27.04.2009

COLONNES INFERNALES ( 2 )

Colonnes infernales

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On désigne sous le nom de colonnes infernales les opérations menées par le général Turreau lors de la guerre de Vendée afin d’éliminer toute résistance dans les campagnes vendéennes, après l’échec de la virée de Galerne.

Note : dans un contexte différent, les chasseurs basques ont constitué une colonne dite colonne infernale lors des combats de 1793 sur la frontière espagnole.

Sommaire

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Contexte militaire [modifier]

Décembre 1793, les Vendéens sont défaits à la bataille de Savenay, face à Kléber et Marceau, au terme de la Virée de Galerne : seuls quelques milliers des 80 000 participants de la Virée de Galerne ont pu rejoindre la Vendée. Charette a perdu Noirmoutier et n'a plus que quelques centaines d'hommes dans les marais de Retz.

Turreau doit donc finir la guerre de Vendée. Déjà, le 7 novembre, le département a été rebaptisé Vengé. Il a le choix entre deux méthodes : la pacification, éventuellement musclée, et la répression violente. Il propose un plan d'amnistie au Comité de salut public sur les conseils de son général Jean-François Moulin :

« La désertion considérable qui commence à se manifester parmi les rebelles en-deçà de la Loire prouve assez que le bandeau de l'erreur se déchire ; que les prêtres qui dirigeaient leurs pas n'ont plus le même empire sur leurs opinions. Le moment serait-il donc arrivé de proclamer au milieu de ces fanatiques les vérités qu'on leur a dénaturées jusqu'alors ? [...] On craint qu'en agissant ainsi avec la même rigueur à l'égard des nombreux déserteurs, on ne réduise les autres au désespoir. »

N'ayant pas de réponse, il prépare un nouveau plan, en application stricte des décrets de la Convention.

Contexte politique [modifier]

Celle-ci a en effet adopté deux décrets de répression de la révolte de Vendée, d'abord le 1er août, puis un second le 1er octobre 1793, qui renouvelle pour l'essentiel le premier. Celui du 1er août 1793 précise que :

Il sera envoyé en Vendée des matières combustibles de toutes sortes pour incendier les bois, les taillis et les genêts. Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles anéantis, les récoltes coupées et les bestiaux saisis. La race rebelle sera exterminée, la Vendée détruite.

Ce décret prévoit par ailleurs de mener les bons citoyens hors de la région rebelle et de faire disparaître les mauvais ; et il préconise aussi de traiter avec égard les femmes, les enfants et les vieillards (article VIII). Le décret du 1er octobre étend cette mesure aux hommes sans armes. Les repaires rebelles doivent être détruits sans pitié.

C'est de ces deux décrets que Turreau s'inspire pour son second plan, qu'il adresse le 16 janvier 1794 au comité. Il prévoit de ratisser à l'aide de douze colonnes avançant parallèlement le pays rebelle, d'est en ouest, pour traquer les insurgés, et détruire leurs biens, de Brissac au nord, à Saint-Maixent au sud. Le comité de salut public est alors attaqué à la fois sur sa droite et sur gauche par les Indulgents, autour de Danton, qui dénoncent l'incapacité du gouvernement révolutionnaire à achever la guerre et les excès de la Terreur, et les Hébertistes, autour d'Hébert, qui poussent toujours à la surenchère. Pour Robespierre, la guerre civile est terminée ; mais les Hébertistes prônent une répression sans indulgence, en représailles des massacres commis par les Vendéens.

Plan détaillé [modifier]

Le plan de Turreau entre en application le 21 janvier. Il a sa disposition six divisions à l'est de la Vendée, chacune est divisée en deux colonnes. Un des problèmes des troupes républicaines pendant la guerre de Vendée ayant été la coordination, il donne à tous des lieux de rendez-vous précis, avec date à tenir. Les itinéraires sont indiqués commune par commune. Les chefs de colonnes doivent correspondre entre eux et avec le général en chef deux fois par jour pour garder une bonne coordination ; éviter le combat, sauf en cas de victoire certaine ; et utiliser tous les moyens pour dénicher les rebelles, brûler tout ce qui peut brûler, réquisitionner toutes les vivres. Treize communes républicaines sont exemptées[1].

