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01.05.2008

( Suite )LES MASSACRES DES BLEUS (4) : CARRIER, "L'HOMME EN NOIR "...

Jean-Baptiste Carrier

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Jean-Baptiste Carrier
Jean-Baptiste Carrier

Jean-Baptiste Carrier (né le 16 mars 1756 à Yolet près d'Aurillac - guillotiné le 16 décembre 1794 (26 frimaire an III) à Paris) fut un politicien français. Fils de Jean Carrier et de Marguerite Puex, il est le troisième enfant de cette famille composée de trois filles et de trois garçons. Il épouse le 4 octobre 1785 Françoise Laquairie. En 1784, Jean-Baptiste Carrier, à force de travail, parvient à obtenir la place de procureur à Aurillac, mais son office sera supprimé en 1789.

Sommaire

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Sous la Convention [modifier]

En 1790, il est conseiller pour le baillage d'Aurillac. En 1792, il est élu député à la Convention nationale par le département du Cantal grâce à la victoire des extrémistes. Il était déjà connu comme orateur et comme l'un des membres influents des clubs des Cordeliers et des Jacobins. Il s'oppose violemment à Guillaume François Laennec. Après la prise de contrôle des Flandres, il y est nommé commissaire par la Convention à la fin de 1792. L'année suivante, il prend part à l'établissement du tribunal révolutionnaire. Il vote pour l'exécution du roi Louis XVI, est l'un des premiers à demander l'arrestation du duc Philippe d'Orléans (1747-1793) et joue un rôle essentiel dans la chute des Girondins. Il est envoyé en mission en Normandie pour y réprimer, durant l'été 1793, les fédéralistes girondins. Le 14 août 1793, Jean-Baptiste Carrier est envoyé à Nantes pour y réprimer la guerre de Vendée.

Massacres à Nantes [modifier]

Article détaillé : Noyades de Nantes.

Après ses missions en Normandie et une encore à Rennes, il est envoyé en vendémiaire an II à Nantes pour faire cesser la révolte par les moyens les plus extrêmes. Il établit un tribunal révolutionnaire et forme un corps d'hommes déterminés, appelé la « Légion de Marat », et les « hussards américains » (d'anciens esclaves de Saint-Domingue), qui multiplieront les horreurs. Rapidement, le tribunal fut suspendu et les victimes envoyées à la guillotine ou tuées « en masse » dans les prisons : de la fin décembre 1793 à la fin février 1794, il fait fusiller 2 600 prisonniers[1]. Il en fit aussi mourir des centaines en les noyant dans la Loire depuis des bateaux équipés de trappes (« bateaux à soupapes »), exécutions qu'il nommait lui-même les « déportations verticales » et qui sont restées célèbres sous le nom de « mariages républicains » : les condamnés étaient attachés par deux (de préférence un homme avec une femme, nus) et étaient jetés nus dans la Loire, ce « fleuve républicain » comme il ose l'écrire dans un de ses rapports, se noyant mutuellement. Plus de 4 000 personnes auraient péri ainsi. Au total, sur les 13 000 prisonniers détenus à Nantes, environ 10 000 furent tués (4 000 à 5 000 noyés, environ 2 000 fusillés et guillotinés et environ 3 000 morts du typhus ou autres maladies). Pendant le déroulement de ces exécutions, Jean-Baptiste Carrier organise des orgies nocturnes en utilisant des « suspectes » de la bourgeoisie et de la noblesse nantaise.

Les taxations et les réquisitions qu'il ordonne ruinent le commerce de la ville. Francastel, Tréhouart, Prieur de la Marne, membre du comité de salut public, sont dénoncés par Jean-Baptiste Carrier pour leur modérantisme. Il exhorte à la répression la plus féroce : « Il vous est ordonné, écrit-il au général Haxo, d'incendier toutes les maisons des rebelles, d'en massacrer tous les habitants et d'en enlever toutes les subsistances ». Sur son ordre, des bourgeois sont expédiés vers Paris avec ordre de les faire disparaître et râle : « J'avais écrit à Francastel à Angers, de les faire noyer en cet endroit, mais le foutu coquin n'a pas osé le faire ». Tréhouart ayant un brigand, Le Batteux, qui pillait les campagnes au nom de Jean-Baptiste Carrier, ce dernier le dénonce au Comité de salut public comme contre-révolutionnaire et fédéraliste. Le Comité de salut public penche en faveur de Jean-Baptiste Carrier, mais Jullien de Paris, fils du député de la Drôme à la Convention, (Marc Antoine Jullien) agent de ce Comité, ayant, lors de son séjour à Nantes, constaté la folie meurtrière de Jean-Baptiste Carrier, appuie les dires de Tréhouart.

