Manzarek fréquente le groupe de méditation transcendantale animé par le gourou Maharishi. Il y rencontre le batteur John Densmore qui quitte le groupe des Psychedelic Rangers pour rejoindre The Doors. Densmore est bientôt imité par le guitariste des Rangers, Robbie Krieger. The Doors désormais au complet enregistrent une première démo. À la fin de l'été, Jim Morrison rencontre Pamela Courson, qui restera sa compagne jusqu'à la fin de sa vie, malgré une relation tumultueuse alternant querelles violentes et retrouvailles passionnées. En septembre, après une réunion de famille particulièrement ratée, Jim Morrison rompt toute relation avec ses parents. Il ne les reverra jamais[12].
Au début de l'année 1966, The Doors gagnent un maigre salaire en animant un bar de Los Angeles, The London Fog, mais ils y acquièrent un grand professionnalisme qui jouera ensuite un rôle déterminant dans leur succès. Le groupe apprend en effet à se confronter à des publics parfois difficiles ou peu enthousiastes. Jim, d'abord très timide dans son rôle de frontman, tourne le dos à la salle et chante à voix basse, presque inaudible, mais progressivement, il gagne en assurance, commence à se déhancher de manière suggestive, apprend à jouer avec le public, à obtenir des réponses, à plaisanter au bon moment, puis ose des cris, des sauts, des chutes, dans un style caractéristique rappelant les danses amérindiennes ou la transe chamanique. Les mélodies du groupe, d'apparence étrange parce qu'elles mêlent des influences très diverses (musique classique avec la formation de Ray Manzarek, jazz apporté par John Densmore, sans oublier le flamenco et la musique indienne qu'affectionne Robbie Krieger), servent beaucoup ces prestations scéniques exceptionnelles et l'atmosphère à la fois tribale et religieuse des concerts.
[modifier] Morrison Célébrité
The Doors, remarqués par Jac Holtzmann de la maison de disques Elektra, signent en juin 1966 un accord de production pour six albums. Le mois suivant, Jim Morrison commet son premier incident sérieux : lors d'un concert donné au Whiskey A Go Go, pendant la partie mélodique centrale d'une longue et mélancolique composition, The End, le chanteur improvise l'histoire d'un assassin qui traverse une maison puis parvient à la porte d'une salle où se trouvent ses parents. S'inspirant alors probablement du complexe d'Œdipe cher à Freud, Morrison déclare : « Father, I want to kill you. Mother, I want to fuck you all night long » (« Père, je veux te tuer. Mère, je veux te baiser toute la nuit. ») Le groupe ne pourra pas terminer la chanson : le patron du bar les jette dehors. Ils n'en ont pas moins créé l'événement : la chanson, qui paraîtra sur le premier disque (intitulé The Doors), conservera le texte audacieux et deviendra un morceau culte de l'histoire du rock.
The Doors enregistrent leur premier album au cours de l'automne 1966. Dans la notice biographique destinée à la presse, Morrison déclare que ses parents sont morts. En juin 1967, la sortie du single Light My Fire, qui devient rapidement un tube, apporte un succès presque immédiat et fait décoller les ventes de l'album. Un deuxième album est enregistré au cours de l'été. Tandis que le groupe multiplie les apparitions scéniques, Morrison pose pour plusieurs magazines. Son physique d'éphèbe, son sourire désarmant, sa coupe de cheveux rappelant celle d'Alexandre le Grand (Morrison s'est peut-être souvenu de Plutarque) le transforment en sex-symbol aussi adulé que James Dean ou Marilyn Monroe.
La musique psychédélique des Doors nous plonge dans un univers étrange, proche de celui du chamanisme, dans lequel on alterne entre une 'conscience endormie' et un 'rêve éveillé'. On a le sentiment que Morrison, la plupart du temps en état modifié de conscience (rendu possible par l'absorption quasi-quotidienne de psychotropes divers), n'était jamais réellement réveillé, jamais réellement endormi. Cet état se reflète pleinement dans la musique du groupe.
L'année 1967 est également marquée par l'engagement progressif des États-Unis dans la guerre du Vietnam : 500.000 boys sont stationnés au Viêt Nam sur l'ordre du président Lyndon Johnson. Morrison écrit, à l'automne 1967, ses chansons les plus expressément engagées, en particulier Unknown Soldier qui figurera sur le troisième opus de The Doors, Waiting For The Sun.
Le succès fulgurant de The Doors, leur notoriété soudaine, et les avantages qui les suivent, déstabilisent pourtant rapidement Morrison, d'autant que les paroles de ses chansons, qui prônent l'amour libre, l'usage de la drogue, la consommation d'alcool, le rejet de la morale puritaines, la révolte contre l'autorité, le militantisme contre la guerre, en font un personnage remuant que les services de police décident de surveiller de près. Supportant très mal l'intrusion des agents en uniforme dans les concerts, Morrison profite souvent d'être sur la scène pour improviser quelques railleries, voire pour provoquer la foule à se rebeller. Un incident plus grave conduit, le 5 décembre 1967, à New Heaven, à une interpellation en plein milieu d'un concert. Morrison est arrêté pour « comportement immoral », « trouble à l'ordre public » et « refus d'obtempérer ».
[modifier] Un désintérêt grandissant pour le rock
Le comportement de Morrison, qui devient antisocial et agressif au cours de l'hiver 1967-1968, laisse supposer que le concert de New Heaven et l'interpellation qui s'ensuivit marquèrent le chanteur. D'une part, il commençait à percevoir que le star-system pouvait le piéger en l'entraînant dans une logique du « toujours plus » en matière de provocation. D'autre part, le public avait laissé Morrison se faire arrêter. Personne n'avait bougé.
Si, comme son adolescence et ses années d'étudiant peuvent amener à le croire, Morrison avait pour ambition de remanier en profondeur les valeurs de la société américaine en s'appuyant sur les forces sociales actives du Flower Power et leur potentiel révolutionnaire, l'immobilisme du public, pourtant jeune et familiarisé avec l'idée de révolte, a dû surprendre et décevoir le chanteur. Morrison, nerveux, maussade, se réfugie dans l'alcool et ses beuveries atteignent des proportions préocccupantes, au point que les autres membres du groupe décident d'engager Bobby Neuwirth pour surveiller Jim.
Les relations avec le groupe se tendent lors de l'enregistrement du troisième album. Après réflexion, The Doors décident de couper la très longue composition, Celebration Of The Lizard qui devait occuper une face entière du disque, pour n'en garder que le morceau central sous le titre Not To Touch The Earth. Morrison, qui travaillait le texte de Celebration depuis 1965, se démotive soudain. Il laisse à Robbie Krieger le soin de composer les chansons restantes de l'album, finalement achevé en mai 1968. Ce même mois, Jim Morrison rencontre Michael McClure, le poète de la beat generation dont il a lu et admiré l’œuvre depuis ses années de lycée. Cette rencontre marque un tournant dans la vie de Morrison, qui va progressivement prendre ses distances avec le monde du rock. Sitôt Waiting For The Sun enregistré, Morrison exprime d'ailleurs aux autres membres du groupe son intention d'interrompre sa carrière. Alarmé à l'idée du départ de Jim, Ray Manzarek parvient néanmoins à le convaincre de continuer encore pendant six mois[13].
Au cours de cette période de transition, les performances scéniques de Morrison gagnent encore en intensité. Le 10 mai 1968, lors d'une apparition à Chicago, il transforme, pour la première fois, un concert en émeute. Il recommence plusieurs fois au cours de cette année, d'autant que le dernier vers de la chanson Unknown Soldier, « the war is over », est bientôt repris en slogan politique des opposants à la guerre du Vietnam. La chanson a un effet d'autant plus violent sur le public que le groupe, dans une mise en scène élaborée, fait mine de fusiller Jim. Un jeu de lumière finement réglé rend l'effet frappant.
Après une tournée en Europe au cours du mois de septembre, Morrison, en compagnie de Pamela Courson, prend quelques jours de repos à Londres. Ils y sont rejoints par Michael McClure. Ce dernier, après avoir lu les poèmes de Morrison, incite le chanteur à les publier. Flatté par les encouragements de son aîné, Morrison se décide à envoyer à l'éditeur, fin octobre, les notes sur le cinéma rédigées en 1964 et compilées sous le titre The Lords. Notes On The Vision et un long travail en vers libres intitulé The New Creatures.
Ce même mois, il visionne les rushes d'un concert donné quelques mois plus tôt. Ce document le stupéfait. Il déclare : « voir une série d'événements que je croyais contrôler... Je me suis d'un seul coup rendu compte (...) que j'étais le jouet de nombreuses forces dont je n'avais qu'une vague notion »[14]. Par la suite, il devient de plus en plus prudent dans ses « manipulations » du public. Le 13 décembre 1968, lors d'un concert à Los Angeles, il parvient à calmer une foule houleuse en quelques phrases seulement : « Nous sommes venus pour jouer de la musique, mais vous en voulez plus, pas vrai ? Vous voulez plus que de la musique, hein ? Eh bien, allez vous faire voir : nous, nous ne sommes là que pour jouer de la musique. » Après quoi le groupe interpréta une seule chanson, Celebration Of The Lizard. Cet unique morceau dura trois quarts d'heure. Il n'y eut aucun incident ; c'est à peine s'il y eut des applaudissements. La foule se dispersa en silence, matée[15]. Quel autre chanteur de rock peut prétendre avoir réussi un tel tour de force ?
[modifier] Le « poète maudit » (1969-1971)
[modifier] Morrison, l'anti-hippie ?
Deux événements marquent le début de l'année 1969. D'une part, le « délai de six mois » arraché par Ray Manzarek après l'enregistrement de Waiting For The Sun touche à sa fin, et le rapprochement entre Morrison et Michael McClure mais aussi avec le Living Theatre, ainsi que son intérêt croissant pour la production cinématographique, paraît signaler la volonté de Jim de quitter le star-system. D'autre part, il rencontre, à l'occasion d'une interview en janvier 1969, la journaliste du magazine Jazz&Pop Patricia Kennealy, avec qui il vivra une relation amoureuse très intense, allant jusqu'à « l'épouser » en 1970 au cours d'une cérémonie wicca[16]. Lors de cette interview, Jim déclare : « j'aime la musique, j'aime bien chanter sur scène, mais certaines choses que j'ai à dire ne peuvent être mises en musique et seraient communiquées au mieux par le biais d'un livre ».
L'enregistrement d'un quatrième album, The Soft Parade, retarde cependant le départ de Morrison. Son désintérêt pour The Doors paraît évident : il n'écrit que quatre des neuf chansons de l'album, passe le minimum de temps au studio et se conduit systématiquement en rustre. Une violente querelle éclate lorsqu'il découvre que les autres membres du groupe, sans l'en avertir, ont vendu la mélodie de Light My Fire, leur premier disque d'or, au constructeur automobile Buick.
La sensation de trahison que Jim a dû connaître à cette occasion a pu accentuer sa désillusion : s'il avait cru possible de modifier les valeurs américaines via le rock, il découvrait que ses proches les plus intimes cédaient aux puissances de l'argent. À ce stade, il faut poser la question du rattachement de Morrison au mouvement hippie. Il a embrassé explicitement certaines « grandes causes » du Flower Power comme la libération sexuelle et le pacifisme contre la guerre du Vietnam. Il y a même contribué activement, par ses chansons et sa conduite. Mais, lecteur assidu de Nietzsche, admirateur de Jérôme Bosch, fan de Kerouac fasciné par Dean Moriarty au point d'imiter son ricanement sadique, pouvait-il adhérer sans réserve au « peace and love », à l'idéologie de « l'harmonie universelle » et à la « spiritualité » New Age de la méditation transcendantale, de la conscience cosmique et de l'Ere du Verseau ? Son pessimisme, son goût pour le cynisme, le second degré et les faux-semblants, sa fascination pour la criminalité et le chaos, pouvaient-ils se conjuguer avec l'hédonisme naïf des hippies ?
Ray Manzarek et John Densmore ont chacun, à leur manière, avoué que Morrison plaisantait volontiers, à l'occasion de manière cruelle, sur l'exotisme un peu factice de la philosophie hippie. L'organiste et le batteur, tous deux adeptes de la méditation transcendantale, présentèrent Morrison à Maharishi Mahesh Yogi. Morrison composa ensuite, « en l'honneur » du gourou, la chanson Take It As It Comes (figurant sur le premier album), où il reprend l'idée de la relaxation chère à la méditation transcendantale (« Take it easy, babe/Take it as it comes/Don't move too fast/If you want your love to last » — « Détends-toi, baby/Prend les choses comme elles viennent/Ne t'emballe pas/Si tu veux que ton amour dure »). Ces paroles, dans la bouche de Morrison qui vécut une vie d'excès, cherchant systématiquement à « s'emballer » jusqu'à la démesure, relèvent de l'antiphrase, voire de la raillerie agressive. John Densmore, qui s'affichait « flower child » se souvient également des moqueries ambigues de Morrison à son égard : par exemple, il jetait, en plein concert, des marguerites sur la caisse claire de Densmore : « il riait comme un fou, parce qu'il savait que je ne pouvais pas m'arrêter, à moins d'interrompre le concert, alors mes baguettes faisaient éclater les pétales[17]. »
Aussi, dans une interview réalisée en février 1971 par Ben Fong-Torres du magazine Rolling Stone, Jim Morrison parle de la 'beauté' du capitalisme et de la libre entreprise permettant à un individu parti de rien de réaliser un projet.[18]
[modifier] Le concert de Miami : un « fiasco » prémédité ?
Cette perspective éclaire le sens du célèbre concert de The Doors donné à Miami le 1er mars 1969. Pour la première fois, le groupe partait en tournée « longue » : plus de vingt dates étaient prévues dans des villes comme Cleveland, Saint Louis, Providence ou encore Dallas. Pourtant, le premier concert vire à la catastrophe. Sugerman et Hopkins, entre autres biographes de Morrison, pointent du doigt l'incurie des organisateurs, qui avaient vendu beaucoup plus de tickets qu'il n'y avait de places, si bien que The Doors se présentèrent devant une salle bondée, surchauffée et déjà passablement nerveuse.
Cette tension s'accroît encore avec le retard de Morrison : éméché, il a raté son avion. Pendant le vol, il continue à boire. Lorsqu'il parvient enfin à la salle de concert, c'est un frontman ivre mort qu'on doit convaincre, contre son gré, d'entrer en scène. Incapable de chanter, Morrison interrompt les chansons, pour digresser, invectiver la foule, l'insulter. Au cours de la chanson Five To One, le discours de Morrison prend une tournure explicitement anarchiste et passablement agressive à l'égard des fans : « You're all a bunch of fuckin' idiots ! Lettin' people tell you what you're gonna do ! Lettin' people push you around ! How long d'ya think it's gonna last ? How long are you gonna let it go on ? [...] How long ? Maybe you like it, maybe you like being pushed around... Maybe you love it, maybe you love gettin' you face stuck in the shit... [...] You love it, don't ya ? You love it. You're all a bunch of slaves ! » (« Vous n'êtes qu'une bande d'idiots ! À laisser les gens vous dire quoi faire ! À laisser les gens vous bousculer ! Combien de temps ça va encore durer, à votre avis ? Combien de temps est-ce que vous allez laisser faire ça ? [...] Combien de temps ? Peut-être que vous aimez ça, peut-être que vous aimez qu'on vous bouscule... Peut-être que vous adorez ça, peut-être que vous adorez qu'on vous mette la tête dans la merde... [...] Vous adorez ça, hein ? Vous adorez ça. Vous n'êtes qu'une bande d'esclaves ![19] »)
Mais de toute évidence, cette diatribe ne suffit pas : le public applaudit, pousse des cris de joie à chaque insulte. Morrison pousse encore l'outrage : taquinant la salle, il annonce qu'il va montrer son pénis. L'a-t-il effectivement fait ? Un doute subsiste, même pour Morrison qui avouera plus tard au juge avoir été trop ivre pour se souvenir ; quant au principal témoin de l'accusation, Bob Jennings, il s'agit du fils d'un policier de Miami, ce qui jette un doute sur son impartialité, d'autant que plusieurs autres accusateurs se rétracteront avant ou pendant les audiences. En tout état de cause, le mal est fait : le concert finit dans un désordre incontrôlable et, le 5 mars, un mandat d'arrêt est délivré contre Morrison sous quatre chefs d'accusation : « comportement indécent », « exhibition indécente », « outrage aux bonnes moeurs » et « ivresse publique ». Aussitôt, tous les concerts de la tournée sont annulés et The Doors devront attendre juin pour pouvoir se présenter à nouveau devant le public.
Les journaux, à l'époque, titrent : « Morrison dérape ». Telle est aussi la version de l'incident retenue par les principaux biographes de Morrison (notamment Hopkins et Sugerman, mais aussi John Densmore) et il paraît délicat de contester ces témoignages de première main. Pourtant, la question se pose : Morrison n'a-t-il pas « dérapé » au moment qui lui convenait ? N'a-t-il pas « dérapé » d'une manière très sincère, comme ses insultes à la foule semblent le suggérer ? Le rejet du mouvement hippie qu'il semble exprimer dans son comportement et dans ses textes (y compris des chansons pour The Doors comme The Soft Parade, voir ci-dessous) n'indique-t-il pas que Morrison a pu vouloir faire exploser The Doors en plein vol, au tout début d'une tournée aussi longue que prometteuse, en mars 1969, c'est-à-dire trois mois après la fin du « délai de grâce » qu'il avait accordé après l'enregistrement de Waiting For The Sun ?
[modifier] Une saturation nerveuse
Si Morrison a effectivement voulu saborder The Doors, il a échoué. Sans doute, le fiasco de Miami a-t-il refroidi les organisateurs de concerts qui annulent de facto la tournée de The Doors ; mais dans un second temps, Morrison reçoit le soutien de son entourage et de nombreux fans, qui voient dans le procès intenté au chanteur une preuve de la persécution perpétrée par l'institution puritaine contre le mouvement hippie et les opposants à la guerre du Vietnam. Dès juin, seulement trois mois après Miami, The Doors jouent à nouveau en public. L'album The Soft Parade sort en juillet et devient disque d'or. En septembre, le groupe entame des répétitions pour un cinquième album.
Jim semble donc se résigner à « continuer » avec The Doors, bien que la poésie soit à ce moment sa préoccupation principale. En avril, il a reçu de la maison d'édition Western Lithographers les exemplaires de The Lords et de The New Creatures, publiés à compte d'auteur sous le nom « James Douglas Morrison ». Ce même mois, interviewé sur la chaîne de télévision PBS par Richard Goldstein et Patricia Kennealy, Morrison refuse de parler de The Doors et se contente de lire des extraits de The New Creatures. Le journal Rolling Stone publie, dans son numéro d'avril 1969, le texte intégral d'un long poème intitulé An American Prayer, et précise que les droits d'auteur sont attribués à James Douglas Morrison.
Il convient d'insister sur ce point : bien qu'utilisant le prénom « Jim » comme nom de scène avec The Doors, Morrison a toujours insisté pour que son travail poétique soit publié sous son patronyme complet. Il souhaitait, de toute évidence, sanctuariser son travail poétique par rapport à son image de star pop ; mais ce souci de « catégoriser » ses activités va bien au-delà du domaine professionnel. Morrison appartenait simultanément à plusieurs « cercles sociaux » différents qu'il s'efforçait de ne jamais mélanger. Ainsi Michael McClure ne fit-il jamais partie de la petite « cour » qui gravitait autour de The Doors. Il en alla de même pour Patricia Kennealy[20], que Morrison avait pourtant « épousée ». Du reste, Jim continuait à entretenir des relations suivies avec plusieurs anciens élèves de la faculté de cinéma d'UCLA sans jamais les présenter à ses autres amis.