En complément, Turreau charge le général Haxo, qui poursuivait jusqu'alors Charette sur les côtes ouest de la Vendée, de former huit colonnes qui parcourront la Vendée d'ouest en est, allant à la rencontre des douze autres.

Application [modifier]

Les instructions envoyées par Turreau sont peu équivoques :

  • Les villages, métairies, bois, landes, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes ;
  • seront passés par les armes les brigands trouvés les armes à la main ou convaincus de les avoir prises, y compris les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas.

Dans un premier temps, son plan est exécuté en une semaine ; mais des petits groupes de Vendéens s'infiltrent dans le bocage entre les colonnes ; des groupes plus importants, suffisamment pour ne pas être inquiétés par les effectifs des Bleus, se constituent. Il demande donc au Comité de Salut public de préparer les indemnisations pour ceux qui seront évacués, afin de vider le pays de sa population et de combattre plus facilement les insurgés.

Les colonnes sont surtout actives lors des deux premiers mois, à partir de février les embuscades vendéennes ralentissent énormément les colonnes qui sont parfois réduites à l'immobilisme.

Jusqu'au 17 mai, les colonnes infernales (Turreau les appela les colonnes massacreuses) massacrent et pillent. Celles placées sous les ordres des généraux Cordellier, des adjudants généraux de cavalerie Huché ou Amey vont bien au-delà des ordres : viols et exactions se succèdent. Turreau, au courant, est incapable d'autorité et de les faire cesser. Il demande à être relevé plusieurs fois.

Certains généraux mènent leurs colonnes d'une autre manière. Haxo constitue ses huit colonnes, mais leur assigne comme objectif la capture de Charette ; il ne fait commettre aucun acte de barbarie à ses hommes, épargnant même la gentilhommière de Charette à Fonteclose.

De son côté, l’adjudant général Cortez fait fusiller Goy-Martinière, le second de Huché pour avoir détruit des villes et villages dans des zones républicaines.

Parcours des colonnes infernales [modifier]

Parcours de la première et deuxième colonne [modifier]

Commandants : Adjudant Général Prévignaud et Adjudant Général Daillac

Parcours de la troisième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigage Louis Grignon

Parcours de la quatrième colonne [modifier]

Commandant : Adjudant Général Lachenay

Parcours de la cinquième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Jean-Pierre Boucret

Parcours de la sixième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Jean Alexandre Caffin

Parcours de la septième colonne [modifier]

Commandant : Général de division Louis Marie Turreau

Parcours de la huitième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Louis Bonnaire, puis Florent Joseph Duquesnoy

Parcours de la neuvième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Étienne Cordellier, 8 000 hommes

Article détaillé : Massacre des Lucs-sur-Boulogne.

Parcours de la dixième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Joseph Crouzat, 8 000 hommes

  • 21 janvier Départ à Brissac (actuellement Brissac-Quincé)
  • 22 janvier La colonne atteint Thouarcé
  • 23 janvier La colonne arrive à Gonnord, 200 civils sont massacrés, 2 femmes et 30 enfants sont enterrés vivants. Crouzat déclare: on fouille d'abord les maisons, on en arrache les femmes, les enfants, les vieillards, les malades qui doivent assister au pillage de leurs demeures et au sac de l'église; puis on met le feu partout. Ensuite, on aligne les habitants à un endroit ou à un autre, et on les fusille...
  • 24 janvier La colonne atteint Chemillé qui est épargnée en échange de butin.
  • 25 janvier La colonne traverse Chanzeaux et Melay quelques maisons sont incendiées, 71 personnes sont fusillés.
  • 26 janvier Crouzat rejoint Cordellier à Jallais
  • 27 janvier La colonne est au May-sur-Èvre
  • 28 janvier Elle passe par La Romagne et Saint-Macaire-en-Mauges
  • 29 janvier La colonne est attaquée et battue par les hommes de Stofflet, elle se replie sur Le May-sur-Èvre
  • 2 février Jonction des troupes de Crouzat avec celles de Cordellier.
  • 25 mars Crouzat prend le commandement de toute la division.
  • du 25 au 27 mars La division fouille la forêt de Vezins, 1 500 personnes qui s'y étaient réfugiées sont massacrées.
  • 28 mars Contre-attaque des troupes de Stofflet, plusieurs bataillons républicains sont massacrés.

