04.07.2008

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03.07.2008

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Colonnes Infernales (3) : Turreau

Louis Marie Turreau

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Louis Marie Turreau
Surnom : Turreau de Garambouville
Turreau de Linières
Naissance : 4 juillet 1756
Évreux
Décès : 10 décembre 1816 60 ans)
Conches
Nationalité : Français
Allégeance : Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume des français
Drapeau français République française
Empire français
Royaume de France
Grade : Général de division
Service : 1789 - 1814
Conflits : Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Commandement : Armée des Pyrénées orientales
Armée de l'Ouest
Distinctions : Chevalier de Saint-Louis
Hommage : Nom inscrit sur l'arc de triomphe
Autres fonctions : Gouverneur de Belle-Île
Ambassadeur aux États-Unis
Baron d'Empire


Louis Marie Turreau, dit Turreau de Garambouville ou encore Turreau de Linières est un général français de la Révolution, né le 4 juillet 1756 à Évreux et mort à Conches le 10 décembre 1816. Il est tristement célèbre pour avoir organisé les colonnes infernales durant la guerre de Vendée, qui ont massacré des dizaines de milliers de Vendéens et ravagé le pays. Ce criminel de guerre, est arrêté le 29 septembre 1795. Il est jugé et passe au travers des mailles du filet de la justice, puisqu'il est acquitté le 19 décembre 1795, faute de preuve. Il poursuivit ensuite une carrière de haut fonctionnaire, en devenant ambassadeur aux États-Unis, puis baron d'Empire.

Sommaire

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Vie jusqu'à la Révolution [modifier]

Le père de Louis-Marie Turreau était procureur fiscal des eaux et forêts du comté d'Évreux, puis est devenu par la suite maire d'Évreux. Cette situation fait jouir les Turreau de certains privilèges, même s'ils ne sont pas nobles. Louis Marie Turreau est cependant un fervent révolutionnaire dès 1789. Il en profite d'ailleurs, comme beaucoup des bourgeois de l'époque : il se fait élire maire d'Aviron, achète quelques biens du clergé (dont l'abbaye de Conches).

Carrière militaire jusqu'en 1794 [modifier]

Avant la Révolution, il n'a pas une réelle activité militaire : il entre bien aux Gardes du corps du comte d'Artois, mais n'est inscrit que sur les rôles surnuméraires (il n'est que remplaçant).

À la Révolution, il entre dans la Garde Nationale de Conches, et en prend la direction en juillet 1792. En septembre, il se fait élire capitaine d'une compagnie de volontaires de l'Eure, et part combattre sur les frontières du Nord. Il est nommé colonel en novembre, et intègre l'armée de Moselle.

En juin 1793, il intègre l'armée des côtes de La Rochelle, jusqu'au 8 octobre. Cette affectation ne lui plaît pas, il écrit d'ailleurs à un ami : Je remuerai ciel et terre pour ne pas aller en Poitou. Cette espèce de guerre me déplaît. Il combat néanmoins deux mois en Vendée. Il est ensuite nommé à la tête de l'armée des Pyrénées orientales jusqu'au 27 novembre, avant d'être à nouveau nommé dans l'ouest, commandant en chef de l'armée de l'Ouest. Il arrive à sa nouvelle affectation sans enthousiasme le 29 décembre, alors que les derniers éléments de l’Armée catholique et royale sont écrasés par Kléber et Marceau à Savenay le 23.

Les colonnes infernales [modifier]

Fusillades et massacres par les Colonnes Infernales de Turreau
Fusillades et massacres par les Colonnes Infernales de Turreau

Voir l’article détaillé : colonnes infernales

Suite de la carrière de Turreau [modifier]

Turreau est nommé le 20 mai gouverneur de la place de Belle-Île, puis est arrêté le 28 septembre. Il passe toute une année en prison, et en profite pour rédiger ses Mémoires pour servir à l'histoire de la Vendée. Il refuse l'amnistie du 4 brumaire an IV (26 octobre 1795) qui clôt les travaux de la Convention, afin d'être réhabilité sans équivoque. Le 19 décembre 1795, il est acquitté par un tribunal militaire qui juge qu'il n'a fait qu'exécuter les ordres.