Sa chute [modifier]

Cette brutalité lui assura sa réputation. On dit que son esprit a été perturbé par les horreurs qu'il vit durant les affrontements avec les royalistes et par son alcoolisme. Il fait à cette époque arrêter 132 notables nantais qu'il accuse de fédéralisme. Mais sentant le vent tourner, Carrier demande son rappel à Paris, ce qui est fait le 20 pluviôse an II. Il est alors nommé secrétaire de la Convention. Il prend part à l'attaque contre Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794). Les Thermidoriens le laissent tout d'abord en paix, mais, couverts d'injures par lui et disposant de témoignages accablants à son encontre du Comité révolutionnaire de Nantes, ils décrètent son arrestation le 3 septembre 1794. Les notables nantais, emprisonnés, transférés à Paris, y sont jugés et acquittés lors du procès des Nantais. Carrier est amené à ce procès devant le Tribunal révolutionnaire, mais il se défend avec maladresse, rejetant toute responsabilité, et dit avoir agi selon des consignes venant de la Convention. Le 27 novembre, il est mis en accusation. Il fait alors le procès de l'assemblée en s'écriant : « Tout est coupable ici, jusqu'à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable ». Lors du procès du Comité nantais, il est chargé par ses ex-complices dans le rapport de Charles-Gilbert Romme, et guillotiné en place de Grève le 26 frimaire an III (16 décembre 1794), contrairement à Jean-Jacques Goullin qui réussit à obtenir son acquittement.

Ce « missionnaire de la Terreur », selon Jules Michelet, a laissé un souvenir tellement sanglant dans la ville de Nantes et ses environs que cet historien a pu recueillir des dizaines d'années plus tard de nombreux témoignages qu'il a retranscrits dans son ouvrage l'Histoire de la Révolution française.

Voir aussi [modifier]

Notes et références [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Roger Dupuy, Nouvelle histoire de la France contemporaine. Tome 2 : La République jacobine, Seuil, Paris, 2005 (ISBN 2020398184)

Liens internes [modifier]

 

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LES FAITS DISSIMULES DE LA REVOLUTION FRANCAISE + MASSACRES DES BLEUS (3ème partie) : LES " MARIAGES " REPUBLICAINS...

  Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et janvier 1794 à Nantes. Pendant cette brève période, des milliers de personnes, suspects aux yeux de la République, notamment des personnes d'Église, ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Des milliers d'hommes, de femmes, d’enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la « baignoire nationale ».

Sommaire

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Causes [modifier]

Nantes était assiégée par tous les fléaux qu'une guerre civile entraîne. Les menaces épidémiques et les difficultés alimentaires ne sont pas niables. Nourrir plus de dix mille prisonniers représente une charge presque insupportable pour Nantes. Jean-Baptiste Carrier voulait ravitailler d'abord l'armée et ensuite pourvoir la ville.

La crainte de l'épidémie [modifier]

La crainte de l'épidémie a beaucoup joué dans la décision d'isoler les détenus à la prison de l'Entrepôt des cafés puis sur des navires mouillés dans le port ; elle a incité à vider les prisons du centre-ville. Les pertes enregistrées dans le personnel de surveillance, le corps médical, les infirmiers, les juges même, ont pu semer l'effroi chez les responsables nantais et les inciter à tout faire plutôt que de périr de la maladie répandue par les vaincus.

Les conférences du 4-5 décembre 1793 (14 et 15 frimaire an II) [modifier]

Le 4 décembre 1793 au soir, Jean-Baptiste Carrier, les membres principaux du Comité révolutionnaire de Nantes, François Louis Phelippes-Tronjolly et ses collègues, Minée pour le département, Renard pour la municipalité, des représentants de Vincent-la-montagne, se réunissent. Ils décident de constituer un jury chargé de dresser une liste de proscrits. Le 5 décembre 1793 plus de trois cents noms seront couchés sur le papier. Il ne reste plus qu'à ordonner l'exécution. Pour cela, Carrier imagine un procédé radical qu’il appelle la déportation verticale : au lieu de les envoyer vers des îles lointaines, il fait embarquer les condamnés sur des barques à fond plat qui sont coulées au milieu de la Loire, au niveau de Chantenay. Les exécutions ont lieu de nuit pour plus de discrétion, mais les corps flottent ensuite en surface pendant des jours.

Identité des noyeurs [modifier]

Ils se divisent en deux groupes:

  • La compagnie révolutionnaire Marat
  • Guillaume Lamberty et ses hommes.

Les noyades [modifier]

Première noyade [modifier]

Les premières noyades commises sont celles des prêtres réfractaires, cent soixante environ, condamnés à la déportation. Dans la nuit du 16-17 novembre 1793 (26-27 brumaire an II), Guillaume Lamberty et ses hommes passent à l'exécution, quatre-vingt-dix prêtres sont noyés. En réalité, ce carnage compte trois survivants. Repêchés par les marins d'un navire de guerre, l' Imposant, ils sont remis aux autorités de la ville. Ramenés sur la galiote, ils périssent lors de la seconde noyade de prêtres. Plusieurs cadavres de prêtres viennent s'échouer sur les berges du fleuve. Un seul prêtre survécut à ce massacre, l'abbé Landeau. Excellent nageur, il réussit à s'enfuir du bateau et nagea entre deux eaux jusqu'à la rive de la Loire.