Parcours de la onzième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Jean-Baptiste Moulin, 650 hommes

Parcours de la douzième colonne [modifier]

Commandant : Général de brigade Jean-Baptiste Huché, 1 500 hommes

Fin des colonnes infernales [modifier]

À force de tueries, des municipalités républicaines et des représentants du Comité de salut public finissent par s'émouvoir. Joseph Lequinio par exemple, accuse, dans un rapport destiné à Robespierre, Turreau de prolonger inutilement la guerre[2].

De plus, la situation politique à Paris a changé. Fin mars, les hébertistes, puis les dantonistes sont éliminés par les comités de salut public et de sûreté générale. Dès début avril, les colonnes sont ralenties dans leur activité. Il faut attendre le 17 mai pour que Turreau soit suspendu. Le 28 septembre, il est décrété d'accusation et emprisonné.

Bilan [modifier]

En 1794, sous la Convention thermidorienne, Gracchus Babeuf, alors adversaire des Jacobins, écrit un pamphlet pour dénoncer Carrier, dans lequel il crée le terme de populicide, face à l'ampleur de la dépopulation de la Vendée militaire.

D'après Jean-Clément Martin, qui a analysé les recensements de 1790 et de 1801, un manque d'environ 220 000 à 250 000 habitants est à noter dans l'accroissement normal qu'aurait dû connaître la « Vendée militaire » sans la guerre civile[3]. Les bilans varient, entre les morts au combat, les morts indirects du fait des mauvaises conditions de vie, les exils des Républicains. Les récoltes de 1788 ont également été mauvaises.

Selon Reynald Secher, historien, auteur de l'ouvrage La Vendée-Vengé, « 117 257 personnes au minimum disparaissent entre 1792 et 1802, soit 14,38% de la population » d'après les sources primaires disponibles.

On s'accorde aujourd'hui pour évaluer les pertes de la guerre de Vendée à 170 000 morts, Blancs et Bleus confondus[4].

De même, les historiens ont actuellement tendance à réduire la part du bilan imputée à Turreau. Tandis que, selon Louis-Marie Clénet, Turreau est responsable d'au moins 40 000 des 200 000 morts vendéennes des guerres de Vendée, pour Roger Dupuy, la fourchette est de 20 000 à 40 000 morts.

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

Sur les Colonnes Infernales de Turreau
  • Nicolas Delahaye,
    • Guide historique des Guerres de Vendée, Éditions Pays et Terroirs, 2005. Un inventaire et des itinéraires de découvertes des hauts lieux de la mémoire.
    • Les 12 Colonnes infernales de Turreau, Éditions Pays et Terroirs. Une synthèse pour découvrir la logique des colonnes de Turreau.
  • Simon-Jean Gruget,
    • Mémoires et Journal de l'abbé Gruget, curé de la Trinité d'Angers, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. Les Mémoires de l'abbé Gruget couvrent la période de 1793 à 1795. Ils « constituent un document des plus précieux pour l'histoire de la Révolution à Angers », un témoignage qui permet d'appréhender la vie des Angevins sous la Terreur.
    • Les fusillades du Champ des Martyrs, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. En complément aux Mémoires de l'abbé Gruget, cet ouvrage du même auteur se concentre sur un des hauts lieux de la Terreur en Anjou, le Champ des Martyrs d'Avrillé. C'est ici, aux abords d'Angers, que plus d'un millier de pri­sonniers furent exécutés.
  • Arsène Launay, La Terreur en Anjou, correspondance et journal de Benaben, Éditions Pays et Terroirs 2007. Oratorien et professeur, Bénaben fut un partisan de la Révolution en Anjou. Nommé commissaire civil auprès des armées républicaines, il a livré, par ses rapports, un témoignage édifiant.
  • Paul Legrand, Notes historiques sur la paroisse de La Gaubretière, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. Une des paroisses les plus représentatives par le nombre de massacres.
  • Joseph Lequinio, Guerre de la Vendée et des Chouans, mémoires de Lequinio, représentant du peuple, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. Le républicain Lequinio effectue un vigoureux réquisitoire contre les colonnes infer­nales de Turreau et contre les méthodes du gouvernement révolutionnaire.
  • Pierre Marambaud, Les Lucs, la Vendée, la Terreur et la Mémoire, Éditions de l'Etrave, 1993. Cette étude analyse la politique des massacres organisés et planifiés par Turreau aux Lucs-sur-Boulogne.
  • Bertrand Poirier de Beauvais, Mémoires inédits de Bertrand Poirier de Beauvais, commandant général de l'artillerie des armées de la Vendée, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. En réponse aux mémoires de Turreau, Bertrand Poirier de Beauvais rédige ses mémoires dès 1796.
  • Théodore de Quatrebarbes, Une paroisse vendéenne sous la Terreur, réimpression aux Éditions Pays et Terroirs. À rapprocher des Lucs-sur Boulogne et de la Gaubretière.
  • Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République Française, par un officier supérieur des armées de la République, réimpression de l'édition de 1824-1825, Éditions Pays et Terroirs, 1993. Un journal au jour le jour à partir des rapports militaires. Le tome III est indispensable pour suivre la marche des colonnes infernales de Turreau.
  • Louis-Marie Turreau, Mémoires de Turreau pour servir à l'histoire de la guerre de vendée, Éditions Pays et Terroirs 2007. Justifications de l'organisateur des massacres et des colonnes infernales.