Ces séparations entre divers groupes d'amis avaient sans doute pour but, aux yeux de Morrison, de protéger en partie sa vie privée : d'un groupe à l'autre, il pouvait exprimer toutes les facettes de sa personnalité sans pourtant s'ouvrir complètement à quiconque. Or deux conséquences suivent de cette attitude. D'une part, à dissimuler toujours une partie de lui-même à ses interlocuteurs, Morrison était forcément toujours « en représentation », en train de jouer un rôle qui ne correspondait pas exactement à ce qu'il était ; cette timidité, voire cette dissimulation, allant de pair avec une vive inventivité, un indéniable talent de conteur et un certain degré d'hypocrisie, constitue sans doute l'un des principaux traits de caractère de Morrison. Il n'est jamais complètement sincère, sauf peut-être dans quelques moments exceptionnels (voir ci-dessous le témoignage de Michael McClure à propos de la réception de The Lords and The New Creatures) et lorsqu'il s'avoue, précisément, menteur, trompeur, calculateur. Ainsi dans les chansons The Changeling (« I'm a changeling/See me change » : « Je suis un changeforme/Regarde-moi me transformer ») et la très dérangeante The Spy (« I'm a spy in the house of love/I know the dream that your dreaming of/[...] I know your deep and secret fears/I know everything/Everything you do/Everywhere you go/Everyone you know » — « Je suis un espion dans l'antre de l'amour/Je connais le rêve que tu rêves/[...] Je connais tes terreurs secrètes/Je connais tout/Tout ce que tu fais/Tous les endroits où tu vas/Tous les gens que tu connais »). Aussi tous les témoins directs de la vie de Morrrison ont-ils une vision nécessairement biaisée de Jim/James Douglas, non seulement parce qu'ils sont subjectifs, mais aussi (surtout) parce que Morrison lui-même entretenait la confusion, mentait sans vergogne, promettait ce qu'il savait ne pas vouloir tenir.
D'autre part, au cours de l'année 1969, cette stratégie de séparation entre divers groupes d'amis commence à montrer ses limites et même son caractère pervers : menant de front sa carrière de chanteur, son travail de poète et une activité de réalisateur-producteur de cinéma, Morrison se trouve tiraillé entre plusieurs impératifs inconciliables, d'où un stress professionnel intense aggravée par la peur d'un procès et l'éventualité d'une condamnation à de la prison ferme. À cela s'ajoute la dissimulation dont il fait preuve à l'égard de sa compagne, Pamela Courson, car depuis avril 1969, Morrison entretient une relation passionnée avec Patricia Kennealy[21] ; or cette jeune journaliste n'a rien de la « groupie ». Fière militante féministe, elle ne se laisse pas impressionner par le statut de « star », et sa solide culture générale lui permet de rivaliser intellectuellement avec Morrrison, lequel se montre par ailleurs fasciné par le fait que Patricia Kennealy pratique la sorcellerie wicca[22]. Cette « double vie » conduit Morrison à des querelles de plus en plus violentes avec Pamela Courson, laquelle dépense l'argent de manière inconsidérée[23] ; mais en même temps, Morrison souhaite ménager Pamela dans la mesure où elle l'encourage dans sa carrière de poète (en décembre 1969, elle lui demande même d'interrompre sa carrière avec The Doors) - c'est d'ailleurs par l'intermédiaire de la sœur de Pamela que Morrison a pu rencontrer Michael McClure[24].
Une telle tension nerveuse épuise lentement Morrison : il cherche à la dissiper dans l'alcool. À cette époque, il ne dessaoûle presque jamais. Il écrit de manière lapidaire : « I drink so that I can talk to assholes./This includes me. » (« Je bois pour pouvoir parler aux cons./Moi compris. »)
Le début de l'année 1970 semble pourtant favoriser Morrison. Une série de concerts réussis à New York, l'enregistrement et la sortie du cinquième album de The Doors, Morrison Hotel (qui reçoit des critiques élogieuses), la signature de contrats pour l'adaptation cinématographique du roman de Michael McClure The Adept, redonnent un élan à Morrison. Ces succès se complètent, en avril, par la publication, à compte d'éditeur, du double recueil The Lords and The New Creatures (chez Simon & Schuster). Même si le volume avait été publié, contre ses indications, sous le nom de « Jim Morrison » (Morrison avait expressément demandé « James Douglas »), il télégraphia le jour même à ses éditeurs : « Merci à vous [...]. Le livre dépasse toutes mes espérances » ; le poète Michael McClure, ami de Morrison qui l'avait encouragé à publier ses poèmes, le vit ce jour-là. Il raconte : « Je trouvai Jim dans sa chambre. Il pleurait. Il était assis là, le livre à la main, en larmes, et il me dit « C'est la première fois qu'on ne m'a pas baisé ». Il le répéta deux fois[25] ». Patricia Kennealy écrit, dans le numéro de mai de Jazz&Pop, une critique favorable au recueil. En juin, Morrison épouse la journaliste selon le rituel wicca.
[modifier] La mort de Jim Morrison
Le procès du concert de Miami s'ouvre le 10 août 1970. Morrison a décidé de plaider non-coupable. Le 14, Patricia Kennealy, présente aux côtés de Jim, lui annonce qu'elle est enceinte. Après une discussion tendue, la journaliste accepte d'avorter. Morrison lui promet d'être présent lors de l'opération. Il ne tiendra pas sa promesse : en novembre, Patricia Kennealy subira seule l'intervention[26].
Le 19 septembre, les juridictions de Floride émettent une sentence curieuse : les chefs de « comportement indécent » et « d'ivresse publique » sont écartés (alors que Morrison lui-même admettait avoir été ivre et que des photos le montraient en train de simuler une fellation à Robbie Krieger), mais Morrison est reconnu coupable « d'outrage aux bonnes mœurs » et « d'exhibition indécente ». Il écope de huit mois de prison ferme et de 500 dollars d'amende. L'avocat de Morrison, Max Fink, engage aussitôt une procédure d'appel et obtient la libération de Morrison moyennant une caution de 50.000 dollars.
Une ambiance morbide domine alors le monde du rock : Jimi Hendrix est mort le 18 septembre, Janis Joplin décède le 4 octobre. Morrison plaisante : à ses compagnons de beuverie, il déclare, mi-figue mi-raisin : « Vous êtes en train de boire avec le n° 3 ».
Le 8 décembre, pour son anniversaire, Jim Morrison se rend seul au studio. Il passe la journée à enregistrer une lecture de certains poèmes, notamment le long travail An American Prayer déjà publié par le magazine Rolling Stone, mais également d'autres poèmes divers qui seront plus tard publiés sous le titre Far Arden. The Doors donnent des concerts à Dallas et à la Nouvelle-Orléans les 11 et 12 décembre : ce seront les dernières apparitions publiques de Morrison.
Au printemps 1971, juste après avoir fini l'enregistrement du sixième album de The Doors, LA Woman, Jim quitte Los Angeles pour Paris, où il rejoint Pamela Courson. Il semble avoir l'intention de se consacrer à la poésie et de réduire sa consommation d'alcool. Epuisé par le star-system, il voulait aussi prendre de longues vacances. Au cours du printemps, Jim et Pamela visitent la France, l'Espagne, le Maroc, la Corse[27]. Pendant ce temps, aux États-Unis, l'album LA Woman, sorti en avril, est reçu par une critique unanime comme « le meilleur » de The Doors.
Le 5 juillet, cependant, une rumeur court à Los Angeles selon laquelle Jim Morrison serait mort. Rien de bien alarmant : au cours des années 1967-1968, il s'était rarement écoulé un mois sans que de telles rumeurs courent[28]. Néanmoins dépêché sur place le 6 juillet, le manager de The Doors, Bill Siddons ne peut que constater la disparition du chanteur, décédé dans sa baignoire dans la nuit du 2 au 3 juillet [29]. L'inhumation a lieu le 7 juillet, au cimetière du Père-Lachaise, où se trouve toujours la tombe de Morrison.
Les circonstances de la mort de Morrison ont donné lieu à de nombreuses spéculations, d'autant plus qu'à son arrivée, Bill Siddons n'a pas vus le corps de Jim Morrisson mais le cercueil étant sensé le contenir. Aucune autopsie ni examen n'avait été pratiqué sur le cadavre, la cause officielle du décès étant une simple crise cardiaque. La vie d'excès menée par Morrison pendant six ans (il abusait de l'alcool, participait volontiers à des orgies et se vantait d'avoir pris deux cents fois de l'acide[30]) accrédite cette version des faits.
Cependant, d'autres témoins affirment avoir vu Morrison dans un bar parisien branché, le Rock 'n Roll Circus, ce soir-là. Selon cette version, Morrison aurait « touché » à l'héroïne et serait mort d'une overdose dans les toilettes du bar. Présentes sur place, et par crainte du scandale, la chanteuse Marianne Faithfull et la réalisatrice Agnès Varda auraient alors dégagé le corps et l'auraient ramené jusqu'à l'appartement que Morrison partageait avec Pamela Courson.
Une troisième version, quant à elle, prétend que Morrison - tout comme Jimi Hendrix et Janis Joplin, mais aussi Malcolm X et Martin Luther King, respectivement assassinés en 1965 et 1968 - aurait figuré sur une liste de personnalités « remuantes », que certains agents du FBI auraient eu pour mission d'« éliminer » de manière discrète. Cette hypothèse ne semble cependant reposer sur aucun fait tangible.
Enfin, de nombreux fans pensent que Morrison orchestrait un « départ définitif » depuis plusieurs mois, et qu'il aurait lui-même orchestré un « faux décès » destiné à couvrir sa fuite. Il serait donc en fait toujours vivant. On n'hésite guère, dans cette version, à comparer Morrison à Arthur Rimbaud, qui cessa toute activité littéraire et partit vivre en Afrique à l'âge de vingt-quatre ans. Cette idée, pourtant, semble plus relever de la légende - voire du fantasme - que de la piste sérieuse.
Quoi qu'il en soit, ce décès prématuré, dans des circonstances peu claires, en France de surcroît, patrie des poètes maudits, ne pouvait qu'auréoler la figure fascinante de Morrison et lui conférer une dimension légendaire. Il reste aujourd'hui une icône majeure de l'histoire du rock, dont on souligne volontiers les provocations, les excès et le destin tragique. Telle fut, en particulier, l'optique retenue par les premiers biographes de Morrison, Jerry Hopkins et Danny Sugerman, dans leur livre No One Here Gets Out Alive (Personne ne sortira d'ici vivant, publié en 1980), dont Oliver Stone s'inspira pour son film The Doors sorti en 1991 (le rôle de Jim Morrison y est interprété par Val Kilmer).
En parallèle, l'œuvre proprement poétique de Morrison commence, à son tour, à être reconnue. À la fin des années 1970, les membres restants de The Doors se reforment brièvement pour composer des mélodies destinées à servir de fond musical aux poèmes enregistrés par Morrison le 8 décembre 1970. Il en résulta un album, An American Prayer, sorti en 1978, mais il fallut attendre 1988 pour que le premier volume des poèmes inédits de Morrison soit publié sous le titre Wilderness, suivi, en 1990, d'un second volume intitulé The American Night.
Il est entré dans le 27 Club regroupant les figures de la musique décédées à 27 ans, comme Janis Joplin, Robert Johnson, Brian Jones, Jimi Hendrix, Alan Wilson Pete Ham (Badfinger) ou Kurt Cobain.
[modifier] La poésie de James Douglas Morrison : quelques pistes de lecture
Tous les articles, biographies, notices et sites internet consacrés à Morrison insistent sur sa carrure de «poète ». Son usage de substances hallucinogènes (LSD surtout), son alcoolisme maladif, ses multiples provocations contre l'ordre puritain américain, son image dionysiaque minutieusement entretenue, ses textes à la limite de l'inintelligible, son décès prématuré enfin (il avait vingt-sept ans) dans le pays qui avait vu naître Baudelaire, Verlaine et Rimbaud ont largement contribué à forger un personnage de légende et à l'assimiler aux « poètes maudits » adeptes des « paradis artificiels », dans la lignée d'auteurs anglo-saxons comme Thomas de Quincey, William Blake ou encore Aldous Huxley.
Au-delà de cette image, cependant, il paraît significatif que, à notre connaissance, aucun de ces textes consacrés à Morrison ne propose d'interprétation poétique de ses textes, ni même ne cite son œuvre en-dehors des chansons qu'il écrivit pour The Doors et du long poème lyrique An American Prayer ultérieurement mis en musique par The Doors, alors pourtant que ces écrits destinés au groupe ne représentent qu'un sixième, environ, de l'œuvre complète de Morrison. L'essentiel de son travail est systématiquement occulté. Pourtant, Morrison lui-même a souvent insisté, dans plusieurs interviews, sur la priorité qu'il accordait à la poésie sur toutes ses autres activités (le rock mais aussi la production cinématographique), minimisant du même coup l'importance et le sérieux de son travail au sein de The Doors. Ainsi, interrogé sur la notion de « littérature rock » dont les chansons de The Doors seraient le modèle, il déclara ; « It's all done tongue-in-cheek [...]. I don't think people realize that. It's not to be taken seriously. » (« Tout cela est à prendre au second degré [...]. Je ne pense pas que les gens s'en rendent compte. Il ne faut pas nous prendre au sérieux. »). Mise en parallèle avec la minutie qu'il accordait à ses recueils de poèmes et l'extrême émotion qu'il ressentit lorsque The Lords and The New Creatures parut chez Simon & Schuster, cette déclaration pousse à relativiser l'importance de The Doors dans la vie de Morrison et de mettre l'accent sur son œuvre de poète.
Celle-ci, cependant, complexe, dense et d'un abord obscur, mérite quelques clarifications préalables.
[modifier] Une œuvre difficile à aborder
A l'exception des textes de chanson écrits pour The Doors et quelques poèmes épars très exceptionnels, la seule œuvre publiée du vivant de Morrison sous forme d'un livre proprement dit est un double recueil intitulé The Lords and The New Creatures. La première partie (The Lords. Notes On The Vision) se compose de notes et d'aphorismes couchés sur le papier alors que Morrison étudiait le cinéma à UCLA. Il se présente sous une forme dispersée de remarques historiques, techniques et philosophiques sur le cinéma et son rôle dans la société américaine des années 1960. La seconde partie (The New Creatures) constitue un long poème en vers libres, d'apparence disparate (phrases mutilées, ponctuation qui semble hasardeuse, thématiques récurrentes sans ordre apparent, plan insaisissable à la première lecture). De là la critique en demi-teinte qu'écrit Patricia Kennealy dans le numéro de mai 1970 de Jazz&Pop : « Le recueil (The Lords and The New Creatures) est truffé d'allusions personnelles que seuls Morrison, son agent ou son épouse pourraient prétendre comprendre ».
Le lecteur non prévenu pourrait en effet croire, en ouvrant un recueil de Morrison, qu'il s'agit d'alignements de mots gratuits. Une explication consisterait alors à estimer qu'il s'agit là de productions rédigées sous l'influence de l'alcool, des hallucinogènes, parfois des deux, et qu'il n'y a rien à y comprendre.
[modifier] Une conception moderne du travail poétique
La première difficulté tient à l'idée que l'on se fait du « poète », personnage supérieurement « sensible » qui chercherait à retranscrire ses émotions sur le papier pour les transmettre à un lecteur. Morrison, lui, concourt à une explosion du langage « normal », en particulier du langage « communicationnel », considéré comme incapable de véhiculer la violence sensible des émotions les plus profondes (ce constat amer relie les recherches françaises menées par Rimbaud et Mallarmé, et les innovation anglo-saxonnes proposées par T.S. Eliot et Virginia Woolf). Héritiers de cette situation qui pourrait marquer l'échec définitif de la poésie, les poètes de la beat generation cherchèrent à retrouver la sémantique profonde des sonorités dans les propriétés phoniques et rythmiques de la langue articulée en tant que matière sonore : dans les cas extrêmes, des syllabes brutes peuvent aussi « parler ». L'admiration ressentie par Morrison, dès le lycée, pour les « beat poets » tels Lawrence Ferlinghetti ou Michael McClure, ne se démentira jamais, et ses propres œuvres dérivent de ces recherches fondamentales. En cela, chercher à lire la poésie contemporaine, surtout celle de Morrison, en se demandant ce que le texte « veut dire » conduit souvent à des impasses. On gagne à examiner en priorité des structures formelles, sonores et visuelles, de la langue parlée et imprimée - ce qui rend la poétique de Morrison quasi intraduisible.
Ainsi le poème Dry Water (dans le recueil Far Arden) présente ces vers dont les assonances et les allitérations (et plus encore la disposition de ces assonances et de ces allitérations les unes par rapport aux autres) portent des sonorités plus expressives que les mots qui les composent ; « the graveyard, the tombstone/the gloomstone & runestone » (littéralement ; « le cimetière, la pierre tombale/la pierre maussade & la pierre runique » - le mot « gloomstone » est un néologisme). Morrison se livre aussi à des espiègleries littéraires, parfois de véritables acrobaties poétiques destinées à « tester » les particularités de la langue anglaise. Il joue par exemple sur la nature des mots, en coupant le vers à un endroit inattendu qui semble donner à un nom commun valeur de verbe, ou sur le fait qu'au « simple present », le verbe à la troisième personne du singulier porte un « s » qui permet de faire passer un verbe pour un substantif au pluriel ou inversement. Ainsi, dans le recueil Wilderness, ce premier vers d'un poème sans titre ; « A man rakes leaves into ». Le mot « leaves » exprime soit le pluriel de leaf (feuilles), soit le verbe « to leave » conjugué avec le sujet « A man » au « simple present ». On peut donc traduire le vers soit par « Un homme ratisse des feuilles en », soit par « Un homme ratisse part vers ». A priori, le traducteur n'a pas de raison de préférer l'une ou l'autre traduction. Seul le vers suivant donne l'interprétation correcte ; « a heap in his yard [...] » (« un tas dans son jardin »). Tant que le vers suivant n'est pas lu, le lecteur reste dans l'ambiguité : le voilà contraint, par les propriétés de la langue, de relire la page pour saisir le sens.
Cette tentative d'éclatement du langage ordinaire se légitime d'une manière similaire à celle dont le peintre Jackson Pollock justifiait l'art abstrait : le recours à des figures, à des natures mortes, à des portraits, ne permet pas d'exprimer certains phénomènes fondamentaux de notre époque. Il n'est pas certain que l'atmosphère dégagée par notre monde urbain et technologique contemporain puisse être rendue dans un langage grammaticalement structuré.
[modifier] L'implication intime du lecteur
Dans la conception classique de la poésie, illustrée en langue anglaise par des auteurs comme Samuel Taylor Coleridge ou Edgar Allan Poe, le lecteur est conçu comme le spectateur d'un poème que le poète lui donne à lire, entendu comme narration d'une histoire ou comme description d'un objet. Au début des années 1960, pourtant, le philosophe John Langshaw Austin publie un essai, How To Do Things With Words, qui insiste sur la fonction performative du langage. La phrase en général posséderait un effet concret sur son récepteur. Morrison use en virtuose de ces ressources du langage, en particulier pour instaurer une relation directe et personnelle avec le lecteur, lequel ne peut jamais se comporter en simple « spectateur » du poème. Dans un texte du recueil Wilderness, dont le premier vers est « What are you doing here ? » (« Qu'est-ce que tu fais là ? »), le lecteur est immédiatement invectivé. Un peu plus loin, Morrison écrit ces phrases ; « I know what you want./You want ecstasy/Desire & dreams./Things not exactly what they seem. » (« Je sais ce que tu veux./Tu veux de l'extase/Du désir & des rêves./Des apparences trompeuses »). En dénonçant ces aspirations (dans lesquelles effectivement chaque lecteur peut se reconnaître), Morrison les désamorce et en même temps élabore une atmosphère assez inquiétante, où le lecteur se trouve confronté à un texte qui semble le connaître intimement, et même qui le révèle à ses propres yeux.