Sous le Consulat, il est envoyé en Suisse. De 1803 à 1811, il est ambassadeur aux États-Unis, puis commandant de plusieurs places militaires.

En 1814, il se soumet à Louis XVIII. Pendant les Cent-Jours, il publie le Mémoire contre le retour éphémère des hommes à privilèges. La Restauration ne l'a pas poursuivi, ni pour ce libelle, ni pour les colonnes infernales.

Il est sur la liste des bénéficiaires de la croix de Saint-Louis, mais meurt avant qu'elle lui soit remise au cours d'une cérémonie.

Distinctions [modifier]

01.07.2008

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La Fronde : Qu'était-ce ?

Fronde (histoire)

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(Redirigé depuis Fronde (Histoire))
Pour les articles homonymes, voir Fronde.
Un bon aller-retour vers cette période - avec ce site récupéré par notre ami Cronos - ignoré & trop caché : Pas étonnant que les pauvres ils se mettent ensemble depuis ! ( Blindacteon.)

La Fronde (16481653) est une période de troubles graves qui frappe la France pendant la minorité de Louis XIV (1643-1715), en pleine guerre avec l’Espagne, qui marque un brutal fléchissement de l’autorité monarchique. On distingue une conjonction de multiples oppositions aussi bien parlementaires qu’aristocratiques et populaires. Les historiens ont l’habitude de séparer deux phases : la première correspond à l’opposition des cours souveraines (fronde parlementaire, 1648-1649); la seconde à l’opposition des Grands (fronde des princes, 1651-1653). A ce titre, elle peut être considérée comme la dernière grande révolte nobiliaire du XVIIe siècle.

Anne d'Autriche et son fils Louis-Dieudonné. Anonyme. La Fronde se déroule pendant la minorité de Louis XIV. Le pouvoir est assuré par la régence de la reine-mère qui s'appuie sur son principal ministre, le cardinal Mazarin.
Anne d'Autriche et son fils Louis-Dieudonné. Anonyme.
La Fronde se déroule pendant la minorité de Louis XIV. Le pouvoir est assuré par la régence de la reine-mère qui s'appuie sur son principal ministre, le cardinal Mazarin.

Sommaire

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Les facteurs explicatifs des troubles [modifier]

Il est possible de distinguer trois facteurs d'explication au niveau fiscal (une pression croissante de la fiscalité royale), au niveau social (une remise en cause des privilèges des parlementaires parisiens) et au niveau politique (le pouvoir royal entend gouverner seul dans le cadre d'un renforcement monarchique).

Une ponction fiscale de plus en plus forte [modifier]

Portrait d'Omer Talon, 1649, Huile sur toile, National Gallery of Art, Washington D.C.
Portrait d'Omer Talon, 1649, Huile sur toile, National Gallery of Art, Washington D.C.

La Fronde naquit tout d'abord d'un mécontentement général. Celui-ci prenait sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale en vue de faire face aux dépenses de la guerre de Trente Ans. L'espoir d'un allègement des impôts, que la régente Anne d'Autriche avait fait naître après la mort de Louis XIII, se trouve vite déçu. En effet, le cardinal Mazarin demande au surintendant des finances Particelli d'Émery, d'élargir l'assiette de nombreux impôts. Ce dernier a cherché par tous les moyens à augmenter les recettes notamment par les édits du toisé (1644) et du tarif (1646) qui sont les plus connus et les plus impopulaires. L’objectif était d’étendre l’assiette fiscale parisienne afin de compenser le manque à gagner de la taille car les villes en étaient alors exemptées.
En janvier 1648, sept nouveaux édits fiscaux sont soumis à enregistrement auprès du Parlement de Paris (lit de justice du 15 janvier 1648). En dépit de protestations, notamment de l’avocat général Omer Talon, le Parlement doit s’effacer. Toutefois, il est farouchement hostile à ces mesures qui touchent la plupart de ses membres qui, jusque là, ne payaient pas ou peu d’impôts. En ce sens, la Fronde est un soulèvement des gens de bien, ne souhaitant pas payer d’impôts ou d’augmentation d’impôts. Les Parisiens suivent et soutiennent les parlementaires. Le mécontentement se généralise.