Seconde noyade [modifier]

La seconde noyade de prêtres est encore le fait de Guillaume Lamberty. Plusieurs hommes de la compagnie Marat conduits par Foucauld détroussent méthodiquement les cinquante huit prêtres arrivés d'Angers. Les prêtres sont transférés sur une gabare spécialement aménagée et emmenés loin du port, à l'entrée de l'estuaire où il est procédé à leur submersion. Cette fois il n'y a aucun survivant.

Troisième noyade dite du Bouffay [modifier]

La troisième noyade, dite du Bouffay, est aussi bien connue, sinon mieux, que les deux précédentes. Elle a coûté la vie à cent vingt-neuf détenus, dans la nuit du 14-15 décembre 1793 (24-25 frimaire an II). Menés par Jean-Jacques Goullin et Michel Moreau-Grandmaison, les "Marat" gagnent la prison du Bouffay, la plupart sont ivres. Ils ne sont plus tout à fait en état de consulter leurs listes, et procèdent au hasard, raflant les prisonniers dans leurs cellules, puis les attachant deux par deux après les avoir dépouillés de leurs objets personnels et de leur argent. Embarqués sur une sapine, les suppliciés sont dirigés vers l'aval et l'embarcation coulée un peu plus loin que Trentemoult, au bout de l'île Cheviré.

"Les mariages républicains" [modifier]

Les noyades suivantes posent plus de problèmes à l'historien. Leur nombre, leur importance, les circonstances exactes, tout prête à controverse. C'est à propos de ces noyades qu'ont circulé diverses affabulations, dont celles des "navires à soupapes", des "mariages républicains" et des noyades systématiques d'enfants. Jean-Baptiste Carrier aurait ordonné d'accoupler homme et femme, curé et sœur surtout, et de les ligoter dans des postures obscènes avant de les jeter dans la Loire. Il aurait qualifié ces atrocités de "mariages républicains".

Quatrième noyade (23 décembre 1793) [modifier]

La noyade du 23 décembre 1793 (3 nivôse an II) est attestée de trois façons, au moins, deux témoignages très sûrs et confirmés. Pierre Robin, Fouquet et d'autres chargèrent environ huit cents individus de tout âge et de tout sexe sur deux bateaux, qui furent conduits vis-à-vis de Chantenay et furent noyés.

Noyades des galiotes [modifier]

Du 29 décembre 1793 (9 nivôse an II) au 18 janvier 1794 (29 nivôse an II) ce furent les "noyades des galiotes", des navires hollandais restés à Nantes par suite du blocus et qu'on déplaça pour la circonstance vers la prison de l'Entrepôt des cafés. Impossible de dire s'il y eut deux ou trois expéditions. A chaque fois deux cents à trois cents victimes, hommes, femmes et enfants mêlés. Il semble que l'ultime noyade organisée sous la direction de Carrier, était destinée à vider la prison de l'Entrepôt des cafés ait été perpétrée dans la nuit du 29 au 30 janvier 1794 (10-11 nivôse an II) et ait concerné quatre cents détenus environ.

Dernière Noyade [modifier]

L'ultime noyade eut lieu le 9 ventôse de l'an II (27 février 1794). Selon des pièces officielles lues à la Convention, le 21 vendémiaire de l'an III (12 octobre 1794), cette dernière noyade fut ordonnée par l'Adjudant-Général Lefebvre et aurait provoqué la mort de 41 personnes: 2 hommes, dont un vieillard aveugle de 78 ans, 12 femmes, 12 filles et 15 enfants, dont 10 de 6 à 10 ans et 5 enfants à la mamelle. L'opération eut lieu dans la baie de Bourgneuf.[1]

Nombre exact des victimes des noyades [modifier]

Il est impossible de déterminer le nombre exact des victimes des noyades collectives. Pour Alfred Lallie, elles furent 4 860 (ce chiffre fut repris par Hippolyte Taine et Reynald Secher), pour Jean-Clément Martin environ 4000, pour Gaston Martin environ 1 800 , pour Fouquet 9 000, pour Mellinet 3 500.

Liens internes [modifier]

Notes [modifier]

  1. Hippolyte Taine Les origines de la France contemporaine. La Révolution: le gouvernement révolutionnaire, le régime moderne Edition Robert Laffont, d'après Le Moniteur universel XXII, 227.

Sources [modifier]

  • Alfred Lallié, Les Noyades de Nantes