Dans d'autres cas, l'implication du lecteur s'effectue de manière indirecte. Ainsi, toujours dans Wilderness, Morrison écrit ; « No one thought up being;/he who thinks he has/Step forward » (« Nul n'a pensé l'être;/que celui qui le croit/S'avance »). Le lecteur n'est pas directement pris à partie, mais c'est son immobilité même qui l'implique dans le texte et en fait, en quelque sorte, la victime.
Dans des cas plus rares et plus raffinés, l'implication du lecteur est assurée par le seul recours à l'article démonstratif. Ainsi, dans le poème sans titre dont le premier vers est Favorite corners (dans le recueil Wilderness), on trouve le vers suivant ; « Those lean sweet desperate hours » (« Ces heures maigres douces désespérées » - sous-entendu : « tu vois de quoi je parle, n'est-ce pas ? »).
Morrison ne permet pas à son lecteur une simple adhésion superficielle. Qui chercherait une bonne histoire ou une versification élégante ne peut comprendre la poésie de Morrison. Plus précisément, Morrison tente beaucoup moins de narrer une série d'événements que de rendre une atmosphère, une ambiance, et d'y plonger le lecteur pour agir sur lui. Il s'agit en particulier de lui transmettre l'impression d'étrangeté et de malaise que lui inspire le monde contemporain. Dans une interview, il explique : « J'ai toujours eu cette sensation de quelqu'un… qui ne serait pas exactement chez lui… qui serait conscient de beaucoup de choses mais qui ne serait vraiment sûr de rien[31]. »
Pour rendre ce sentiment d'instabilité, Morrison emploie souvent une structure poétique qui consiste à jouer sur l'ambiguïté d'un mot et à ne fixer clairement son sens que dans un vers ultérieur du poème. Le verbe « to leave » (qui signifie à la fois « partir » et « laisser ») permet par exemple, dans un poème de Wilderness (premier vers ; In the gloom), de jouer de la sorte ; « The wino left a little in/the old blue desert/bottle ». La lecture des deux premiers vers donnerait l'impression que « left » signifie « partir » (agrémenté de l'adverbe « a little », il signifierait plus précisément « s'éloigner ») et « desert » paraît employé comme nom commun. Une première traduction donnerait ainsi ; « Le poivrot s'éloigna un peu dans/le vieux désert bleu/bouteille » ; mais le dernier vers, réduit à un seul mot, « bottle », invite à donner un tout autre sens à « left » et à prendre « desert » comme adjectif, d'où une autre traduction : « Le poivrot laissa un fond dans/la vieille bleue désertique/bouteille ». Au fil du texte, le lecteur est amenée à réinterpréter le début du poème en fonction de la fin, comme s'il lui fallait remonter le temps pour saisir le sens de la durée écoulée.
[modifier] Une intertextualité d'une grande densité
Le nombre et la subtilité des allusions à d'autres auteurs complique considérablement la lecture de l'œuvre de Morrison. Il est très difficile de débusquer et de décrypter tous les sous-entendus, alimentés par la mémoire presque infaillible de Morrison[32]. Sa vaste culture générale densifie les poèmes parce qu'elle touche à tous les domaines du savoir, notamment la littérature mais aussi l'histoire ou l'ethnologie. Ainsi les deux premiers vers de la chanson Not To Touch The Earth ; « Not to touch the earth/Not to see the sun » (« Pour ne pas toucher la terre/Pour ne pas voir le soleil ») proviennent de la table des matières du Golden Bough (Le Rameau d'or) de James George Frazer. Morrison s'intéresse aussi beaucoup aux arts et traditions populaires comme les arts divinatoires, les jeux de cartes, les contes et légendes, ou encore aux traditions ésotériques comme la sorcellerie ou l'alchimie.
À plusieurs égards (en particulier par les thèmes de l'avortement et de la stérilité, du roi lié à une terre gaste, mais aussi par le plan éclaté), le long poème The New Creatures pourrait se lire comme une réécriture du célèbre Wasteland de T.S. Eliot. Les principales réflexions philosophiques que le cinéma inspire à Morrison dans le recueil The Lords l'amènent à reconsidérer la fameuse Allégorie de la Caverne (au début du livre VII de la République de Platon), pour en renverser le propos : le cinéma serait une « caverne » moderne où les contemporains de Morrison voudraient s'enfermer, s'enchainer, dans une tentative éperdue de fuir un réel trop douloureux[33].
Aborder Morrison dans un esprit « baba cool » selon lequel la beauté d'un poème viendrait de sa « spontanéité » ou de sa « sincérité » mène à l'incompréhension. Morrison n'écrit qu'exceptionnellement sous le coup de l'« inspiration », et il traite ces textes « spontanés » comme une première ébauche destinés à évaluation critique, modification, amélioration, mise en perspective. Tous les poèmes de Morrison relèvent d'un dispositif minutieux : chaque mot, et probablement même chaque caractère imprimé, trouve une place soigneusement calculée par rapport à tous les autres[34]. Cette place n'est d'ailleurs retenue que « en attente de mieux » (ainsi Celebration Of The Lizard connut-il une genèse d'au moins trois ans, les premières esquisses datant de 1965 et le texte définitif n'étant publié qu'en 1968 à l'intérieur de la pochette de l'album Waiting For The Sun) - d'où le très faible nombre de textes publiés du vivant de l'auteur.
[modifier] La poétique des ébauches
On peut généralement lire dans la poésie classique chaque texte comme indépendant des autres. Chez Morrison, une telle approche conduit à des contresens majeurs. Dans la mesure où chaque poème a fait ou fera l'objet de retouches, il semble inutile de chercher à déterminer « quand » le poème a été écrit. Par ailleurs, et à l'exception peut-être des textes publiés du vivant de l'auteur (en nombre très réduit : les chansons écrites pour The Doors, The Lords, The New Creatures, An American Prayer et quelques textes à diffusion restreinte comme Ode To LA while thinking of Brian Jones, Deceased), il paraît difficile d'isoler tel texte de Morrison du reste de son œuvre. Il nous semble plus juste d'assimiler plutôt ses poèmes à des croquis ou des ébauches. Morrison tendait, de facto, à combiner plusieurs poèmes antérieurement travaillés dans de longues compositions comme The New Creatures, The End, The Soft Parade, Celebration Of The Lizard ou encore An American Prayer.
Dans ce sens, il n'est pas rare, à la lecture d'un recueil de Morrison, d'avoir l'impression qu'il passe, d'un poème à l'autre, à des sujets complètement différents ; mais une lecture suivie permet de découvrir un certain nombre de thèmes récurrents, retravaillés sous des angles divers. En particulier, certaines images reviennent régulièrement dans une sorte de symbolisme en apparence obscur mais dont il est possible de percer certaines arcanes.
[modifier] Thèmes et symboles de la poétique de Morrison
Le caractère cousu, décousu et recousu du travail de Morrison amène à un constat : s'il « fabrique » bien « de la poésie » (au partitif), il paraît difficile de désigner ses écrits comme « des poèmes », chacun constituant comme une fenêtre ouverte sur un « univers poétique » structuré autour de plusieurs « événements » ou « lieux-types ». En voici quelques exemples, récurrents dans l'œuvre de Morrison.
[modifier] La « Highway »
Littéralement, la « grand-route » qui, dans la symbolique occidentale classique, représente le voyage, la liberté et l'aventure. Chez Morrison, la « highway » désigne aussi l'autoroute, laquelle se trouve connotée négativement. Primo, elle rappelle à Morrison l'incident dont il a été témoin étant enfant et qui le marqua profondément (voir plus haut). Secundo, elle constitue le décor des « exploits » de Billy, l'autostoppeur assassin[35] : Morrison était hanté par l'histoire d'un jeune homme qui part en auto-stop au Mexique pour s'y marier et dont le périple se transforme en bain de sang. Il raconte cette aventure de manière allusive dans la chanson Riders On The Storm, plus en détail dans le recueil Far Arden et enfin sous forme de scénario cinématographique dans The Hitchhiker. An American Pastoral. Tertio, indissociable de la voiture et de l'american way of life, la highway exprime dans la poésie morrisonnienne un sentiment d'angoisse à l'idée que l'humain dispose d'une puissance qu'il ne maîtrise absolument pas et dont il pourrait aisément se retrouver victime.
[modifier] « LAmerica »
« LAmerica » (titre de six poèmes et chansons parfois orthographié L'America ou Lamerica) constitue un double jeu de lettres : d'une part, la contraction des initiales de Los Angeles avec le nom du continent, d'autre part le jeu entre les initiales L.A. et l'article féminin défini en espagnol et en français, ce qui permet une personnalisation de l'Amérique sous les traits d'une femme. Ces poèmes évoquent tantôt l'histoire de l'Amérique, y compris de sa découverte par les Vikings lors de l'expédition menée par Erik le Rouge (tel est le cas, par exemple, dans LAMERICA/Trade-routes), tantôt ses promesses exaltantes (dans LAmerica/Cold treatment of our empress, Morrison écrit : « lamerica/swift beat of a proud heart/lamerica/eyes like twenty/lamerica/swift dream » — « lamerica/battement vif d'un cœur fier/lamerica/des yeux de vingt ans/lamerica/rêve vif ») ; ces thèmes et les jeux de lettres qui conduisent à l'élaboration du mot-valise LAmerica permettent de comprendre que, pour Morrison, la ville de Los Angeles constitue une sorte de microcosme révélant l'ensemble de l'Amérique, celle-ci étant elle-même l'avant-garde et le point culminant de la civilisation occidentale tout entière. Mais à ce point culminant, le contraste et le paradoxe atteignent aussi leur paroxysme car Morrison associe toujours LAmerica à l'idée de la vieillesse, de la stérilité, de l'épuisement et de l'agonie. Il la décrit par exemple (dans LAMERICA/Trade-routes) ; « rich vast & sullen/like a slow monster/come to fat/& die » (« riche vaste et maussade/comme un monstre lent/venu engraisser/et crever »). Cette idée selon laquelle Los Angeles, l'Amérique et la civilisation occidentale ont atteint leur moment de déclin trouve à s'exprimer explicitement dans The Lords, où la multiplication des cinémas s'analyse précisément comme le symptôme d'une grave dénaturation des humains et comme le présage d'une déchéance inévitable. Or, pour Morrison, cette déchéance se connote aussi de manière palingénétique, car cet événement tragique constitue aussi l'occasion de refonder la civilisation. Il s'agit, donc, de « donner le coup de grâce » à la civilisation occidentale et, pour cela, de changer les valeurs de l'Amérique.
[modifier] Les reptiles, le lac primordial, le cerveau reptilien
Morrison peuple son univers poétique de reptiles. Dans une interview, il déclare ; « Je crois que le serpent est l'image primordiale de la peur »[36] ; mais au-delà de l'association judéo-chrétienne du serpent comme agent du mal, le symbolisme phallique amène de nombreuses cultures à associer le serpent à la fécondité, à la puissance ou à la sagesse. Morrison joue volontiers sur ce double sens. Dans The End, il recommande de « chevaucher le serpent » ; dans Celebration Of The Lizard, il se définit ; « I am the Lizard King/I can do anything » (« Je suis le Lézard-Roi/Je peux faire n'importe quoi »). À cette première ambiguïté symbolique, Morrison adjoint de nouvelles significations qui en complexifient encore le sens. Dans The End comme dans Celebration Of The Lizard, les reptiles sont en effet associés au retour vers des lieux archaïques : le lac primordial dans The End, le cerveau reptilien dans Celebration. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de retourner au moment où les reptiles quittèrent le milieu aquatique pour la terre ferme, à une époque où les couches supérieures de la conscience n'étaient pas encore développées, donc où l'individu n'était pas encore conditionné par une culture que Morrison conçoit, en lecteur attentif de Rousseau, comme pernicieuse. Un tel « voyage » mental paraît nécessaire si l'on veut pouvoir exploiter tout le potentiel de l'humain - et non seulement ce que la civilisation occidentale considère comme le potentiel de l'humain. Morrison, dans sa Self-Interview qui ouvre le recueil Wilderness, déclare ; « If my poetry aims to achieve anything, it's to deliver people from the limited ways in which they see and feel » (« Si ma poésie se propose un seul but, c'est de libérer les gens de la manière limitée dont ils voient et sentent. ») Dans une telle perspective, le bain de minuit dans l'océan (c'est-à-dire quitter la terre ferme pour le milieu aquatique) ainsi qu'il peut être exprimé dans la chanson Moonlight Drive, par exemple, constitue une complète libération de l'american way of life et de la civilisation occidentale dans son ensemble. Par ailleurs, revenir aux réflexes purs, remonter dans le cerveau reptilien, s'assimile de toute évidence à une tentative de verser dans la démence, de quitter la santé mentale. Plusieurs chansons destinées à The Doors appellent à la folie et le nom du groupe a souvent été interprété comme une invitation à dépasser les apparences banales, à « passer de l'autre côté », quitte à devenir fou (ainsi Break On Through (To The Other Side) ou A Little Game, dans Celebration Of The Lizard).
[modifier] « High », « eye » et « I »
Négatif de l'eau nocture, le feu diurne, c'est-à-dire le soleil, symbolise chez Morrison la civilisation occidentale elle-même. Plus précisément, pour Morrison, la civilisation occidentale cherche moins la chaleur du soleil que sa lumière ; aussi révère-t-elle le soleil comme « lumière céleste », lumière venue du haut (en anglais : high). Cette adoration du soleil, qui n'est pas sans rappeler l'Egypte antique et la réforme d'Akhénaton, se complexifie par une autre analyse, menée par Morrison dans un texte qu'il écrivit pour le numéro d'octobre 1968 de la revue Eye ; « The eye arises from light, for light. Indifferent organs and surfaces evolve into their unique form. The fish is shaped by water, the bird by air, the worm by earth. The eye is a creature of fire. » (« L'œil émerge de la lumière, pour la lumière. Des organes et des tissus indifférenciés évoluent vers leur forme caractéristique. Le poisson est formé par l'eau, l'oiseau par l'air, le ver par la terre. L'œil est une créature de feu. »)
À cette même occasion, Morrison note ; « The eye is god » (« L'œil est dieu ») — il est certain que les représentations religieuses de Dieu retiennent souvent l'œil comme attribut majeur. Le recueil The Lords est d'ailleurs sous-intitulé Notes On The Vision (Notes sur la vision). Dans ce travail, Morrison remarque à plusieurs reprises que la caméra nous rend, potentiellement, capables de tout voir et de tout savoir; autrement dit qu'elle transforme chaque spectateur en voyeur, et que cette transformation s'accompagne d'un fallacieux sentiment de puissance. Chaque spectateur devient en quelque sorte le centre de son propre monde virtuel, dans un égocentrisme radical. Cette profonde transformation se reflète également dans la langue anglaise elle-même qui autorise un glissement phonique entre « high », « eye » et « I ». Si l'on veut, donc, changer les valeurs de la civilisation occidentale, il faudrait, à en croire Morrison, remplacer la religion ancienne par une nouvelle qui ne s'appuierait plus sur le symbolisme de l'œil ni sur l'adoration de la lumière. Tel est le programme proposé par la chanson The WASP (Texas Radio & the Big Beat), et exprimé d'une manière plus lapidaire encore dans un poème de Far Arden (premier vers Bird of prey, bird of prey) ; « Let's steal the eye that sees us all » (« Volons l'œil qui nous voit tous »).
[modifier] Chiens, loups, lions
Le passage du « dieu-eye » au « dieu-I » répond, chez Morrison, à l'annonce par Nietzsche de la mort de Dieu, au paragraphe 125 du Gai Savoir. Dans ce sens, le « moi je » moderne qui remplace progressivement dieu constitue, en quelque sorte, le contraire même de la divinité. Chez Morrison, le jeu sur les permutations de caractères, les anagrammes et les palindromes (par exemple, justement, les mots eye ou I) ne saurait être sous-estimé. God (Dieu) écrit à l'envers donne dog (chien)[37]. Dès lors, il semble cohérent de désigner l'américain contemporain (inverse du « dieu-eye ») sous ce mot de « chien ». Cette association symbolique est constante, chez Morrison, y compris dans les chansons destinées à The Doors (ainsi dans The Soft Parade, où le vers « Callin' on the dogs », « Rappelant les chiens », est répété plusieurs fois), et il lui adjoint des images d'autres mammifères carnivores.
Pour sa part, le loup représente le chien primitif, sauvage, ainsi que l'individu qui aurait réussi à atteindre le « lac primordial », à remonter jusqu'à son cerveau reptilien. Il faut noter à ce stade que « wolf » écrit à l'envers donne « flow », le « flux » d'une rivière (ou du trafic autoroutier). Dans ce sens, la « rivière » dans la poésie morrisonnienne est au « loup » ce que le « dog » est à « god ».
Plus forts, plus agressifs que des chiens, les adolescents méritent, quant à eux, le qualificatif de « lions », en particulier lorsqu'ils sont réunis en public de concert de rock[38]. Ainsi, lorsque l'on sait que la Hyacinth house désigne la maison de Robbie Krieger, fleurie de jacinthes, où The Doors répétaient parfois, on comprend mieux les vers de la chanson ; « What are they doing in the Hyacinth house/to please the lions » (« Que sont-ils en train de faire dans la maison aux jacinthes/pour plaire aux lions ? »)[39]. Le terme de « lion » renvoie aussi à la deuxième des trois métamorphoses de l'âme que Nietzsche décrit dans le premier discours d'Ainsi parlait Zarathoustra, où le lion représente l'âme qui cherche à se libérer de la morale et du devoir, pour devenir un individu ayant ses propres valeurs (opposition entre le « Tu dois » et le « Je veux »). En ce sens, les chiens sont des animaux domestiques qui ne veulent pas conquérir leur liberté, c'est-à-dire « prendre le droit de créer des valeurs nouvelles », pour employer les mots de Nietzsche.
[modifier] The Soft Parade
The Soft Parade (« La parade molle ») désigne à la fois le quatrième album de The Doors, la dernière chanson de cet album et un concept récurrent dans l'univers poétique de Morrison : il s'agit d'un cortège disparate de personnages éclectiques et bizarres qui peut évoquer la cohorte de Dionysos dans une version modernisée. Ainsi la chanson énumère-t-elle une série d'objets et de personnages dont certains semblent tout droit tirés de l'Amérique des sixties, mais dont d'autres paraissent plus mystérieux : Peppermint miniskirts chocolate candy/Champion, sax and a girl named Sandy/[…] Streets and shoes, avenues/leather riders selling news/The monk bought lunch (Menthe poivrée minijupes chocolat bonbon/un champion, un saxo et une fille nommée Sandy/[…] Rues et chaussures, avenues/cavaliers en cuir vendant les nouvelles/Le moine acheta le déjeuner). Ce défilé est ensuite nommé explicitement ; « Gentle streets where people play/Welcome to the Soft Parade » (« Gentilles rues où les gens jouent/Bienvenue dans la Parade molle ») et la « parade », qu'on confondrait presque avec un sit-in ou une manifestation pro-Flower Power se révèle idéologiquement proche du mouvement hippie ; « All the lives we sweat and save/Building for a shallow grave/Must be something else, we say/[…] The Soft Parade has now begun/Listen to the engines' hum/People out to have some fun » (« Toutes ces vies que nous suons et économisons/Pour construire une tombe creuse/[…] Doit y avoir autre chose, selon nous/[…] La Parade molle a commencé/Écoutez le murmure des moteurs/Les gens sortent pour s'amuser »).