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]

30.08.2008

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27.07.2008

Non Stop Violence

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20.07.2008

David Guetta / In Love With Myself

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LA GUERRE EN DENTELLE : 2 ( EXECUTION DE CHARETTE )

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(...) : Depuis, la propagande jacobine n’avait bien entendu eu de cesse de présenter les actions de l’irréductible chef vendéen comme autant de crimes commis contre les « honnêtes gens » ...

 (...)

L’exhibition, commencé sur la place du « Bouffay », s’était poursuivie tout au long du quai de la Fosse ; C’est à l’extrémité de cette opulente promenade, bordée par les demeures des épiciers des dits « 1000 & 1 nuits », ou plus présicément les hotels des négriers, que le chevalier connut une défaillance. Sa blessure à la tête, plus grave qu’on ne l’avait d’abord pensé, provoquait quelques souffrances... Il parvenait à les dompter mais ne put conjurer cette faiblesse. Alors le cortège s’arrêta & le blessé but 1 verre d’eau dans une boutique d’épices. Déjà, rassemblant ses forces, il donna le départ en s’écriant à l’organisateur de la « parade » :

-          « Ah ! Si je vous avais pris, moi ; Je vous aurais fusillé dans l’heure ! »

Lorsqu’on fut parvenu jusqu’à le site de constructions des vaisseaux, on reprit par la rue Jean-Jacques, la place de la comédie, la rue crébillon, la place égalité & enfin la rue casserie ; ou ; le long de cette voie , se pressaient des démocrates décidés outrageants – courageusement... – le vaincu.

(...)  Le dîner, constitué d’une poularde & d’une bouteille de bordeaux, ...

 

Cependant que le dévoué fournisseur courait donc chez Mlle de Charrette parut 1 capitaine du nom de P. C’était l’officier rapporteur de la commission militaire. Le chevalier supputa, par cette visite, que son affaire serait pour le lendemain, et il ne fût rien dit de nouveau.

-          Il prononça le nom de ses chefs de division ; fait pratiquement inutile : En effet,ces gens étaient tous morts.

(...) Les mets sont recherchés, les vins capiteux. M . de Charrette , de toute façon point trop sonné par cette promesse d’ execution assez glorieuse, fait honneur aux uns tandis que délaissant les autres. Le général Grigny l’interroge sur ses artifices lorsqu’il s’échappe de Bouin : Secret militaire (...)

François-Athanase n’a pas toujours bien vécu. Les « Grands », MM de Bonchamps, La Rochejaquelein, Talmont, (sauf Lescure), le regardaient de haut : IL entend donc, comme eux ; bien mourir !

... Or, chacun le sait, les convictions religieuses de l’ex-seigneur de la Contrie, quoique médiocre paroissien, éliminent le risque de suicide : (...)