Une atteinte aux privilèges des officiers de robe [modifier]

Outre l’aspect fiscal, la monarchie touche également aux privilèges de ces parlementaires. En effet, toujours dans un souci de trouver des fonds, elle multiplie la création des offices. Or, les gens du Parlement en ont pour la plupart achetés et sont opposés à de nouvelles créations car l’augmentation de l’offre fait baisser le cours du prix de l’office.

De plus, la monarchie rogne sur les revenus des officiers. Un office produit en effet des revenus (que l’on appelle des gages), et le pouvoir royal supprime pour quatre années tous les gages des officiers parlementaires (avril 1648). Par conséquent, tous les officiers de robe de toutes les cours souveraines (Parlements, Chambre des comptes, Cour des aides et Cour des monnaies) sont solidaires pour défendre leurs privilèges.

Une volonté d'abaisser l'influence politique des ordres du royaume [modifier]

Portrait du cardinal Mazarin, v.1658-1660, Huile sur toile, Musée Condé, Chantilly
Portrait du cardinal Mazarin, v.1658-1660, Huile sur toile, Musée Condé, Chantilly

Le développement de la monarchie absolue signifie concrètement que la direction du pouvoir est entre les mains du roi seul, sans l’assistance de corps constitués tels que les Etats généraux. Au cours du XVIIe siècle, le roi s’est peu à peu passé de telles assemblées. Au contraire, le pouvoir monarchique s’est confiné dans une construction bicéphale où le roi place sa confiance en une seule personne (Richelieu pour Louis XIII et Mazarin pour la régente Anne d’Autriche).

Portrait de J.-F. Paul de Gondi, coadjuteur de Paris, puis cardinal de Retz (1651), anonyme.
Portrait de J.-F. Paul de Gondi, coadjuteur de Paris, puis cardinal de Retz (1651), anonyme.

Lors de la minorité de Louis XIV, la noblesse mais aussi les élites de robe n’acceptent pas l’idée que le pouvoir réside entre les mains du cardinal Mazarin, jugé trop puissant. Le peuple parisien exprime son aversion à l'égard du cardinal dans des mazarinades. L’opposition se déplace ainsi sur le terrain politique. Le Parlement aspire à plus de pouvoir. Certains princes du sang font également valoir leurs prétentions quant à leur participation à la direction des affaires.

Car en effet, face au gouvernement, se dressait d'abord rien moins que la famille royale. Gaston de France, oncle du roi et éternel comploteur, ne cachait pas son opposition à Mazarin, non plus que sa fille, la Grande Mademoiselle. Le Grand Condé et sa sœur, la duchesse de Longueville, espéraient entrer au conseil de régence.

Outre ces aspirations politiques, il en est d'autres plus personnelles. Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, coadjuteur de Paris, était ambitieux. Il voulait lui aussi jouer un rôle politique et surtout obtenir le chapeau de cardinal.

La Fronde parlementaire (1648-1649) [modifier]

La Chambre Saint-Louis et la montée de l'opposition parlementaire (janv.-déc. 1648) [modifier]

Portrait de Pierre Broussel, conseiller au Parlement de Paris, 1649. Anonyme.
Portrait de Pierre Broussel, conseiller au Parlement de Paris, 1649. Anonyme.

Pour forcer le Parlement à enregistrer les sept édits fiscaux, Anne d'Autriche tient un lit de justice, en présence du roi, le 15 janvier 1648. Les parlementaires réagissent dans un premier temps par le discours très dur d'Omer Talon, puis ils se ravisent: ils examinent les édits et n'ont de cesse d'adresser des remontrances.

En avril 1648, la tension se fait encore plus forte à cause du droit annuel ou paulette. Mazarin espère dissocier les cours souveraines en exemptant seul le Parlement d'un rachat de quatre années de gages pour obtenir le droit de renouvellement de leur office. C'est un échec pour le cardinal car la Robe parisienne fait bloc : la protestation générale se traduit par l'arrêt d'union (13 mai 1648) qui est cassé par le conseil d'État au mois de juin.