The Soft Parade semble donc célébrer la naissance d'un ordre social rénové, et beaucoup plus « relax » que l'ancien ; mais ce bel optimisme est ruiné dans la fin de la chanson ; « But it's getting harder/To describe sailors/To the underfed » (« Mais il devient plus difficile/De décrire les marins/Aux affamés »). La « parade molle » ne résout ni la faim dans le monde, ni les problèmes de communication entre cultures différentes. Elle porte peut-être un nouveau projet de société, mais au fond, ce mouvement reste « mou », sans réelle volonté politique de longue haleine. Il s'agit donc bien d'une « parade » dans tous les sens du terme (le mot anglais porte la même équivoque qu'en français, entre le défilé d'apparat et l'esquive dans un combat), d'une révolte trompeuse qui n'ira pas jusqu'au bout.
[modifier] Un message dissimulé
Les nombreuses attaques verbales de Morrison contre la force policière, son engagement pacifiste, son affection pour la mystique et la culture amérindienne, son rejet frontal de la morale puritaine et des valeurs wasp caractéristiques de son milieu familial, son appel systématique à la libération radicale, sans parler de ses comportements turbulents, incitent fortement à rattacher Morrison au mouvement anarchiste et plus précisément à une tendance qui préfère la sensibilisation des masses par la production d'œuvres culturelles plutôt que la propagande par le fait.
Cependant, inspiré par Nietzsche et l'opposition, exposée dans la Généalogie de la morale, entre « morale des maîtres » et « morale des esclaves », Morrison rejette explicitement l'égalitarisme qui occupe le cœur de la vulgate anarchiste. Pour Morrison, les différences physiques, intellectuelles et morales entre les individus relèvent de l'évidence : son œuvre fourmille de personnages hâtivement esquissés selon leurs traits saillants, dans une diversité aussi riche que surprenante. Ces différences portent, potentiellement, hiérarchisation : Morrison se décrit lui-même, de sang froid, comme « a natural leader » (« un meneur-né », dans le poème autobiographique As I Look Back). Orateur hors pair, observateur consciencieux de la société américaine, Morrison sait qu'il fait partie de l'élite intellectuelle et il remarque, dans Wilderness qu'elle possède une fonction sociale ; « People need Connectors/Writers, heroes, stars, /leaders/To give life form » (« Les gens ont besoin de Connecteurs/Écrivains, héros, stars, /meneurs/Pour donner un sens à la vie »). Aucune fausse modestie dans ce passage : Morrison (qui s'autodésigne à quatre reprises par les mots « écrivain », « héros », « star » et « meneur ») semble affirmer directement que la plupart des gens sont incapables de penser par eux-mêmes, et qu'il est justement là pour leur dire quoi faire et pour les diriger. Pour Morrison, il convient ici de le rappeler, l'art possède une fonction politique d'asservissement des masses (ce thème domine le recueil The Lords).
Morrison a pu croire, en 1965, que le mouvement hippie lui offrait l'occasion rêvée de devenir un tel leader susceptible de remanier profondément les valeurs américaines contre lesquelles il se révoltait. C'est seulement dans un second temps, en particulier après le concert de New Haven en décembre 1967, que Morrison s'est aperçu qu'il faisait fausse route et qu'il s'était illusionné sur l'intensité de la rébellion exprimée par le Flower Power. La lucidité désabusée qu'exprime The Soft Parade, écrite au début de l'année 1968, ne manque pas de surprendre, et l'on comprend la prudence de Morrison par rapport non seulement aux autorités en place, mais aussi par rapport au mouvement hippie. On ne l'imagine guère sciant la branche sur laquelle il est assis.
Il semble donc que, même si le langage s'y était prêté, Morrison n'aurait pas voulu dire en toutes lettres ce qu'il pensait. Sa désillusion et la distance croissantes qu'il prenait avec le mouvement hippie ne pouvaient probablement s'exprimer qu'à mots couverts, de manière dissimulée, dans un symbolisme en apparence incohérent ou inintelligible. Comble du paradoxe et de l'incompréhension, ce symbolisme provoqua l'admiration un peu simple de ses fans hippies, lesquels y voyaient une sorte de sommet de la littérature surréaliste alors que Morrison, dans la Self-Interview qui ouvre le recueil Wilderness, s'en démarque expressément ; « I always wanted to write, but I always figured it'd be no good unless somehow the hand just took the pen and started moving without me really having anything to do with it. Like automatic writing. But it just never happened. » (« J'ai toujours voulu écrire mais je me figurais que je ne ferais rien de bon sauf si, d'une manière ou d'une autre la main s'emparait tout simplement du stylo et commençait à écrire sans que j'aie à y faire quoi que ce soit. Comme de l'écriture automatique. Mais ce n'est jamais arrivé. »)
L'œuvre poétique de Morrison, trop longtemps éclipsée par l'image de la rock-star provoquante, commence aujourd'hui à être reconnue pour sa virtuosité, et son originalité frappante.
[modifier] Bibliographie
[modifier] Œuvres
- Pour la discographie du groupe, voir The Doors#Discographie générale.
Anglais :
- Celebration Of The Lizard, juillet 1968, initialement prévue pour figurer sur l'album Waiting For The Sun, seul le texte sera imprimé sur la pochette, devenant ainsi le premier texte publié de Morrison.
- Jim Morrison raps, revue Eye, numéro d'octobre 1968.
- The Lords. Notes On The Vision, compte d'auteur, 100 exemplaires, Western Lithographers, 1969.
- The New Creatures, compte d'auteur, 100 exemplaires, Western Lithographers, 1969.
- An American Prayer, revue Rolling Stone, numéro d'avril 1969.
- Ode To LA, while thinking of Brian Jones, Deceased, poème imprimé sous forme de tract et distribué lors d'un concert de The Doors à Los Angeles, juillet 1969.
- An American Prayer, compte d'auteur, 500 exemplaires, Western Lithographers, 1970.
- The Lords and The New Creatures, compte d'éditeur sous le nom « Jim Morrison », Simon & Schuster, avril 1970.
- The Lost Writings of Jim Morrison - volume I - Wilderness, Vintage Books, 1988 (ce volume inclut également Far Arden et As I Look Back).
- The Lost Writings of Jim Morrison - volume II - The American Night, Vintage Books, 1990.
Éditions bilingues :
- Écrits, Christian Bourgois, 1993.
- Wilderness, C. Bourgois, cop. 1991.
- Arden lointain, C. Bourgois, cop. 1988.
- Une prière américaine et autres écrits, C. Bourgois (10/18), cop. 1988
- Seigneurs et nouvelles créatures=Lords and the New Creatures, C. Bourgois (10/18), cop. 1988.
[modifier] Biographies
- No One Here Gets Out Alive, Jerry Hopkins et Danny Sugerman, Plexus, 1980.(traduit en français en 1992)
- Riders On The Storm - My Life with Jim Morrison and The Doors, John Densmore (batteur de The Doors, Dell Publishing, 1990.
- Break On Through, The Life And Death Of Jim Morrison, James Riordan et Jerry Prochnicky, William Morrow & Co Inc, 1991.
- Mr. Mojo Risin Jim Morrison : the Last Holy Fool, David Dalton, St. Martin Press, 1991.
- Morrison : a Feast of Friends, Frank Lisciandro, Warner Bros, 1991.
- Strange Days - My Life with and without Jim Morrison, Patricia Kennealy-Morrison (journaliste de Jazz&Pop qui épousa Morrison au cours d'une cérémonie Néopaganisme Celtique), HarperCollins 1992.
- The Lizard King - the Essential Jim Morrison, Jerry Hopkins, Plexus, 1992.
- Rimbaud & Jim Morrison : The Rebel as Poet, Wallace Fowlie, Dukee University Press, 1994. Double biographie de Rimbaud et Morrison proposée par un universitaire américain.
- The Doors, la véritable histoire, Ray Manzarek (organiste the The Doors), Presses de la Cité, 1999 (ce volume n'est plus édité en anglais).
- La tragique romance de Pamela et Jim Morrison, Patricia Butler, Castor Austral, 2001.
- Jim Morrison, life, death, legend de Stephen Davis, Gotham Books, 2004.
- Les cavaliers de l'orage, John Densmore batteur de The Doors, Camion Blanc, 2005.
- Jim Morrison Stephen Davis, Flammarion, 2004
[modifier] Essais
- Jim Morrison au-delà des Doors, Hervé Muller, Albin Michel (Rock & Folk), 1973.
- Jim Morrison mort ou vif, Hervé Muller, Ramsay, 1991.
- Jim Morrison ou les Portes de la perception, Jean-Yves Reuzeau, Castor Astral, 1998.
- Le dernier Poème du dernier poète - la poésie de Jim Morrison, Tracey Simpson, Grasset/Le Monde de l'Education, 1998
- Christophe Dauphin (poète) : James Douglas Morrison ou la nuit du lézard, (Collection L'or du temps), éditions de l'Acanthe, 2001
- Communication d'une star : Jim Morrison, Jacob Thomas Matthews, Paris, L'Harmattan, 2003 (Coll. Communication sociale), préf. de Gilles Yepremian. « Une réflexion sur l'élaboration et les fonctions d'un véritable mythe moderne. »
- Jim Morrison et les Doors : La vie en accéléré de Jean-Yves Reuzeau, Librio musique, 2005
- The End, Jim Morrison, Romain Renard Bande dessinée, Éditions Casterman, 2007
- The End, Jim Morrisson, Sam Bernett, Éd. Privé 2007 (ISBN 2350760529)
[modifier] Filmographie
- HWY, an american pastoral, 1970. Durée : 50 minutes. Sorte de western métaphysique contemporain dont le personnage principal, cheveux longs, d'origine canadienne, cuir noir et bottes, interprété par Morrison, descend depuis un lac primordial les encaissements de collines désertiques (littéralement « préhistoriques »), rejoint une highway, puis, après avoir longtemps fait du stop, réussi à trouver son conducteur, et enfin traversé une série d'épreuves et de rencontres, arrive seul au volant à l'orée de Los Angeles, ville qui devient alors, pendant un travelling d'une vingtaine de minutes, le nouveau personnage principal dans lequel celui joué par Morrison s'est fondu. Il réapparaît vers la fin du film, la nuit, entre un motel et une boîte de jazz. Le film s'achève sur un panorama nocturne de Los Angeles où l'on devine un instant le reflet mouvant du pantalon de cuir, sur fond de sirènes hurlantes et de bruits de guerre.
Documentaires
- The Doors - No One Here Gets Out Alive, Hollywood Heartbeat Production, 1981 (DVD 196 802 9).
- The Doors - 30 Years Commemorative Edition, Universal Studios, 2001 (DVD 902 589 2).
- The Doors, Oliver Stone (1991).
- When you're strange, Tom DiCillo, 2009.
[modifier] Dans la culture populaire
- Le catcheur John Hennigan lui rend hommage depuis début juillet en changeant sa gimmick de star Hollywoodienne pour une Rockstar. Il se fait appeler « John Morrison », il a la même coupe de cheveux que Jim et il a nommé sa prise de finition le "Moonlight Drive", du même nom que la chanson des Doors. Il est par ailleurs catcheur dans la division Smackdown
- Renaud, le chanteur, fait allusion à Jim Morrison dans sa chanson P'tite Conne en 1985. Chanson dénonçant les drogues "dures", en particulier la cocaïne. (« P'tite conne allez, repose-toi tout près de Morrison et pas trop loin de moi »).
- Bernard Lavilliers a écrit une chanson à la mémoire de Jim Morrison : Plus dure sera la chute
- Thom Yorke, chanteur du groupe Radiohead fait explicitement référence à Morrison dans les paroles de la chanson Anyone can play guitar quand il chante ; « Grow my hair, grow my hair I am Jim Morrison, Grow my hair, I wannna be Jim Morrison » (« Laisser pousser mes cheveux. Laisser pousser mes cheveux, je suis Jim Morrison. Laisser pousser mes cheveux. Je veux être Jim Morrison. »)
- Serge Gainsbourg a écrit une chanson chantée par Jane Birkin dans laquelle il cite de grands noms d'artistes disparus. Parmi eux, Jim, ex-fan des sixties.
- Alain Souchon, fait référence à Jim Morrison dans le dernier vers de sa chanson Chanter, c'est lancer des balles sur son album C'est déjà ça sorti en 1993. (« Des blagues au téléphone / Pour faire rire les personnes / Et la mère de Jim Morrison »).
- The 69 eyes, fait référence à la date du décès de Jim Morrison ; « under the sun forgettin' the night darkest july paris '71 ».
- Horizon Motel, ouvrage de Estelle Valls de Gomis, paru aux éditions Le calepin Jaune est un hommage en photos, poèmes et short stories à Jim Morrison, en tant que poète et artiste.
- Jim apparait sous forme d'un fantôme (accompagné d'un étrange Indien à demi-nu) lors de plusieurs rêves pour aider le héros dans le film Wayne's World 2.
- Le groupe écossais Mogwai débute son album The Hawk Is Howling, paru en 2008, par une chanson intitulée "I'm Jim Morrison, I'm dead".
[modifier] Notes et références
- ↑ « J'aime la musique, j'aime bien chanter sur scène, mais certaines choses que j'ai à dire ne peuvent être mises en musique et seraient communiquées au mieux par le biais d'un livre » déclare Morrison en janvier 1969, lors d'une interview accordée au magazine Jazz&Pop. Il dit aussi, sur l'album posthume An American Prayer : « I'll always be a word man better than a bird man » (« Je serai toujours un homme de mots plus qu'un homme oiseau », ce qui semble signifier qu'il se sent plus écrivain que chanteur).
- ↑ Jerry Hopkins et Danny Sugerman, No One Here Gets Out Alive
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Self-Interview prologue du recueil Wilderness
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Interview de Ray Manzarek figurant sur le DVD The Doors - No One Here Gets Out Alive.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Interview de Jim Morrison disponible sur le DVD The Doors 30 Years Commemorative Edition.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.
- ↑ Patricia Kennealy, My Life With And Without Jim Morrison. Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ John Densmore, Riders On The Storm.
- ↑ http://www.crystal-ship.com/albums.php?act=viewalb&al...
- ↑ Ces paroles ont été immortalisées : on les entend sur le disque Without A Safety Net, disponible dans The Doors Box Set.
- ↑ Dixit Patricia Kennealy elle-même, My Life With And Without Jim Morrison.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit.. John Densmore, op. cit..
- ↑ Patricia Kennealy, op. cit.
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ James Riordan et Jerry Prochnicky, Break On Through, The Life And Death Of Jim Morrison.
- ↑ Patricia Kennealy, op. cit..
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ Au 17-19, rue Beautreillis (4e arrondissement de Paris).
- ↑ Hopkins et Sugerman, op. cit..
- ↑ Interview disponible sur le DVD The Doors - 30 Years Commemorative Edition
- ↑ Hopkins et Sugerman racontent que Morrison s'amusait, pendant ses années universitaires, à inviter ses camarades dans sa chambre bourrée de livres. Il leur demandait d'ouvrir un volume au hasard et de lire quelques phrases. Il parvenait alors systématiquement à donner le titre et l'auteur du volume.
- ↑ Outre les nombreuses explications sur les spectacles de lanterne magique (ce qui constitue le fonctionnement même de la Caverne platonicienne), Morrison associe la salle de cinéma close comme une prison avec la sensation de sécurité que l'embryon peut ressentir dans la matrice. Ce cadre posé, il écrit : The prisoners built their own theater (...). There may be a time when we'll attend Weather Theaters to recall the sensation of rain. (« Les prisonniers ont construit leur propre théâtre (...). Un jour peut-être irons-nous au Théâtre Météorologique pour nous souvenir de la sensation de la pluie. ») Dans le volume, la substitution volontaire du virtuel artificiel au réel concret constitue un des thèmes majeurs, revers de cet autre thème selon lequel le sens du toucher, capital dans les sociétés archaïques, a été supplanté dans les sociétés modernes par le sens de la vue. Morrison conclut le volume par une condamnation politique de l'art en général, que n'eût pas reniée Platon : The Lords appease us with images. They give us books, concerts, galleries, shows, cinemas. Especially the cinemas. Through art they confuse us and blind us to our enslavement. Art adorns our prison walls, keeps us silent and diverted and indifferent. (« Les Seigneurs nous rassasient d'images. Ils nous donnent des livres, des concerts, des galleries, des spectacles, des cinémas. Surtout des cinémas. Grâce à l'art, ils nous dupent et nous aveuglent, et nous voilà asservis. L'art décore nos murs de prison, nous laisse silencieux et divertis et indifférents. ») Il faut conserver ce passage en mémoire pour saisir l'ambiguité de la vie de Morrison, tout entière consacrée à la création artistique. Il convient en particulier de remarquer que ces phrases, écrites par Morrison lors de ses années d'université (sans doute vers 1964) n'ont été livrées au grand public qu'après relecture, en 1970 : Morrison confirmait ainsi clairement sa position critique vis-à-vis de l'art.
- ↑ Dans la postface qui clôt le volume Wilderness, les parents de Pamela Courson ainsi que les époux Frank et Katherine Lisciandro (éditeurs du volume, et tous quatre proches de Morrison durant ses années de star) écrivent : For Jim, poetry was a craft to be practiced and perfected. Poems were worked and reworked, added to, substracted from, and merged with others. Drafts were edited, revised and hand-copied from one notebook to another. The process for a single poem could extend over several years and a half-dozen notebooks (...). In order to find the last and final version of each poem, drafts were compared and studied side by side. When viewed this way, poems revealed a clear progression starting with Jim's first conceptual jottings through stages of evolution towards a complete and polished work. (« Pour Jim, la poésie était un artisanat à pratiquer et à perfectionner. Les poèmes étaient travaillés et retravaillés, ajoutés, coupés ou fondus avec d'autres. Les brouillons étaient corrigés, révisés et recopiés manuellement d'un cahier à l'autre. L'écriture d'un unique poème pouvait s'étendre sur plusieurs années, à travers une demi-douzaine de cahiers (...). Pour établir la version définitive de chaque poème, nous avons comparé les brouillons et les avons étudiés en parallèle. Lus de la sorte, les poèmes manifestent une progression claire, qui commence avec des notes conceptuelles jetées sur le papier par Jim, avant de traverser plusieurs stades d'évolution jusqu'à une oeuvre intégrale sophistiquée. »)
- ↑ James Douglas Morrison, The Hitchhiker. An American Pastoral.
- ↑ Patricia Kennealy, op. cit..
- ↑ Ce jeu de mot est explicité par Jim lui-même dans l'interview qu'il a accordée à John Carpenter pour Los Angeles Free Press, été 1968 : [1]
- ↑ Ce que justifient toutes sortes d'expressions idiomatiques comme « the crowd roars » (« la foule rugit ») ou bien encore l'idée, pour un chanteur qui arrive sur scène, qu'il entre dans « the lions' den » (la « fosse aux lions »).
- ↑ Explications fournies par Robbie Krieger dans le livret explicatif accompagnant le coffret The Doors - Box Set.
[modifier] Liens externes
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14:49 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : musique, doors, crimes, hidden harassment
Le Peigne-Cul (2)
Le peigne-cul aime le plan quinquennal, c'est pourquoi il ne décoit jamais. Le peigne-cul bouge rarement son cul de là mais alors très rarement: Donc il peut critiquer.
fig.1: fantasme de peigne-cul(2a.)