Dans ce contexte, les cours souveraines ont pris l'habitude de siéger ensemble, à l'appel du Parlement de Paris, à la chambre Saint-Louis du Palais de justice. Les magistrats rédigent des projets de réformes dans une charte contenant 27 articles. Ces derniers prévoient la suppression des traitants, la réduction des tailles, la répartition et la levée des impôts par les seuls officiers, le rappel des intendants, l'absence de création de nouveaux offices, le renoncement aux réductions de rentes et de gages, un habeas corpus pour les seuls officiers (garanties individuelles). Par la déclaration royale du 31 juillet, la chambre de Saint-Louis obtient gain de cause sur tous les points (sauf sur l'abolition des lettres de cachet) et Particelli d'Émery est renvoyé.

Portrait de Gaston de France, oncle de Louis XIV, dit Monsieur, 1634, par Antoine Van Dyck
Portrait de Gaston de France, oncle de Louis XIV, dit Monsieur, 1634, par Antoine Van Dyck

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Au mois d'août, le contexte change. La victoire de Condé, le 20 août sur les Espagnols à Lens, pousse Mazarin à réagir. Il profite de la liesse parisienne (un Te Deum est donné à Notre-Dame en l'honneur de la victoire de Condé) pour faire arrêter l'un des principaux chefs de la Fronde parlementaire, le conseiller Broussel. Très populaire au sein de la capitale, Paris se couvre de 1 260 barricades (26-27 août) autour du Palais-Royal[1]. Le chancelier Séguier est poursuivi par la foule qui met le feu à l'hôtel de Luynes où il s'était réfugié. Mazarin est contraint de libérer Broussel qui effectue un retour triomphal.
En septembre, la Cour s'exile quelques temps à Rueil. C'est là que le vainqueur de Rocroi et de Lens se met à la disposition d'Anne d'Autriche: "Je ne saurais souffrir l'insolence de ces bourgeois qui veulent gouverner l'État; je m'appelle Louis de Bourbon...".[2] Par son intermédiaire et celui de Gaston d'Orléans, la Cour et le Parlement tentent de trouver une issue à la crise lors de conférences tenues à Saint-Germain (25 septembre-4 octobre 1648). Anne d'Autriche et Mazarin se résignent temporairement à accepter les exigences parlementaires: le 24 octobre, la monarchie accepte les articles de la Chambre Saint-Louis, ramenés à une quinzaine, par une déclaration royale confirmant celle de juillet. Le même jour, une paix est signée avec l'Empereur Ferdinand III (1608-1657) mais passe complétement inaperçue (traité de Westphalie); la France sort de la guerre de Trente ans mais reste en conflit avec l'Espagne.
Pendant l'automne, le Parlement ne cesse d'adresser des protestations contre les infractions faites à cette déclaration. Mazarin projette de réduire Paris par la famine.

La guerre et le blocus de Paris (janviers-mars 1649) [modifier]

Armand de Bourbon (1629-1666), prince de Conti, médaillon, v. 1650. Anonyme.Fils d'Henri II de Bourbon et frère du prince de Condé, le prince de Conti est l'un des chefs de la Fronde. Il commande l'armée parisienne contre les troupes royales.
Armand de Bourbon (1629-1666), prince de Conti, médaillon, v. 1650. Anonyme.
Fils d'Henri II de Bourbon et frère du prince de Condé, le prince de Conti est l'un des chefs de la Fronde. Il commande l'armée parisienne contre les troupes royales.

D'un côté comme de l'autre, les forces s'organisent pendant que la Cour quitte brusquement Paris dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649 pour gagner le château de Saint-Germain. Mazarin fait appel aux 4000 mercenaires allemands de l'armée de Condé qui, au demeurant, reçoit le commandement des troupes royales afin de conduire le siège de Paris. Il dispose au total de 8 à 10 000 hommes[3]. Le cardinal est condamné au banissement par un arrêt du Parlement (8 janvier).