Le peigne-cul a mauvais esprit.
Le peigne cul est con et suspicieux car comme chacun le sait, c'est lui le problème.
Le peigne cul passe son temps à vous voler des trucs, mais ça n'est pas grave.
Le peigne cul est content qu'avec son cul au chaud, et lui ce qui l'interesse surtout c'est bien sûr le fric & la masse.
en général le peigne-cul souffre du froid, et c'est normal car il n'est pas d'ici!
fig. 2B: fantasme de peigne cul (3)

Le peigne cul aime bien déblatérer ou être "mauvais con" parceque ça peut toujours servir.
le peigne cul est plutôt simple dans on genre, et avec son esprit étroit; ne supporte rien de ce qui pourrait sortir quelque peu de l'ordinaire - surtout, bien entendu, quand c'est vrai.
Le peigne cul aime bien voler des vélos.
Le peigne cul croit qu'il faut être déséquilibré pour frapper Berlusconi.
Le peigne cul aime qu'on s'intéresse à lui, mais sans être là si possible.
Le peigne cul aime bien appliquer des choses aux autres surtout quand il s'agit de lui; En general, le peigne-cul aime bien rêver.

Le peigne cul a mauvais goût, et s'étonne que ses copains le fuient.
Le peigne-cul ne commet jamais d'impairs ou de faux pas car de toute façon il ne vit pas dans votre monde.
Le royaume du peigne cul est un peu loin.

fig.4: peigne-cul enemy
Pour le peigne cul le premier arrivé ça ne veut rien dire; à moins qu'il ne s'agisse de lui.
D'ailleurs le peigne cul recopie, bien souvent.
Le peigne cul aime en general regarder par-dessus l'épaule des autres et lire le journal, et s'etonnera toujours de se prendre un coup de coude.
le peigne c'est, bien sûr; "écoutez moi et pas les autres!"
Le peigne cul est fainéant il fait rien.
En même temps le peigne cul n'est pas salarié et médiocre; il ne viendra jamais vous emmerder au club avec des RTT pas mérités.
Le peigne cul est d'accord pour faire payer mais pas quand il s'agit de lui.
Profondément, le peigne-cul n'est pas un gentil.

fig.47: peigne-cul deep wish
Le peigne-cul passe son temps à vous faire xxxxx, et ce en totale impunité quand il ne pénètre pas vos fichiers privés.
Le peigne cul a beaucoup d'humour et aime rire des autres et de lui; si, bien entendu, l'image est légèrement faussée.
Le peigne-cul est super attirant. Le peigne-cul aime, surtout & en général, attiser le feu.
Le peigne cul a toujours raison.
Le peigne cul prend son Hummer pour aller chercher sa baguette. Le peigne cul a un sens du commerce tout à fait original.
fig.2:
reality of the peigne-cul.
Le peigne-cul aime se sacrifier sinon plutôt les autres. Pour le peigne cul ça n'est pas le but qui compte mais bien entendu la forme & les moyens car encore une fois le peigne cul est con:
Par exemple le peigne cul aime jouer, le casino et par exemple l'hotel Echelon de Vegas, même sans être millionnaire et pourquoi pas.

fig. 3: fantasme de peigne cul (2.)
10:01 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : peigne-cul, infos
14.12.2009
Le Peigne-Cul :(suite)
Le peigne-cul, ainsi que son fils le pourceau & son collègue la folle; croit représenter la loi sinon l'ordre, le bon sens.
Il faut laisser le peigne-cul penser cela, et puis si ça lui fait plaisir pourquoi pas ?
De toute façon le peigne cul est inoffensif et ne connaît que le copier-coller, sinon l'écriture automatique: Ainsi le peigne cul, même s'il peut dire certaines choses implantées dans la réalité de temps en temps, se décrédibilisera totalement avec sa propagande en rotation lourde qu'il ne réalisera de toute façon jamais vraiment.
fig.a/ fantasme de peigne-cul
Le peigne cul vote Sarko, même s'il peut lui arriver de trouver sympa Sego à la télé.
Le peigne cul, bien evidemment, ne sait pas ce que legitime defense signifie. Quant à lui le peigne cul attaque, tout simplement, et c'est pourquoi il a peu d'amis (sinon, bien sûr, beaucoup d'aimables "fakes") quand on oublie la crainte toute naturelle qu'il inspire à ses petits camarades & fidèles compagnons les rats de labo.
Le peigne cul veut faire distingué, et il croit qu'il suffit d'acheter une Porsche ou autre pour connaître la peinture de Jerome Bosch, le peigne-cul est con.
Le peigne cul n'est pas dérangé par le nucléaire, et pourquoi le devrait-il ? Le peigne cul est pire que cette chienlit diplomée & superficielle qui nous dirige, car en ce qui le concerne le peigne cul est inculte.
Le peigne-cul aime censurer, et c'est un sport dans lequel il excelle.

fig.b/ fantasme de peigne-cul, (2.)
Voilà: le peigne-cul ne dérange personne, il est juste un peu INFERIEUR sur l'echelle de l'evolution humaine sinon darwinienne.
A lire: "Le Peigne-Cul & ses origines extraterrestres; Mythe ou réalité ?" de J. Branches-Descombes. (1952.)
14:49 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : infos, peigne-cul, ordre
10.12.2009
GOLDORAK: L'HISTORIQUE
Goldorak
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| Goldorak | ||
|---|---|---|
| UFOロボ・グレンダイザー (Yūfō Robo Gurendaizā) | ||
| Type | Shōnen | |
| Genre | Mecha, science fiction | |
| Manga : UFO Robo Grendizer | ||
| Auteur | Gō Nagai | |
| Éditeur | ||
| Sortie initiale | octobre 1975 – mai 1976 | |
| Anime : UFO Robo Grendizer | ||
| Réalisateur(s) | Masayuki Akihi | |
| Studio d'animation | Toei/Dynamic Planning | |
| Chaine | ||
| ||
| 1re diffusion | 5 octobre 1975 – 27 février 1977 | |
| Épisodes | 74 | |
| Film anime : UFO Robot Grendizer vs. Great Mazinger | ||
| Réalisateur(s) | Osamu Kasai | |
| Studio d'animation | Toei/Dynamic Planning | |
| Durée | 27 minutes | |
| Sortie | 20 mars 1976 | |
| Film anime : Great Mazinger, Grendizer, Getter Robo G : Decisive Showdown! Great Sea Beast | ||
| Réalisateur(s) | Masayuki Akihi | |
| Studio d'animation | Toei/Dynamic Planning | |
| Durée | 31 minutes | |
| Sortie | 18 juillet 1976 | |
Goldorak (UFOロボ グレンダイザー Yūfō Robo Gurendaizā), est un manga de Gō Nagai, adapté en anime en 1975. Épisode pilote Gattaïger 1974.
La série télévisée d'animation, produite par Tōei animation, compte 74 épisodes de 26 minutes. Elle a été diffusée au Japon du 5 octobre 1975 au 27 février 1977. En France, elle a fait son apparition sur Antenne 2 dans l'émission Récré A2 le 3 juillet 1978, ainsi qu'auQuébec sur le Réseau TVA (alors nommé Télé-Métropole, il ne diffusa les deux derniers épisodes de la série que lors d' une rediffusion) dans les mêmes années. Soit quelques mois après avoir débarqué à la télévision italienne sous le titre Goldrake, un nom de baptême proche de celui que choisit Jacques Canestrier1 qui a vendu la série à Antenne 2.
La diffusion en France s'est faite en plusieurs salves : des inédits furent programmés au moins jusqu'à la fin 1980. La série a été rediffusée par la suite notamment sur La Cinq etM6, et sur TF1 au début des années 1990.
La deuxième version du manga, dessinée par Gosaku Ōta sur un scénario de Go Nagai, a été publiée en français aux éditions Dynamic en quatre volumes. Une première version, qui inspira le graphisme de l'anime, dessinée par Ken Ishikawa, est, à ce jour, inédite en France mais connut une traduction en italien en 1998.
Résumé de l'histoire [modifier]
- Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
Nous sommes sur la planète Terre. Alors que le pilote jeune mais confirmé, Alcor (Koji Kabuto, l'ancien pilote de Mazinger Z, et protagoniste de la série du même nom), rejoint les équipes du professeur Procyon (Genzo Umon), directeur d'un centre de recherches spatiales, à bord d'une soucoupe construite par ses soins, l'OVTerre (TFO), avec pour intention d'étudier les passages d'OVNI de façon scientifique, des extraterrestres construisent une base avancée sur la face cachée de la Lune (le « camp de la Lune Noire »), et démontrent rapidement leurs intentions belliqueuses.
Actarus (Daisuke Umon), fils adoptif du professeur Procyon, vivait paisiblement jusque là comme un simple fermier et s'occupait des chevaux du ranch de Rigel (Danbei Makiba) en compagnie de celui-ci et de sa fille, Vénusia (Hikaru Makiba), secrètement amoureuse d'Actarus. Cependant, à la vue de la Lune Rouge, il se souvient brutalement être en réalité le prince Actarus (Duke Fleed dans les versions non francophones y compris la version arabe) de la planète Euphor (Fleed). Sa planète a été elle-même la proie de l'empire galactique de Véga, dont la planète-mère est sur le point d'être détruite par sa propre pollution radioactive. Euphor est ravagée, la population est réduite à néant, les cerveaux de ses citoyens réutilisés après lavage pour contrôler les Golgoth, machines de guerres véganes et les parents du prince sont tués. Le prince d'Euphor a cependant réussi à fuir grâce à Goldorak (Ufo Robot Grendizer), le robot gardien de la planète, transporté par une soucoupe volante (Spazer)2. Il a alors rejoint la planète Terre, et été secrètement recueilli par le professeur Procyon (Genzo Umon), tandis que Goldorak est caché dans le sous-sol du centre de recherches spatiales.
Une guerre sans merci s'engage alors entre le rescapé et les envahisseurs aux intentions maléfiques et génocidaires. Les forces de Véga déploient des trésors d'imagination pour combattre Goldorak, en lançant des attaques de robots. Uniformément nommés Enbanjū (soucoupes sauvages) en japonais, ces robots se divisent en 2 catégories dans la version française (cette distinction est toute théorique et mal respectée dans la VF) :
- les golgoths, autonomes ; (mis à part le Golgoth 7 piloté par Janus dans le 7e épisode, le Golgoth 51 piloté par le commandant Garella dans l'épisode de l'étoile noire, les Golgoths 35 et 58 dans les épisodes du même numéro et le Golgoth 32 piloté par Astrida dans le 32e épisode), animés grâce à la greffe du cerveau d'un citoyen d'Euphor.
- les antéraks, pilotés par les hommes (ou femmes) de l'armée de Véga.
auxquelles on ajoute à part :
- les monstrogoths (Végajû), animaux gigantifiés et robotisés par Véga. Ils apparaissent vers la fin de la deuxième saison (épisodes 52, 53). L'un des plus gros dommages subis par Goldorak de la part des forces de Véga fut d'avoir un bras arraché par le premier monstrogoth. Une série de prototypes en cours de construction est aperçue dans l'épisode 52, lors de la présentation du premier3.
Les forces de Véga feront parfois appel à des commandants de la division Ruine. Cette unité d'élite regroupe les meilleurs pilotes et possède les armes les plus puissantes de l'armée de Véga.
Plus tard dans la série, Actarus sera secondé par la « patrouille des Aigles » constituée d'Alcor, pilotant Alcorak (Double Spazer), bientôt rejoint par Vénusia, pilotant Vénusiak (Marine Spazer) (amphibie), puis de Phénicia (Maria Grace Fleed), la sœur d'Actarus miraculeusement échappée de la destruction d'Euphor et arrivée sur Terre elle aussi, et pilotant Phossoirak (Drill Spazer) (pouvant évoluer sous terre).
Au fil des 74 épisodes, Actarus aura pour adversaires Hydargos (Blaki), Minos (Gandal), un hermaphrodite, Horos (Zouril), un scientifique de génie convaincu de la nécessité de préserver la planète bleue en la débarrassant de ses habitants humains qui la saccagent, et enfin le chef suprême des forces de Véga, le Grand Stratéguerre (Grand Véga). À l'issue de ces batailles, les forces de Véga seront totalement anéanties.
La conclusion du manga est typique de la noirceur des scénarios de Go Nagaï, pessimiste, bien que marquée par un message écologiste : Vega provoque une guerre nucléaire entre les nations terrestres et tente de profiter de la situation ; Horos tente de sauver la Terre en assassinant le Grand Véga , mais en vain : Goldorak et Raaga, son équivalent terrestre, plongent leurs pilotes (Actarus et Sayaka de Mazinger Z), ainsi que Phénicia, en hibernation, tandis que la Terre est ravagée par divers cataclysmes. Goldorak est enseveli sous la fosse des Mariannes dans l'attente d'un hypothétique retour à la vie, entamé par Alcor et Vénusia, ainsi que par Horos, même s'il faudra, selon l'estimation d'Alcor, des milliers ou des millions d'années pour tout reconstruire.
Dans l'anime, la planète Euphor guérit de ses radiations et, dans l'ultime épisode, Actarus et Phénicia retournent sur leur planète natale à bord de Goldorak après avoir fait leurs adieux à la Terre.
Le manga est considéré comme mineur dans l'œuvre de Go Nagai et sa popularité est bien moindre que celle de l'anime qui en a été tiré.

Personnages [modifier]
- Actarus : Prince héritier de la planète Euphor, qui a pris la fuite à bord de Goldorak après la destruction de sa civilisation par les forces de Véga. Il est taciturne, introverti et mélancolique, ne rêvant que de paix et d'amour. Sa nature extraterrestre lui confère en outre des capacités physiques surhumaines. D'abord souffrant d'une forme de narcissisme exacerbé, il finira par gagner en humilité alors que ses amis le rejoignent peu à peu dans son combat.
- Alcor : ancien héros national (voir la série Mazinger Z) et ingénieur à la NASA, de retour dans son pays natal pour étudier de récents passages d'OVNI dans la région du mont Fuji. Alcor est un jeune impétueux épris de justice. Impulsif, il part au combat sans réfléchir et met souvent sa vie en danger. Sa lutte aux côtés d'Actarus lui apprendra la sagesse et la patience. Il combat d'abord aux commandes d'une petite soucoupe expérimentale appelée OV-Terre, avant de concevoir un engin beaucoup plus puissant, l'Alcorak.
- Professeur Procyon : célèbre scientifique et directeur en chef du Centre d'Études Spatiales situé sur les terres du Ranch du Bouleau Blanc, Procyon est un savant d'une intelligence exceptionnelle, doublé d'un grand humaniste ; il est doué d'un grand sang froid. Il a recueilli Actarus lorsque Goldorak s'est écrasé sur Terre, et l'a élevé comme son fils. Plus tard dans la série, il se voit obligé, à son grand dam, de transformer son Centre en une invincible forteresse de métal pour lutter contre Véga.
- Rigel : propriétaire du ranch du Bouleau Blanc, non loin duquel se trouve le Centre Spatial. C'est un vieil homme laid, petit, agressif, têtu et mythomane, dont l'unique obsession (quand il ne surveille pas sa fille Vénusia comme le lait sur le feu) est d'entrer en contact avec les OVNI (il est d'ailleurs le Président – et à n'en pas douter l'unique membre - du « Comité d'Accueil des Hommes de l'Espace »). Malgré tout, il a bon fond, et est un père attentionné. C'est a priori également le premier homme au monde capable de tomber sur les dents.
- Vénusia : fille de Rigel, secrètement amoureuse d'Actarus (et ce en dépit des continuelles remontrances de son père) ; tout d'abord ignorante de la véritable nature d'Actarus, elle se rongera par la suite les sangs à chaque fois qu'il part au combat. Gravement blessée au cours d'une attaque de Véga, elle sera sauvée grâce à une transfusion sanguine d'Actarus, et prendra part au combat par la suite, aux commandes du vaisseau amphibie Vénusiak.
- Phénicia : princesse héritière d'Euphor et petite sœur d'Actarus, qui a elle aussi trouvé refuge sur Terre ; dynamique et intrépide, Phénicia est l'archétype du garçon manqué, mais elle sait aussi se montrer douce et sensible au moment voulu. Elle semble avoir des sentiments pour Alcor ; en combat, elle pilote un engin muni d'une tarière appelée Phossoirak.
- Mizar : petit frère de Vénusia, qui idolâtre Actarus et souhaiterait lui ressembler.
- Antarès, Argoli et Cochyre : assistants scientifiques du Professeur Procyon, travaillant au Centre Spatial.
- Banta : garçon de ferme dont la corpulence n'a d'égale que la bêtise. Lui et sa mère vivent dans une ferme voisine du ranch du Bouleau Blanc. Lorsqu'il ne se dispute pas avec Alcor, Banta passe son temps à faire la cour à Vénusia, ce qui lui vaut au mieux une gifle, et au pire une décharge de chevrotines de la part de Rigel.
- Bélier, Cocker et Setter : grands amis d'Alcor, déjà apparus dans Mazinger Z, et qui font à l'occasion une apparition. Ils pilotent Béliorak, un robot humoristique fait de bric et de broc qui passe son temps à se démantibuler.
- Minos : commandant en chef des forces de Véga, établi au camp de la Lune Noire, sur la face cachée de la Lune. Il est dévoué corps et âme à la cause de Véga, et est prêt à tous les sacrifices pour éliminer Actarus et s'emparer de la Terre. Minos a la particularité d'être androgyne, et de partager son corps avec une seconde créature féminine appelée Minas, sorte de femme minuscule résidant à l'intérieur de son crâne. Dans un premier temps, elle prend occasionnellement la parole à sa place, le visage de Minos s'ouvrant. Puis elle acquiert un visage qui, lorsqu'elle veut parler, se surimpose sur la moitié ou sur tout le visage de Minos.
- Hydargos : commandant en second des forces de Véga ; à la différence de Minos, Hydargos est un être sournois et haineux, qui n'est motivé que par sa gloire personnelle. Il n'hésite pas, à l'occasion, à trahir ses pairs pour accaparer tous les honneurs. Il trouvera la mort au début de la 2e saison, dans l'explosion de sa soucoupe amirale, après avoir entrepris de combattre lui-même Goldorak.
- Horos : officier scientifique qui viendra remplacer Hydargos sur la Lune, après de nombreuses défaites cuisantes face à Actarus ; il se vante souvent d'être un « homme de science », et non pas un militaire, et semble avoir des idées quelques peu différentes de celles de Minos quant à la conquête de la Terre. A plusieurs reprises, Horos et Minos s'affrontent, mais ils sont d'accord pour éliminer un rival des forces de Véga qui risque de vaincre Goldorak à leur place. Dans un des derniers épisodes, Horos est tué sur Terre par Alcor, alors qu'il était sur le point d'abattre Actarus.
- Le Grand Stratéguerre : souverain de l'empire végan, résidant sur la planète Stykadès ; il restera tout d'abord à l'écart des conflits, avant de prendre lui-même les choses en main devant l'incompétence de ses hommes et de l'explosion de sa planète Stykadès. A la suite de cette explosion, il s'installera dans le camp de la Lune Noire ; Horos et Minos créant une base directement sur Terre, dans les profondeurs des océans. Dans les derniers épisodes, il doit subir la mort de sa fille Végalia, puis une tentative d'assasinat. Il finit par lancer une attaque générale de la Terre, qui se solde par la destruction de ses forces et par sa mort.
- Végalia : Fille de Véga (elle n'apparaît que dans un des derniers épisodes), elle est l'opposée de son père car elle aime la paix et était amoureuse d'Actarus avant la destruction d'Euphor. Le père d'Actarus avait proposé un mariage entre son fils et Végalia pour maintenir la paix intergalactique mais Véga ne fit rien. Pourtant Actarus et Végalia se sont vraiment aimés mais la folie de Véga a tout gâché. Elle a cru durant des années qu'Actarus était mort pendant la destruction d'Euphor. Mais elle a finalement appris qu'il était en vie et le rejoint sur Terre pratiquement à la fin de la série. Pendant un combat contre Horos elle sacrifia sa vie pour sauver Actarus. La mort de Végalia a bouleversé Actarus mais il lui a promis de tout faire pour rétablir la paix dans la galaxie.
Guide des noms français/japonais [modifier]
- Goldorak : Grendizer
- Actarus : Daisuke Umon
- Prince d'Euphor : Duke Fleed
- Euphor : Fleed
- Professeur Procyon : Professeur Genzo Umon
- Alcor : Kōji KABUTO (héros de la série 'Mazinger Z)
- Venusia : Hikaru Makiba
- Phénicia : Maria Grace Fleed
- Rigel : Danbei Makiba
- Mizar : Goro Makiba
- Bélier : Boss
- Hydargos : Commander Blaki
- Minos : Gandal
- Minas : Lady Gandal
- Horos : Zuril
- Véga le Grand Stratéguerre : Vega Kyōsei Daiho
- Stykadès : Vegatron
- Alcorak : Double Spacer (le « vrai » Spacer étant la soucoupe de Goldorak)
- Vénusiak : Marine Spacer
- Phossoirak : Drill Spacer
- Golgoths/Antéraks : Enban-jū (littéralement « monstres-soucoupes »)
- Monstrogoths : Vega-jū
- Béliorak : Boss Borot4
- Eurydie : Mineo
- Aphélie : Naïda
Dans l'adaptation VF faite par Michel Gatineau, la plupart des personnages portent des noms d'étoiles : Rigel, Alcor, Procyon, Mizar, Antarès, de planètes : Vénusia et de phénomènes astrologiques : Aphélie, Nadir… Quant au nom d'Actarus, il semble dériver du nom traditionnel de l'étoile α Bootis, Arcturus, nom assurément moins facile à prononcer et peut-être moins élégant.
Michel Gatineau, connu pour avoir prêté sa voix au professeur Procyon, à Michael Landon et à Horst Tappert (Inspecteur Derrick), est l'inventeur de tout le vocabulaire issu des constellations, des noms mythologiques et bibliques (Golgoth vient de Golgotha), puis le nom des attaques. Sa femme Anne Gatineau, écrivaine sous le nom de Mike Cooper, a donné les noms d'Hydargos et Phénicia. C'est également lui qui a choisi les acteurs pour le doublage qui au départ n'était prévu que pour 20 épisodes5.
Données techniques [modifier]
Goldorak [modifier]
- Hauteur : 31 m
- Poids : 280 t
- Tour de cou : 7,5 m
- Tour de poitrine : 21 m
- Longueur des bras : 10,5 m
- Hauteur des jambes : 16,3 m
- Longueur des pieds : 5 m
- Puissance : 1 800 000 CV
- Vitesse au pas : 75 km/h
- Vitesse en course : 700 km/h
- Vitesse sur l'eau : 45 noeuds
- Saut en hauteur : 1 000 m
- Composition : Métal Gren (extra-terrestre)
- Alimentation : Energie photonique
- Durée d'arrimage : 6 s
Soucoupe [modifier]
- Longueur : 34 m
- Longueur (combinée à Goldorak): 40 m
- Poids : 150 t.
- Poids (combinée à Goldorak) : 430 t
- Vitesse (dans l'atmosphère) : Mach 9
- Vitesse (dans l'espace) : Inconnue (probablement égale à la vitesse de la lumière)(également capable de voyage dans l'hyperespace pour les trajets interstellaires)
Liste des armes de Goldorak [modifier]
- Planitron (Spin Saucer) (épisode 1 à 11)
- Fulguro-poing (Screw Crusher Punch) (épisode 1 à 74)
- Missiles gamma (Spin Drill) (épisode 1, 3, 5, 9, 11)
- Clavicogyres (Boomerang Shoulders) (épisode 1, 4, 5, 7, 8, 10)
- Astéro-hache (Double Harken) (épisode 1, 5, 6, 7, 10)
- Pulvonium (Hand Beam) (épisode 1, 2, 6 à 8, 10)
- Mégavolts (Melt Shower) (épisode 1, 4 à 6, 8 à 11)
- Rétro-laser (Hanjūryoku Storm) (épisode 1, 4, 5, 7 à 11)
- Corno-fulgure (Space thunder) (épisode 1 à 4, 6, 7, 9, 10)
- Super Corno-fulgure
- Hyper Corno-fulgure
- Anti-scratch (autres noms : parasitaire, brouilleur radar) (épisode 7, épisode 27)
- Météopunch (Dizer Punch) (épisode 5, 9)
- Ophto-fisseur (Dizer Beam) (épisode 5)
- Helico-punch (Screw Punch)
- Tarriero-punch
- Rétro-foudre
- Maxi Rétrolaser
- Achilléochoc
- Cerveau-fulgure (épisode 21)
- Voltogyre
- Incrustochoc
- Missiles beta
- Spirolargue
Alcorak [modifier]
Alcorak est un vaisseau conçu pour Alcor et ainsi seconder Goldorak. Il est lancé dans l'épisode 35 Le premier raid. En plus de ses armes propres, Goldorak peut s'y attacher ce qui peut permettre à Goldorak et sa navette d'agir séparément en altitude.
Liste des armes:
- Missiles alpha
- Victorang
- Mortanium
Vénusiak [modifier]
Piloté par Venusia, cet engin a été conçu par le Professeur Procyon, l'épisode 40 ayant révélé les faiblesses de Goldorak dans la lutte sous-marine. L'épisode 41 voit le lancement de Venusiak sous lequel Goldorak peut s'assembler en particulier sous l'eau.
Listes des armes:
- Deltalame
- Missile oméga
- Électronium
Liste des armes de Faussoirak [modifier]
- Pyrobombe
- Missiles sygma
- Triponium
- Chlacanium
Liste des commandes de Goldorak [modifier]
- Goldorak, Go! (épisode 1 à 11)
- Transfert (épisode 1, 2, 4 à 11)
- Auto-largue (épisode 1, 7 à 10)
- Récupération (épisode 1)
- Arrimage (épisode 1, 4, 5, 7 à 9, 11)
- Spirolargue (épisode 3, 10)
- Ovostable (épisode 4, 5, 7 à 9)
- Cabré (épisode 4, 11)
- Dégagement (épisode 5, 6, 11)
- Aimant griffe (épisode 10)
- Translucidateur (épisode 10)
- Megamach
- Minimach
- Hyper-métabolisme
- Désaneige
- Feuille morte (épisode 55)
- Auto-traction (épisode 21)
Voix françaises de la série télévisée [modifier]
- Daniel Gall : Actarus
- Pierre Guillermo : Alcor
- René Arrieu : Dantus/Achéron (voix 1)
- Michel Gatineau : Professeur Procyon
- Jacques Ferrière : Rigel
- Jane Val : Vénusia
- Marcelle Lajeunesse : Mizar, mère de Banta
- Michèle Berdolet: Aphélie
- Catherine Lafond : Phénicia
- Claude Chantal : Phénicia (épisodes 49-52)
- Jacques Berthier : Véga
- Jeanine Forney : Végalia
- Marc de Georgi : Hydargos
- Jean-Claude Michel : Minos
- Paule Emanuele : Minas
- Henry Djanik : Horos (2e voix)
- Claude Bertrand : Banta, Bélier
- Philippe Dumat : Argoly
- Pierre Fromont : Antarès
- Claude Joseph : Cochir
Génériques français [modifier]
- « Accours vers nous… » Première version du générique de début, reprise du générique japonais. Ce générique fut le premier générique de début à être diffusée en juillet et août 1978 mais il fut interdit par la censure car il comportait le mot "race" (considéré comme raciste à cette époque) (interprète : Enriqué, auteur : Pierre Delanoë, compositeur : Shunsuke Kikuchi).
- « Va combattre ton ennemi » générique de fin. Ce générique fut le premier générique de fin à être diffusé en juillet et août 1978 mais il fut également interdit par la censure (interprète : Enriqué, auteur : Pierre Delanoë, compositeur : Shunsuke Kikuchi)
- « Goldorak » ce générique fut le second générique mais officiel de la série accepté par la censure à la place des chansons d'Enriqué à partir de septembre 1978.(interprète : Noam, auteur : Pierre Delanoë, compositeur : Pascal Auriat)
- « La légende d'Actarus » (interprète : Les Goldies, auteur : Pierre Delanoë, compositeur : Shunsuke Kikuchi)
- « Le prince de l'espace » (interprète : Les Goldies, auteur : Pierre Delanoë, compositeur : Shunsuke Kikuchi)
- « Et l'aventure continue » (interprète : Lionel Leroy, auteur : Haim Saban, compositeurs : Shuki Levy, Jean Canestrier)
- « La justice de Goldorak » (interprète : Lionel Leroy, auteur : Haim Saban, compositeurs : Shuky Levy, Jean Canestrier)
- « Le retour de Goldorak »(ou "Goldorak Go, retrolaser en action" (interprète : Bernard Minet, auteur : Jean-François Porry, compositeur :Jean-François Porry, Gérard Salesses)
- « Goldorak, oui c'est son nom » (interprète : Bernard Minet, auteur : Jean-François Porry, compositeur : Jean-François Porry, Gérard Salesses)
Épisodes de la série télévisée [modifier]
Saison 1 (1975-1976) [modifier]
| Saison 2 (1976-1977) [modifier]
|
Saison 3 (1977-1978) [modifier]
- Le Serpent
- Le Monstre du Loch Ness
- Le Lynx de l'espace
- Le Monstre et l'enfant
- Le Sosie
- Le Commando
- Les Rats
- Pégase
- Les Cygnes
- L'Ours polaire
- Cinq Minutes pour mourir
- Un Grand entre les grands
- La Mort vient de la mer
- Opération plongée
- La Grande douleur
- Tel Père tel fils
- L'Imposture
- Le Meilleur ami
- La Princesse amoureuse
- Pour l'Amour de la Terre
- Ce n'est qu'un au revoir
Oav (Original Animation Video) [modifier]
Il existe actuellement deux films (n'excédant pas une heure chacun), dans lesquels intervient Goldorak : Goldorak contre Great Mazinger etL'attaque du dragosaure - tous deux sortis en salles au Japon au cours de l'année 1976.
On peut considérer le film Uchū enban daisensō, sorti au cours de l'été 1975, comme étant le « pilote » de Goldorak, bien qu'il ne soit pas encore tout à fait le magnifique robot que l'on connaît depuis la diffusion des premiers épisodes de la série.
Les 3 oav de Goldorak :
Goldorak au cinéma [modifier]
Cette liste serait incomplète si l'on ne mentionnait pas ici The Ufo, un projet de long métrage réalisé par une équipe italienne, et mêlant séquences réelles et images de synthèse. Ce film, commencé en 2001, et initialement annoncé pour la fin de l'année 2004, semble se trouver actuellement en suspens – tout du moins si l'on s'en tient aux informations données sur le site des auteurs, qui n'a vraisemblablement plus été mis à jour depuis deux ou trois ans. Une bande annonce est cependant disponible sur le site, ainsi qu'un reportage sur le tournage, d'une durée d'un peu plus de huit minutes.
Apparemment le site du projet the UFO recomence à être mis à jour et une nouvelle bande annonce est disponible sur le site depuis le16 mars 2008. À ce jour aucune date n'est prévue pour l'éventuelle sortie d'une version finale.
En France, un montage des cinq premiers épisodes a été exploité en salle et un disque 33 tours en a été le produit dérivé (Goldorak comme au cinéma).
Commentaires [modifier]
L'esthétique emprunte beaucoup aux armures traditionnelles des samouraïs. Goldorak est une série animée qui a la particularité de suivre les différentes saisons de l'année comme dans une série américaine. Nous pouvons alors assister aux épisodes de Noël, du nouvel an ou de la fête du printemps (Mais aussi la chute des feuilles à l'automne ou la fonte des neiges). Peu de dessins animés encore de nos jours suivent ce modèle.
Lors de sa diffusion au Japon, la série télévisée connaîtra un certain succès (contrairement à une idée reçue, les audiences furent aussi bonnes, voire légèrement meilleures que celles de Great Mazinger, dont Goldorak prenait la relève), mais son succès sera, il est vrai, bien moindre comparé à celui de Mazinger Z (premier robot géant piloté de l'intérieur, créé lui aussi par Gō Nagai, en 1972) ou bien celui de Getter Robot.
Les Japonais n'ont pas apprécié que leur héros Alcor (qui était le héros de Mazinger Z) soit relégué au rang de faire-valoir d'Actarus, dont le calme contrastait d'ailleurs avec l'impétuosité des héros de l'époque), mais telle était la volonté de Gō Nagai. En effet, au départ ce dernier ne voulait pas que Goldorak soit le troisième volet de la très populaire saga des Mazinger, mais devant l'insistance de la Toei, il accepta finalement que Alcor (dont le nom original est Koji Kabuto) apparaisse dans Goldorak, à condition qu'il ait un rôle secondaire.
C'est à l'export que Goldorak va obtenir un succès sans précédent : en Italie, au Québec, dans de nombreux pays arabes, ainsi qu'en France, où il est devenu le dessin animé culte de toute une génération : lors de sa première diffusion en France le succès fut immédiat. Les multiples génériques de la série (quasiment un par diffusion) ont pour certains été disque d'or ; des remontages d'épisodes furent diffusés au cinéma, bref Goldorak était partout, y compris dans la polémique, certains journaux l'accusant (à tort) de racisme et allant même jusqu'à faire des montages mêlant image de Goldorak et d'Adolf Hitler[réf. nécessaire]… Un livre intitulé À cinq ans, seul avec Goldorak est même écrit par Liliane Lurçat, sans pour autant s'avérer convaincant. Malgré tout, Goldorak tiendra bon. Il s'agit d'ailleurs du seul programme en France réputé avoir jamais atteint les 100 % d'audimat6, même si ce chiffre est sujet à caution7. C'est également Goldorak qui donna une grande popularité aux dessins animés japonais, même si Prince Saphir et le Roi Léo l'y ont précédé dès 1974), bien qu'avec un succès moindre. Bien meilleur marché que les dessins animés français et américains, les dessins animés japonais connaissent des diffusions massives dans les émissions jeunesse.
À noter un clin d'œil du journal Le Virus informatique (éd. ACBM) et un jeu consistant à trouver le plus de raisons possibles : pourquoi Actarus, durant l'opération transfert, tourne-t-il deux fois sur lui-même ?8 (la réponse humoristique que Go Nagai donna lors d'un entretien avec le public français fut : pour pouvoir vérifier qu'il n'y a pas d'ennemi dans le dos).
Dans la version française, les robots de Véga portent le numéro de l'épisode (mais il y a plusieurs erreurs de numérotation).
Contrairement à la plupart des séries animées de la même époque, Goldorak n'a toujours pas été commercialisé en France au format DVD en raison de conflits juridiques entre les éditeurs potentiels et les détenteurs japonais des droits d'auteurs. Toutefois, la version française des DVD a très brièvement été présente en vente.
Produits dérivés [modifier]
Jouets [modifier]
1978-1979 :
- Un mannequin Goldorak d'une cinquantaine de centimètres de haut, entièrement en plastique, sans la soucoupe porteuse et équipé de roulettes sous les pieds. Il était doté de deux armes :
- un « pseudo-pulvonium » : le poing gauche était en fait remplacé par un lance-roquettes à ressort ;
- les deux astéro-haches : on pouvait les extraire des épaules et un orifice placé dans le poing droit permettait des les y placer, assemblées ou non. Le système d'assemblage des deux haches était particulièrement fragile et avait tendance à se casser rapidement (souvent même dès la première utilisation).
Ce jouet ne bénéficiait pas d'une réalisation parfaite et rassemblait deux éléments caractéristiques de la camelote manifeste : fragilité de certains éléments et reproduction pour le moins approximative du modèle (robot de la série).
- Un mannequin Goldorak de dimensions plus modestes que le précédent mais conçu, cette fois, surtout en métal. Doté d'une modélisation bien plus fidèle que le précédent, ce Goldorak était, en outre fourni avec sa soucoupe porteuse (en plastique).
- Les inévitables déguisements, allant du simple masque à la panoplie complète.
La version de la série Soul of Chogokin de Bandai en 2000 :
En 2000, la compagnie japonaise Bandai a réalisé le rêve de plusieurs fans de la série en produisant Goldorak et sa soucoupe. Ce kit porte le nom GX-04. Le tout inclus la soucoupe d'Alcor et l'Alcorak.
En 2002, Bandai sort la version GX-04S qui ajoute le Foissoirak et le Vénusiak.
Bandes dessinées [modifier]
Un mensuel Goldorak, édité par Télé-Guide, est paru en France au moment où le dessin-animé était diffusé. Ce mensuel comprenait :
- une aventure de Goldorak ;
- agrafé en pages centrales, un carnet de disques autocollants à coller dans l'aventure de Goldorak dans les « blancs » prévus à cet effet ;
- une BD par épisodes totalement différente de l'univers goldorakien, un peu à la manière de ce que l'on trouvait jadis dans Le Journal de Mickey avec Guy l'Éclair ou Mandrake. On y trouva Marcus Selco où le héros éponyme, évoluant dans un contexte post-apocalyptique, s'enfonce progressivement dans les profondeurs de la planète afin d'échapper à une atmosphère devenue toxique. Puis Les Irréels, qui narre les aventures d'un groupe de héros dont les membres sont tout autant hétéroclites que complémentaires, mettant en commun leurs caractéristiques respectives issues de leur planète d'origine (on y trouve ainsi Helmet, né et élevé sur une planète à forte gravité, ce qui le dote d'une force physique hors du commun ou Orchyd, originaire d'une planète où a été poussée à sa perfection l'art de faire pousser n'importe où n'importe quelle plante, etc.).
Le mensuel Goldorak était médiocrement dessiné. Même les autocollants ne « collaient » pas parfaitement aux décors dans lesquels ils étaient censés s'intégrer. Les scénarios reprenaient point pour point la répétitivité de ceux du dessin-animé : un golgoth attaque la Terre (seul, en général) et, après quelques moments d'incertitude feinte, Goldorak finit par vaincre. En revanche, ce mensuel valait mieux par les BD additionnelles citées plus haut (Marcus Selco, Les Irréels), plus originales mais qui, par leur contenu plus sombre voire plus pessimiste, s'adressaient sans doute à un public un peu plus âgé.
Références dans la culture populaire [modifier]
- Les Fatals picards ont conçu la chanson parodique Goldorak est mort, ou la complainte d'Actarus qui vient de rentrer Goldorak dans un platane en revenant de boîte de nuit.
- Le chanteur italien Alessio Caraturo a réalisé une reprise du générique italien de Goldorak (Goldrake), sous forme de ballade, téléchargeable sur son site officiel[1].
- La bande dessinée Sentaï School comporte de nombreuses références à Goldorak.
- La bande dessinée la guerre des génies de la série Léonard met en scène un combat de robot géant donc l'un deux est un pastiche de goldorak
- La bande dessinée Le Réveil du Z de la série Spirou et Fantasio parodie Goldorak durant quelques cases avec Gueulderak.
- La bande dessinée Le ciel lui tombe sur la tête de la série Astérix fait référence à Goldorak à la page 25, les guerriers robots des nagmas (anagramme de mangas) sont les goelderas.