Du côté parisien, la résistance s'organise. Le Parlement confie le commandement des troupes au prince de Conti, frère de Condé, qui est désigné comme le généralissime de la Fronde (11 janvier). Les autres chefs sont les ducs de Bouillon, de Beaufort et d'Elbeuf ainsi que le maréchal de La Mothe et le prince de Marcillac. La duchesse de Longueville et surtout le coadjuteur de Paris, Jean-François Paul de Gondi jouent également un rôle prépondérant dans la révolte. Ce dernier se montre dans les rues de Paris, à cheval, en habits gris, des pistolets à l'arçon de sa selle. Le peuple chante des louanges à son égard en faisant référence au combat entre David (Gondi) et Goliath (le couple Anne d'Autriche et Mazarin):

"Monsieur notre coadjuteur
Vend sa crosse pour une fronde
Il est vaillant et bon pasteur,
Monsieur notre coadjuteur

Sachant qu'autrefois un frondeur
Devint le plus grand roi du monde;
Monsieur notre coadjuteur
Vend sa crosse pour une fronde"[4]

Mathieu Molé (1584-1656), sculpture en pied de Charles-François Leboeuf (alias Pierre Nanteuil), avant 1853, Paris, Le Louvre, cour Napoléon.
Mathieu Molé (1584-1656), sculpture en pied de Charles-François Leboeuf (alias Pierre Nanteuil), avant 1853, Paris, Le Louvre, cour Napoléon.

Le siège de la ville est efficace. Les greniers à blé autour de Paris n'alimentent plus la ville. Le combat de Charenton remporté par l'armée royale le 8 février 1649 sur quelques groupes de frondeurs empêche toute délivrance. Les soldats du roi ravagent le sud de Paris. Toutefois, les frondeurs reçoivent le soutien de Turenne. Ce dernier tente d'ailleurs d'attacher à son service huit régiments de l'armée d'Allemagne commandés par le général d'Erlach. Mazarin riposte grâce au banquier Barthélemy Hervart : il réussit à maintenir cette armée dans son devoir (et à ses frais) en fournissant 1,5 million de livres tournois. Sans moyens, Turenne décide alors de s'exiler. Le 7 mars 1649, il est déclaré coupable de crime de lèse-majesté.

Dans ces conditions (les alentours de Paris ravagés, Turenne défait), les frondeurs les plus modérés tels que le premier président du Parlement Mathieu Molé et le président Henri de Mesmes supplient Anne d'Autriche de négocier. Un compromis est signé le 11 mars 1649 (paix de Rueil), suivi de la paix de Saint-Germain (1er avril 1649). Tous les fauteurs de troubles sont pardonnés, y compris Turenne. Le 18 août, le roi fait son entrée à Paris.

La paix de Saint-Germain (1er avril 1649): un apaisement difficile et fragile [modifier]

La paix de Saint-Germain marque une pause dans les événements tumultueux de la Fronde. En réalité, le retour au calme est plus difficile. D'une part parce que les libelles et les pamphlets hostiles à Mazarin circulent toujours à Paris et, d'autre part, parce que ce sont les provinces qui entrent en mouvement. Les villes de Bordeaux et d'Aix se soulèvent chacune contre leur gouverneur respectif. Le retour au calme ne se fait qu'en août pour la Provence (alors qu'à Paris, la foule fête la Saint-Louis dans la joie) et en janvier 1650 pour le Bordelais.

Quant à la situation parisienne, tout se joue en coulisse. En effet, le prince de Condé entend tirer quelques bénéfices de l'appui qu'il a accordé à Mazarin, notamment pendant le blocus de la ville. Les prétentions de Condé (prendre part au gouvernement) conduisent Mazarin à se rapprocher des anciens frondeurs: il promet au coadjuteur de Paris, Jean-François Paul de Gondi, le chapeau de cardinal. Quant au duc de Beaufort, Mazarin le neutralise grâce à madame de Montbazon mais aussi en donnant à son frère, le duc de Mercoeur, l'une de ses nièces en mariage (Laure Mancini).

Ces jeux de clientèles renversent les alliances: en janvier 1650 quelques uns des chefs de la vieille fronde se rallient au pouvoir royal contre le prince de Condé et sa famille.

La Fronde des princes (1650-1653) [modifier]