- Le groupe Range La Machine a rendu hommage à Goldorak en reprenant sur leur album Traffic sorti en 2002, la chanson Accours vers nousà la sauce heavy metal.
- Dans la chanson du groupe IAM, « Nés sous la même Etoile » en 1997, on entend à la toute fin un extrait du deuxième épisode de Goldorak. Une phrase prononcée par Actarus : « Mon Dieu, pourquoi ne puis-je vivre comme n'importe quel être humain ? Pourquoi mon destin est-il de ne pouvoir cesser de me battre ? »
- Dans le film Juno en 2007, quand l'heroïne perd les eaux, elle avertit son père par le cri « GOLDORAK, GO ! » , dans la VO Elle dit « Thundercats are go! » mais la réplique a été modifiée sans doute pour cause d'une meilleure popularité en France de Goldorak.
- Dans le Canada français, soit au Québec, on désigne les vestes réfléchissantes ou encore les gens qui les portent par Goldorak. Par exemple pour faire marcher un peloton dans les forces armées, on désigne deux guides qui portent des vestes orange pour éviter que les automobiles frappent les soldats qui marchent dans le groupe, et le responsable demanderait alors des volontaires pour être des Goldoraks.
Démêlés judiciaires [modifier]
La série animée a connu de nombreux avatars judiciaires. Le premier d'entre eux a opposé Toei Animation (producteur de la série animée) à Dynamic Planning (société du mangaka Gō Nagai, lui-même créateur du manga original dont la série télévisée est une adaptation) : en effet, la série a connu un grand succès en Europe et a généré de nombreux produits dérivés, sur lesquels Dynamic Planning pouvait prétendre à des royalties qui ne lui ont jamais été versées. La procédure a bloqué toute exploitation de la série durant des années, pour finir par trouver un arrangement à l'amiable en 2004. S'en est suivi la commercialisation de la série en DVD au Japon, et une annonce d'une sortie prochaine en Italie puis en France.
En août 2005, les sociétés Manga Distribution et Déclic Images sortent les épisodes 1 à 52 en deux coffrets DVD, promettant la fin de la série dans un troisième coffret devant sortir plus tard. Très vite, il apparaît que cette édition s'est faite sans l'accord des Japonais. Une procédure en référé est intentée pour en bloquer la commercialisation en urgence, mais l'impossibilité de produire rapidement des documents vieux de 30 ans a poussé les avocats des Japonais à utiliser la violation de leur marque déposée sur le nom Goldorak. Cette marque n'ayant pas été exploitée dans les 5 années précédentes, le juge des référés a débouté les Japonais et renvoyé l'affaire devant les juges du fond.
Déclic Images envoie alors des faxes à la grande distribution en affirmant que la justice leur a donné l'autorisation de poursuivre la commercialisation. La procédure judiciaire au fond commence alors, les plaidoiries ont lieu le 28 octobre 2004. Il apparaît que la société Déclic Image a mandaté la société Rouge Citron Production pour obtenir les droits de la série en leur nom auprès de Toei Animation et Dynamic Planning, en leur versant un à-valoir de
- 500 000 euros sur un montant total de trois millions d'euros. Le contrat stipule que si RCP s'avère incapable d'obtenir ces droits au31 décembre 2004, l'à-valoir devrait-être remboursé. Dans le cas contraire, le reste du montant prévu serait versé à la livraison des masters à cette même date. RCP n'ayant pas obtenu les droits, ils ont cherché à procéder au remboursement, quoique postérieurement à la date butoir initialement prévue. Mais Déclic Images ne l'entend pas de cette oreille : persuadée que RCP dispose bien des droits et qu'elle s'apprête à sortir la série elle-même, Déclic Images entreprend de leur couper l'herbe sous le pied et de sortir la série sans le moindre contrat de licence. Cependant, il s'avère que RCP n'avait effectivement pas obtenu les droits et que cette édition était totalement illégale. Les DVD ont été produits à partir de simples copies des DVD japonais sur lesquels la bande son française a été collée, comme l'a démontré une expertise.
Coup de théâtre, DI & MD sortent le troisième coffret de la série entre les plaidoiries et la publication de la décision de justice. Cette dernière condamne lourdement les deux sociétés, pour contrefaçon et concurrence déloyale, pour un montant total de dommages-intérêts s'élevant à 7,2 millions d'euros. La commercialisation est définitivement interrompue.
Déclic Images et Manga Distribution font appel de cette décision et se mettent en redressement judiciaire. La société Poly Production se porte intervenante volontaire lors de l'appel, arguant que la bande son française leur appartient. Quant à DI & MD, leur défense consiste à remettre en question la titularité des droits de Toei Animation et Dynamic Planning sur la série. Contre toute attente, cette stratégie porte ses fruits puisque le 8 septembre 2006, la Cour d'Appel invalide la décision en première instance, non sans débouter Poly Production au passage.
Les Japonais se pourvoient en cassation, et l'arrêt de la cour d'appel est cassé le 31 octobre 2007, ramenant l'état de l'affaire à la décision en première instance : Déclic Images et Manga Distribution doivent à nouveau 7,2 millions d'euros aux Japonais, et l'affaire est désormais dans les mains de la cour d'appel de renvoi. Si aucun accord n'est trouvé d'ici là, l'appel aura lieu en 2008.
Références [modifier]
- ↑ Jacques Canestrier déclarera avoir choisi le nom de Goldorak en hommage à ses deux personnages préférés, James Bond à travers son film Goldfinger etMandrake le magicien : Goldfinger + Mandrake = Goldorak
- ↑ Dans la version originale, Goldorak est un robot qui représente le dieu de la guerre sur Euphor, dont il existe un équivalent sur terre appelé Raaga. La version française a pris des libertés sur cette partie du script, faisant du robot le plus perfectionné des Antéraks de Véga. Le Spazer aurait également été conçu par les scientifiques de Véga, et subtilisé par Actarus pendant l'attaque d'Euphor
- ↑ Dans la VO, le terme Végajū désigne tous les monstres-robots apparus entre l'épisode 53 et la fin, mais curieusement dans la VF le terme Monstrogoth n'est pas utilisée dans la troisième saison : on revient au terme initial golgoth
- ↑ Article en anglais sur wikipédia
- ↑ Animeland no 134, septembre 2007, p. 86-87
- ↑ CF Article de Paris Match de Janvier 1979 - Ajout à l'article de l'association Animez Vous
- ↑ La naissance du système Audimat remonte à 1985 et résulte de la volonté des acteurs du secteur de l'audiovisuel d'avoir une mesure scientifique de l'audience ; on peut donc très fortement douter de ce résultat de 100 % d'Audimat pour un programme tel que Goldorak en 1985 ou après, alors que cela eut put être envisageable en 1978. Malheureusement, les mesures d'audiences avant 1985 sont sujettes à caution, un tel score pour Goldorak n'est pas vérifiable. De plus, avant la scission de l'ORTF en 3 chaînes et même suite à cette scission lors de mouvements de grêve, un unique programme était diffusé à la télévision et ce sur les 3 chaînes - on peut, entre autres, citer la première diffusion d'Ardéchois Cœur Fidèle en 1974, dont le premier épisode fut regardé par 100 % des françaisayant allumé leur télévision (Cf. présentation de Ardéchois Cœur Fidèle par Pierre Tchernia chez Koba Films) - ici on parle bien de 100 % de l'audience effective et non de 100 % du public ayant la possibilité de regarder la TV.
- ↑ Voir « l'affaire Goldorak » sur autolargue.net [archive]
Liens externes [modifier]
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09.12.2009
TERRORVISION: LA CRITIQUE

Nicolaou appuie donc à fond sur le champignon de l’autodérision, et rend volontairement ses personnages bêtes, maladroits, hystériques et excessifs. Cependant une certaine firme aura fait bien pire avant, à savoir l’usine à Z Troma. Mais pour "Terror vision" (1986), c’est une autre paire de manches : pour faire court, voilà une série B qui se prend pour une série Z !
Eclairages criards, décors vulgaires et rétros, mur tapissés de peintures aussi laides que suggestives (nu et Sm version pop’art, Sic !) et personnages à coté de la plaque, voilà à ce qu’on a droit pendant tout le métrage, impossible d’y échapper. Plus que les Américains moyens, ce sont les familles semi bourgeoises qui sont visées. Pourtant ici, on tient la belle impression de voir des Américains moyens parachutés dans un palace moche comme tout : aucun chic, aucun charisme, mais pas mal de mauvais goût à revendre !
Pas d’extrême mauvais goût cependant dans "Terror vision" (on est assez loin de Troma comme je le répète), l’humour scatologique étant heureusement exclu. Seulement on n’est pas toujours dans la finesse non plus ! Disons que le trait est forcé voilà tout…
Des parents pratiquant l’échangisme ou approchant (mais tombant sur un grec gay et une cruche de première), un gamin réduit au silence et traité sous calmants qui suit la conduite d’un grand père militaire paranoïaque et une ado relookée façon Cindy Lauper traînant avec son rocker de copain complètent le tableau pas vraiment beau du film. Mais les deux créatures les plus remarquées du film, seront cependant citées un peu plus bas…
Parmi les acteurs du film, on reconnaîtra Gerrit Graham, le chanteur homo définitivement taré de "Phantom of the paradise" ainsi que le joli minois de Diane Franklin, la soeurette incestueuse dans "Amytiville Le possédé".
"Terror vision" est un film dégoulinant comme du slime, poisseux et collant, gélatineux et baveux, et à cause de qui vous me demanderez ? Du monstre vedette, de cette étrange créature bien sur !
Se déplaçant de TV en TV, le monstre star du métrage ressemble tout bonnement à un gros tas quelquonque, doté d’une énoooorme bouche, d’une langue goulue et vorace, et de trois yeux envahissants, et va jusqu’à prendre peu délicatement forme humaine. Friand de chair humaine, il ne prend jamais de gants pour défoncer ses victimes qu’il massacre peu délicatement : là encore, le film se montre tellement coloré et ringard, que le gore est au final nettement plus gluant qu’à l’habitude.
Nicolaou glisse un clin d’œil lourdingue à la fameuse Elvira en la personne du personnage de Médusa : une gorgone présentant quelques films d’horreurs typiquement 50’s, affublée d’un décolleté forcement ravageur et d’un tempérament odieux la rendant tout à fait détestable. Une sorte de méchante Elvira, et vulgaire en plus !
Maîtrisant plutôt bien son petit rythme, Nicolaou surprend par sa méchanceté lors de son final impitoyable, et son petit jeu de massacre kitch et savoureusement moche. Même Richard Band y va de son hommage avec la chanson titre, estampillée "science fiction 50’s". Un bon moment à passer, surtout si on aime les Craignos Monster et les personnages qui vont avec !
18:11 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : critiques, cinema, cultes
27.11.2009
de/vision unputdownable
15:21 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : greetings, reasons, people
22.11.2009
The Magic Bullet: another american lie...
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05.11.2009
Les femmes tondues de 1945; Une mise au pilori sexiste !
Le rituel du spectacle expiatoire a ses constantes : cortèges bruyants de femmes et surtout d’hommes promenant à travers villages, bourgs ou villes des femmes portant sur le front, sur la poitrine, voire sur d’autres parties du corps, tracées au goudron ou à la peinture, des croix gammées et des inscriptions explicites : « a dénoncé », « Collabo », et plus souvent encore « a couché avec les boches ». Les victimes étaient presque toujours à demi, parfois totalement dévêtues. Certaines portaient dans les bras leur enfant. Si elles n’avaient pas été immédiatement tondues, elles l’étaient de façon solennelle, sur une estrade placée devant un bâtiment public, et elles restaient ensuite exposées, comme jadis au pilori.

Cette « coiffure 1944 » était infligée à des femmes considérées soit comme des délatrices, soit comme des « collaboratrices à l’horizontale ». Il a été couramment admis, mais trop vite, que ces dernières étaient en majorité des prostituées, ce qui permettait de supposer que les Françaises (en exceptant Arletty ou Coco Channel, qui avaient pu s’afficher avec un officier allemand), avaient été vraiment peu nombreuses à succomber au charme de guerriers supposés tous blonds. Or, Philippe Burrin |2| peut écrire que « au minimum plusieurs dizaines de milliers de Françaises ont eu des relations avec l’occupant », ajoutant qu’on estime à au moins 50 000 le nombre d’enfants nés d’amours franco-allemandes. Précisons encore qu’il s’agit souvent de femmes de milieux modestes et que, à côté d’un nombre relativement significatif de « demoiselles des P.T.T. », on trouve surtout celles qui, comme elles, ont eu à fréquenter l’occupant en tant que femmes de service.
On affirme volontiers que les explosions de haine à leur encontre ont été brèves et localisées, et qu’elles étaient menées par des résistants de la onzième heure à qui ce zèle purificateur permettait d’acquérir à bon compte une conduite patriotique. En fait, malgré les instructions officielles, des femmes continuèrent d’être tondues jusqu’a la fin de l’hiver 1944-1945. Et ce furent assez souvent des chefs des maquis ou les responsables des Comités de libération qui patronnèrent ces cérémonies expiatoires.
Ces comportements représentent une sorte de défoulement, après la tension insupportable des semaines qui ont précédé la Libération, ils témoignent de l’exaspération de ceux qui avaient vécu quatre années d’humiliation, qui venaient de subir les ultimes exactions de l’occupant et de ses complices français. Ce qui explique que la virulence populaire fut souvent proportionnelle à la violence des derniers affrontements avec la Wehrmacht ou la Milice. La désignation de boucs émissaires a pris alors une tournure sexuée : au trop classique voyeurisme des mâles, s’est ajouté le sentiment plus ou moins confus que ces femmes, qui avaient trahi la France en livrant leur corps, devaient recevoir un châtiment spécifique à leur sexe.
On n’aura garde d’oublier, malgré tout, que, en ce qui concerne celles qui furent accusées d’avoir dénoncé (et les délatrices avaient été nombreuses), cette humiliation leur permit assez souvent, semble-t-il, d’échapper au peloton d’exécution qui attendait les délateurs. Reste que la mémoire officielle préféra refouler l’existence des « tondues ». Ce sont les écrivains et les cinéastes qui ont su évoquer et reconstituer le parcours des malheureuses ainsi mises au pilori. Citons Marguerite Duras et Alain Resnais, dont l’héroïne tondue de Hiroshima mon amour s’explique : « Je devins sa femme dans le crépuscule, le bonheur et la honte. » Et le poème bien connu de Paul Eluard, intégré Au rendez-vous allemand, qui porte précisément en exergue la phrase : « En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On alla même jusqu’à les tondre. » Ses six premiers vers en disent long : « Comprenne qui voudra / Moi mon remords ce fut / La malheureuse qui resta / Sur le pavé / La victime raisonnable / A la robe déchirée... »
Lire sur ce sujet le récit de Guy Croussy : La Tondue, Grasset, 1980.
Source : http://lang.swarthmore.edu/faculty/...
|1| Alain Brossat. Les tondues, un carnaval moche. Manya, 1992.
|2| Burrin, Philippe. La France à l’heure allemande. Le Seuil, 1995."
Azéma, Jean-Pierre, Wieviorka Olivier. Vichy 1940-1944. Librairie Académique Perrin, 1997. 250.
têtue.net
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15.09.2009
COMMODORE 64
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16.08.2009
seabound the promise
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28.07.2009
Le film prochain à venir
Il faut bien soutenir de temps en temps ses ami meme cilsont dan le chaud-biznèsse, et cé keskonfé là.
( SteamedGlasses.com)
22:46 Publié dans Ugly & Bad Intentions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : infos, films.
22.06.2009
And One Master Master
14:23 Publié dans 2 & 2 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : infos
20.06.2009
Dieudonné
21:46 Publié dans P & C | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : infos, talent
14.06.2009
Fairlight Children Before you came along
18:04 Publié dans P & C | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infos, fear & france.
12.06.2009
L'Oeil du Cyclone: Pot-pourri (1)
21:22 Publié dans P & C | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : people, young, fast & rotten, eyes behind, happy.
03.06.2009
Covenant: flux
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18.05.2009
And One: Paddy is My DJ
16:31 Publié dans WHO HAVE A QUESTION | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : (...), infos, milk.
30.04.2009
LE FEUILLETON DE LA CULTURE
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LE FEUILLETON DE LA CULTURE
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27.04.2009
COLONNES INFERNALES ( 2 )
Colonnes infernales
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On désigne sous le nom de colonnes infernales les opérations menées par le général Turreau lors de la guerre de Vendée afin d’éliminer toute résistance dans les campagnes vendéennes, après l’échec de la virée de Galerne.
- Note : dans un contexte différent, les chasseurs basques ont constitué une colonne dite colonne infernale lors des combats de 1793 sur la frontière espagnole.
Contexte militaire [modifier]
Décembre 1793, les Vendéens sont défaits à la bataille de Savenay, face à Kléber et Marceau, au terme de la Virée de Galerne : seuls quelques milliers des 80 000 participants de la Virée de Galerne ont pu rejoindre la Vendée. Charette a perdu Noirmoutier et n'a plus que quelques centaines d'hommes dans les marais de Retz.
Turreau doit donc finir la guerre de Vendée. Déjà, le 7 novembre, le département a été rebaptisé Vengé. Il a le choix entre deux méthodes : la pacification, éventuellement musclée, et la répression violente. Il propose un plan d'amnistie au Comité de salut public sur les conseils de son général Jean-François Moulin :
« La désertion considérable qui commence à se manifester parmi les rebelles en-deçà de la Loire prouve assez que le bandeau de l'erreur se déchire ; que les prêtres qui dirigeaient leurs pas n'ont plus le même empire sur leurs opinions. Le moment serait-il donc arrivé de proclamer au milieu de ces fanatiques les vérités qu'on leur a dénaturées jusqu'alors ? [...] On craint qu'en agissant ainsi avec la même rigueur à l'égard des nombreux déserteurs, on ne réduise les autres au désespoir. »
N'ayant pas de réponse, il prépare un nouveau plan, en application stricte des décrets de la Convention.
Contexte politique [modifier]
Celle-ci a en effet adopté deux décrets de répression de la révolte de Vendée, d'abord le 1er août, puis un second le 1er octobre 1793, qui renouvelle pour l'essentiel le premier. Celui du 1er août 1793 précise que :
Il sera envoyé en Vendée des matières combustibles de toutes sortes pour incendier les bois, les taillis et les genêts. Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles anéantis, les récoltes coupées et les bestiaux saisis. La race rebelle sera exterminée, la Vendée détruite.
Ce décret prévoit par ailleurs de mener les bons citoyens hors de la région rebelle et de faire disparaître les mauvais ; et il préconise aussi de traiter avec égard les femmes, les enfants et les vieillards (article VIII). Le décret du 1er octobre étend cette mesure aux hommes sans armes. Les repaires rebelles doivent être détruits sans pitié.
C'est de ces deux décrets que Turreau s'inspire pour son second plan, qu'il adresse le 16 janvier 1794 au comité. Il prévoit de ratisser à l'aide de douze colonnes avançant parallèlement le pays rebelle, d'est en ouest, pour traquer les insurgés, et détruire leurs biens, de Brissac au nord, à Saint-Maixent au sud. Le comité de salut public est alors attaqué à la fois sur sa droite et sur gauche par les Indulgents, autour de Danton, qui dénoncent l'incapacité du gouvernement révolutionnaire à achever la guerre et les excès de la Terreur, et les Hébertistes, autour d'Hébert, qui poussent toujours à la surenchère. Pour Robespierre, la guerre civile est terminée ; mais les Hébertistes prônent une répression sans indulgence, en représailles des massacres commis par les Vendéens.
Plan détaillé [modifier]
Le plan de Turreau entre en application le 21 janvier. Il a sa disposition six divisions à l'est de la Vendée, chacune est divisée en deux colonnes. Un des problèmes des troupes républicaines pendant la guerre de Vendée ayant été la coordination, il donne à tous des lieux de rendez-vous précis, avec date à tenir. Les itinéraires sont indiqués commune par commune. Les chefs de colonnes doivent correspondre entre eux et avec le général en chef deux fois par jour pour garder une bonne coordination ; éviter le combat, sauf en cas de victoire certaine ; et utiliser tous les moyens pour dénicher les rebelles, brûler tout ce qui peut brûler, réquisitionner toutes les vivres. Treize communes républicaines sont exemptées[1].
- la première division est dirigée par Duval, ses colonnes sont commandées par Daillac et Prevignaud. Les deux colonnes partent de Saint-Maixent et Parthenay et doivent arriver à La Caillere et Tallud-Sainte-Gemme ;
- la deuxième division est dirigée par Grignon, ses colonnes sont commandées par lui-même et Lachenay : les deux colonnes partent de Bressuire et doivent arriver à La Flocellière et Pouzauges ;
- la troisième division est dirigée par Boucret, ses colonnes sont commandées par lui-même et Caffin : les deux colonnes partent de Cholet et doivent arriver aux Epesses et à Saint-Laurent-sur-Sèvre ;
- la quatrième division est dirigée par Turreau, ses colonnes sont commandées par lui-même et Bonnaire : les deux colonnes partent de Doué et doivent arriver à Cholet ;
- la cinquième division est dirigée par Cordellier, ses colonnes sont commandées par lui-même et Crouzat : les deux colonnes partent de Brissac et doivent arriver à Jallais et Le May ;
- la sixième division est dirigée par Jean-Baptiste Moulin, elle ne comporte qu'une colonne forte de 650 hommes qui partira des Ponts-de-Cé pour Sainte-Christine.
En complément, Turreau charge le général Haxo, qui poursuivait jusqu'alors Charette sur les côtes ouest de la Vendée, de former huit colonnes qui parcourront la Vendée d'ouest en est, allant à la rencontre des douze autres.
Application [modifier]
Les instructions envoyées par Turreau sont peu équivoques :
- Les villages, métairies, bois, landes, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes ;
- seront passés par les armes les brigands trouvés les armes à la main ou convaincus de les avoir prises, y compris les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas.
Dans un premier temps, son plan est exécuté en une semaine ; mais des petits groupes de Vendéens s'infiltrent dans le bocage entre les colonnes ; des groupes plus importants, suffisamment pour ne pas être inquiétés par les effectifs des Bleus, se constituent. Il demande donc au Comité de Salut public de préparer les indemnisations pour ceux qui seront évacués, afin de vider le pays de sa population et de combattre plus facilement les insurgés.
Les colonnes sont surtout actives lors des deux premiers mois, à partir de février les embuscades vendéennes ralentissent énormément les colonnes qui sont parfois réduites à l'immobilisme.
Jusqu'au 17 mai, les colonnes infernales (Turreau les appela les colonnes massacreuses) massacrent et pillent. Celles placées sous les ordres des généraux Cordellier, des adjudants généraux de cavalerie Huché ou Amey vont bien au-delà des ordres : viols et exactions se succèdent. Turreau, au courant, est incapable d'autorité et de les faire cesser. Il demande à être relevé plusieurs fois.
Certains généraux mènent leurs colonnes d'une autre manière. Haxo constitue ses huit colonnes, mais leur assigne comme objectif la capture de Charette ; il ne fait commettre aucun acte de barbarie à ses hommes, épargnant même la gentilhommière de Charette à Fonteclose.
De son côté, l’adjudant général Cortez fait fusiller Goy-Martinière, le second de Huché pour avoir détruit des villes et villages dans des zones républicaines.
Parcours des colonnes infernales [modifier]
Parcours de la première et deuxième colonne [modifier]
Commandants : Adjudant Général Prévignaud et Adjudant Général Daillac
Parcours de la troisième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigage Louis Grignon
- 19 janvier La colonne pille Sanzay et Saint-Clémentin.
- 21 janvier A Argenton-Château, Grignon déclare à ses hommes :Camarades, nous entrons en pays insurgé. Je vous donne l'ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d'être brûlé et de passer au fil de la baïonette tout ce que vous rencontrerez d'habitants sur votre passage. Je sais qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays ; c'est égal, nous devons tout immoler.
- 22 janvier plusieurs dizaines de personnes sont tués à Étusson et à Voultegon. 79 personnes sont tuées à Saint-Aubin-du-Plain.
- 24 janvier 300 personnes, hommes, femmes et enfants sont massacrées à Bressuire alors que la ville devait être épargnée.
- 25 janvier Grignon écrit à Turreau: nous en tuons plus de cent par jour.
- 27 janvier La colonne est à Châteaumur, une dizaine de personnes sont exécutées.
- 28 janvier La Flocellière est détruite.
- 29 janvier La colonne est au Boupère, mais Grignon n'ose pas ordonner l'incendie, le village ayant 150 gardes nationaux pour se défendre.
- 30 janvier A Pouzauges, 30 prisonnières sont violées par les officiers de la colonne, avant d'être exécutées.
- 31 janvier Grignon rejoint le Général Amey à Saint-Fulgent.
Parcours de la quatrième colonne [modifier]
Commandant : Adjudant Général Lachenay
- 19 janvier Lachenay est avec Grignon.
- 25 janvier Les colonnes de Lachenay et de Grignon se séparent.
- 26 janvier Saint-André-sur-Sèvre est détruite.
- 27 janvier Toute la population de Saint-Mesmin est massacrée.
- 28 janvier L'église de Pouzauges est incendiée avec toute sa population à l'intérieur, parmi lesquels; des gardes nationaux locaux.
- 29 janvier La Meilleraie-Tillay est détruite, 85 morts.
- 30 janvier Lachenay rejoint Grignon à Pouzauges, ils se séparent le lendemain.
- 31 janvier La colonne attaque Le Boupère, que Grignon n'avait pas détruit, 200 morts.
Parcours de la cinquième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Jean-Pierre Boucret
- 21 janvier Départ à Cholet
- 22 janvier La population de La Tessoualle et de Moulins est massacrée.
- 23 janvier Châtillon-sur-Sèvre (aujourd'hui Mauléon) est incendiée.
- 25 janvier La colonne est à Saint-Amand-sur-Sèvre.
- 26 janvier La colonne est aux Epesses.
- 28 janvier Un prêtre réfractaire est fusillé près de Saint-Mars-la-Réorthe.
- 31 janvier La colonne est à Chambretaud.
- 4 février La colonne est à La Gaubretière, 85 personnes fusillées.
- 9 février La colonne est à Chantonnay.
Parcours de la sixième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Jean Alexandre Caffin
Parcours de la septième colonne [modifier]
Commandant : Général de division Louis Marie Turreau
Parcours de la huitième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Louis Bonnaire, puis Florent Joseph Duquesnoy
Parcours de la neuvième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Étienne Cordellier, 8 000 hommes
- 21 janvier Départ de Brissac (actuellement Brissac-Quincé)
- 23 janvier Beaulieu est détruite
- 25 janvier 20 personnes sont fusillées à La Jumellière
- 26 janvier La colonne atteint Jallais
- 31 janvier La colonne est à Montrevault qui n'est pas incendiée
- 1er février Cordellier est battu par Stofflet à Gesté et se replie sur Montrevault
- 5 février La colonne retourne à Gesté, plusieurs personnes sont fusillées dans le château. Elle campe ensuite à Montfaucon
- 6 février La colonne gagne Tiffauges
- 7 février La colonne atteint Les Landes Génusson, toute la population, soit 98 personnes; hommes, femmes et enfants, est massacrée.
- 9 février Cordellier reprend Cholet que Stofflet a abandonnée après qu'il l'a lui-même reprise à Moulin.
- 13 février La colonne incendie Chemillé qu'elle avait trouvée déserte.
- 14 février Cordellier est battu par Stofflet.
- 15 février Jonction de Cordellier et de Crouzat à Montaigu.
- 22 février La colonne exécute 15 personnes à Vieillevigne et en massacre 100 autres aux Brouzils
- 25 février Cordellier rejoint Turreau et attaque Charette. Les Républicains sont victorieux mais les Vendéens parviennent à s'enfuir sans subir trop de pertes. Cordellier et Turreau se séparent après la bataille.
- 26 février 35 personnes sont exécutés à Vieillevigne et à Montbert.
- 27 février Vieillevigne, Saint-André-Treize-Voies, Saint-Sulpice-le-Verdon, Rocheservière et Mormaison sont incendiées, en tout 80 personnes sont massacrées.
- 28 février La colonne est attaquée et mise en déroute par Charette. Toutefois, Matincourt, un lieutenant de Cordellier se rend aux Lucs-sur-Boulogne, 564 personnes, dont 130 enfants sont massacrés dans l'église.
- 1er mars 150 personnes sont massacrées à Saint-Etienne-du-Bois.
- 4 mars Les Brouzils sont incendiés pour la seconde fois.
- 13 mars 178 personnes dont 53 enfants de moins de 10 ans sont massacrées au Fief-Sauvin, 42 femmes et enfants sont tués à la Chaussaire.
- 25 mars Cordellier tombe malade et va se faire soigner à Saumur, il confie le commandement de la colonne à Crouzat.
Parcours de la dixième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Joseph Crouzat, 8 000 hommes
- 21 janvier Départ à Brissac (actuellement Brissac-Quincé)
- 22 janvier La colonne atteint Thouarcé
- 23 janvier La colonne arrive à Gonnord, 200 civils sont massacrés, 2 femmes et 30 enfants sont enterrés vivants. Crouzat déclare: on fouille d'abord les maisons, on en arrache les femmes, les enfants, les vieillards, les malades qui doivent assister au pillage de leurs demeures et au sac de l'église; puis on met le feu partout. Ensuite, on aligne les habitants à un endroit ou à un autre, et on les fusille...
- 24 janvier La colonne atteint Chemillé qui est épargnée en échange de butin.
- 25 janvier La colonne traverse Chanzeaux et Melay quelques maisons sont incendiées, 71 personnes sont fusillés.
- 26 janvier Crouzat rejoint Cordellier à Jallais
- 27 janvier La colonne est au May-sur-Èvre
- 28 janvier Elle passe par La Romagne et Saint-Macaire-en-Mauges
- 29 janvier La colonne est attaquée et battue par les hommes de Stofflet, elle se replie sur Le May-sur-Èvre
- 2 février Jonction des troupes de Crouzat avec celles de Cordellier.
- 25 mars Crouzat prend le commandement de toute la division.
- du 25 au 27 mars La division fouille la forêt de Vezins, 1 500 personnes qui s'y étaient réfugiées sont massacrées.
- 28 mars Contre-attaque des troupes de Stofflet, plusieurs bataillons républicains sont massacrés.
Parcours de la onzième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Jean-Baptiste Moulin, 650 hommes
- 24 février La colonne part des Ponts-de-Cé et incendie Mozé-sur-Louet mais épargne Rochefort-sur-Loire.
- 25 février Moulin est à Sainte-Christine, qu'il ne détruit pas.
- 27 janvier La colonne détruit Saint-Laurent-de-la-Plaine et retourne incendier Sainte-Christine.
- 29 janvier La colonne atteint Cholet, Turreau lui donne l'ordre de s'y maintenir.
- 8 février La colonne est attaquée par Stofflet qui reprend Cholet. Au cours de la bataille, Moulin, blessé se suicide pour ne pas tomber vivant entre les mains des Vendéens.
Parcours de la douzième colonne [modifier]
Commandant : Général de brigade Jean-Baptiste Huché, 1 500 hommes
- 15 février La colonne est en garnison à Cholet
- 26 février La colonne incendie Mortagne
- 27 février La colonne massacre les habitants de La Gaubretière (500 à 800 morts) et de La Verrie, seuls les enfants sont épargnés. Saint-Malô-du-Bois et Saint-Laurent-sur-Sèvre sont également pillées mais la population s'était enfuie.
- 28 février La colonne est rentrée à Cholet.
- 4 mars Un partie de la colonne est mise en déroute par Stofflet.
- 6 mars La population de Vezins est massacrée.
- 25 mars Huché prend le commandement de la garnison de Luçon.
- 30 mars L'Adjudant Général Goy-Martinière massacre 80 personnes à Bellenoue (Château-Guibert).
- 11 avril Tous les massacres commis par Goy-Martinière s'étaient déroulés sur des territoires qui ne s'était jamais révoltés contre la République et situés en dehors de la Vendée militaire, Goy-Martinière est donc fusillé sur ordre du Général Cortez.
Fin des colonnes infernales [modifier]
À force de tueries, des municipalités républicaines et des représentants du Comité de salut public finissent par s'émouvoir. Joseph Lequinio par exemple, accuse, dans un rapport destiné à Robespierre, Turreau de prolonger inutilement la guerre[2].
De plus, la situation politique à Paris a changé. Fin mars, les hébertistes, puis les dantonistes sont éliminés par les comités de salut public et de sûreté générale. Dès début avril, les colonnes sont ralenties dans leur activité. Il faut attendre le 17 mai pour que Turreau soit suspendu. Le 28 septembre, il est décrété d'accusation et emprisonné.
Bilan [modifier]
En 1794, sous la Convention thermidorienne, Gracchus Babeuf, alors adversaire des Jacobins, écrit un pamphlet pour dénoncer Carrier, dans lequel il crée le terme de populicide, face à l'ampleur de la dépopulation de la Vendée militaire.
D'après Jean-Clément Martin, qui a analysé les recensements de 1790 et de 1801, un manque d'environ 220 000 à 250 000 habitants est à noter dans l'accroissement normal qu'aurait dû connaître la « Vendée militaire » sans la guerre civile[3]. Les bilans varient, entre les morts au combat, les morts indirects du fait des mauvaises conditions de vie, les exils des Républicains. Les récoltes de 1788 ont également été mauvaises.
Selon Reynald Secher, historien, auteur de l'ouvrage La Vendée-Vengé, « 117 257 personnes au minimum disparaissent entre 1792 et 1802, soit 14,38% de la population » d'après les sources primaires disponibles.
On s'accorde aujourd'hui pour évaluer les pertes de la guerre de Vendée à 170 000 morts, Blancs et Bleus confondus[4].
De même, les historiens ont actuellement tendance à réduire la part du bilan imputée à Turreau. Tandis que, selon Louis-Marie Clénet, Turreau est responsable d'au moins 40 000 des 200 000 morts vendéennes des guerres de Vendée, pour Roger Dupuy, la fourchette est de 20 000 à 40 000 morts.
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Sur les Colonnes Infernales de Turreau
- Nicolas Delahaye,
- Guide historique des Guerres de Vendée, Éditions Pays et Terroirs, 2005. Un inventaire et des itinéraires de découvertes des hauts lieux de la mémoire.
- Les 12 Colonnes infernales de Turreau, Éditions Pays et Terroirs. Une synthèse pour découvrir la logique des colonnes de Turreau.
- Simon-Jean Gruget,
- Mémoires et Journal de l'abbé Gruget, curé de la Trinité d'Angers, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. Les Mémoires de l'abbé Gruget couvrent la période de 1793 à 1795. Ils « constituent un document des plus précieux pour l'histoire de la Révolution à Angers », un témoignage qui permet d'appréhender la vie des Angevins sous la Terreur.
- Les fusillades du Champ des Martyrs, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. En complément aux Mémoires de l'abbé Gruget, cet ouvrage du même auteur se concentre sur un des hauts lieux de la Terreur en Anjou, le Champ des Martyrs d'Avrillé. C'est ici, aux abords d'Angers, que plus d'un millier de prisonniers furent exécutés.
- Arsène Launay, La Terreur en Anjou, correspondance et journal de Benaben, Éditions Pays et Terroirs 2007. Oratorien et professeur, Bénaben fut un partisan de la Révolution en Anjou. Nommé commissaire civil auprès des armées républicaines, il a livré, par ses rapports, un témoignage édifiant.
- Paul Legrand, Notes historiques sur la paroisse de La Gaubretière, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. Une des paroisses les plus représentatives par le nombre de massacres.
- Joseph Lequinio, Guerre de la Vendée et des Chouans, mémoires de Lequinio, représentant du peuple, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. Le républicain Lequinio effectue un vigoureux réquisitoire contre les colonnes infernales de Turreau et contre les méthodes du gouvernement révolutionnaire.
- Pierre Marambaud, Les Lucs, la Vendée, la Terreur et la Mémoire, Éditions de l'Etrave, 1993. Cette étude analyse la politique des massacres organisés et planifiés par Turreau aux Lucs-sur-Boulogne.
- Bertrand Poirier de Beauvais, Mémoires inédits de Bertrand Poirier de Beauvais, commandant général de l'artillerie des armées de la Vendée, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. En réponse aux mémoires de Turreau, Bertrand Poirier de Beauvais rédige ses mémoires dès 1796.
- Théodore de Quatrebarbes, Une paroisse vendéenne sous la Terreur, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. À rapprocher des Lucs-sur Boulogne et de la Gaubretière.
- Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République Française, par un officier supérieur des armées de la République, réimpression de l'édition de 1824-1825, Éditions Pays et Terroirs, 1993. Un journal au jour le jour à partir des rapports militaires. Le tome III est indispensable pour suivre la marche des colonnes infernales de Turreau.
- Louis-Marie Turreau, Mémoires de Turreau pour servir à l'histoire de la guerre de vendée, Éditions Pays et Terroirs 2007. Justifications de l'organisateur des massacres et des colonnes infernales.
Liens externes [modifier]
Sources [modifier]
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25.04.2009
LE FEUILLETON DE LA CULTURE: LE COURT
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LE FEUILLETON DE LA CULTURE: LA SURPRISE
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20.04.2009
LE FEUILLETON DE LA CULTURE: LE BLINDTEST
Charlize Theron
: se déshabiller
ne la dérange pas !
Concrètement, Charlize Theron n'a pas de problème pour jouer avec son corps, ni même pour le dévoiler lorsque besoin est. En revanche, lorsqu'il s'agit d'interpréter tout ce qui relève de l'abstrait, la jolie blonde est confrontée à de plus grandes difficultés, comme elle l'explique pour le tournage de son dernier film, Loin de la terre brûlée , où Charlize n'a pas hésité à se dénuder : "Etre nue est une de ces choses que les gens trouvent insolites, mais parfois, il est plus difficile de jouer une scène où il faut transmettre des émotions de douleur ou de vulnérabilité. Ce genre de mise à nu est plus difficile que d'enlever ses vêtements" .
Après celle de Mischa Barton , voilà une déclaration qui ne risque pas de tomber dans l'oreille d'un réalisateur sourd et adepte des jolies courbes de miss Theron ! Son talent, elle l'a suffisamment prouvé dans Monster , ce qui lui a d'ailleurs valu un Oscar . Sûr que maintenant, après cet aveu, on lui proposera plus de films basés sur un autre aspect de son potentiel... pour le plus grand plaisir des téléspectateurs, n'est-ce-pas messieurs ?
PREMIERE.FR 16/04/2009
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18.04.2009
LE FEUILLETON DE LA CULTURE: LES INFOS (3)
19:24 Publié dans C & C | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infos exclusives, hammers, vally, firsts:lasts, generousgifts
11.04.2009
LE FEUILLETON DE LA CULTURE: LES INFOS (2)
18:47 Publié dans C & C | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infos, airport 80, christelle floquin.


