 

Il ne reste que rien ne contribue plus à conférer une allure farouche qu’1 habit de guerre dépareillé ainsi qu’une pilosité sauvage & qu’1 brigand doit avoir l’air d’1 brigand. C’est entendu, Charrette devra faire peur :

-          « N’en parlons plus . Je désirais me mettre en état de paraître devant le public. Or, (...) »

 

Les gens du conseil militaire sont réunis au Bouffay & un certain Gauthier, Jacques, chef du 4ème bartaillon de l’Hérault, préside : Il sort de l’obscurité pour la circonstance et se hâtera d’y retourner ; 5 de ses homonymes sont généraux, lui ne décrochera jamais « les étoiles ».. . Les autres juges ne passeront pas non plus les entiers de la gloire ; siègent, selon l’ordre démagogique,..

De ce procès on ne saura presque rien car, dans la crainte d erévélations gênantes, les autorités ont interdit la prise de notes en débat.

Le président donne la parole au citoyen P., capitaine rapporteur. Comme le texte avait fait l’objet d’une élaboration, la teneur en est connue :

- « Citoyens, le crime ne peut avoir que des succès éphémères, il n"y a de stable que la vertu. Tels sont les principes de la terrible & invariable justice qui préside à la destinée des hommes. »

-          « Des preuves, des preuves, on a pas besoin de preuves ! ; D’ailleurs des preuves, il y en aurait plein cette pièce, et quand bien même le gouvernement enverrait sa grâce, je le ferais fusiller ce soir ! Si la commission qui doit le juger le blanchit, moi je l’enverrais pieds & poings liés à Saumur ! « 

-          «  Si ces femmes se représentent ; bourrez les ! « 

- «  La République m"avait promis la paix & n" a pas tenu ses promesses... »

(...)

Les marchands de râfraichissements bénissent cette kermesse inattendue. Il est 4 H. Soudain, la porte du Bouffay s’ouvre & le silence s’abat : Moins encadré que suivi par 2 gendarmes, flanqué du curé de Ste Croix, paraît l’homme. Il a dissimulé la blessure de son front sous 1 foulard des Indes noué à la mode des créoles. Sur sa vareuse s’affichent les insignes du « fanatisme » (...)

Et c’est l’éclair orangé suivi bien sûr par les longues traînées produites par la poudre noire : Charrette est toujours debout . Les généraux sous leurs plumes, les civils sur les toits, les musiciens leur emboût aux lèvres regardent, fascinés.

Alors se déroule lentement + doucement, & au prix de l’effort inapparent d’une nature si longtemps domptée ; la féérie de la mort. C’est, dit précisément le Marquis de St Pierre, un ralenti :

 

« D"abord la jambe droite a fléchi, puis la hanche ; s"appuyant sur le coude, etc..>>>

 Le chevalier paraît moins tomber que s"asseoir dans la « nuit éternelle. »

 

Covenant : Monochrome

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08.07.2008

GIRL YOU KNOW IT'S TRUE

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Révolution française : Les vrais faits

Terreur (Révolution française)

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Estampe de la Guillotine, « la Garde qui veille aux barrières du Louvre », durant la Terreur.
Estampe de la Guillotine, « la Garde qui veille aux barrières du Louvre », durant la Terreur.

La Terreur est le nom par lequel on désigne[1] deux périodes de la Révolution française au cours desquelles la France est gouvernée par un pouvoir d’exception reposant sur la force, l’illégalité et la répression[2].

Sommaire

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Chronologie [modifier]

Sa datation et sa définition restent très flottantes[3]. Toutefois, on distingue deux phases de Terreur[4] :

  • La première va de la déchéance de Louis XVI, le 10 août 1792, à la proclamation de la République, le 21 septembre 1792. Elle voit la création des institutions qui vont mettre en œuvre la politique de Terreur : un tribunal criminel extraordinaire est institué le 17 août 1792, mais son manque d’ardeur à punir les royalistes, qui exaspère « le peuple », c’est dire une partie des habitants de Paris, conduit aux massacres de septembre dans les prisons.
  • La seconde période va de l’élimination des députés girondins le 2 juin 1793[5], à l’arrestation de Robespierre le 27 juillet 1794. Entre l’été 1793 et le printemps 1794, l’affaiblissement de l’État, entamé en 1789-90, atteint son paroxysme, autorisant toutes les violences et toutes les surenchères. Le comité de salut public, associé à la personne de Robespierre qui ne partage pas toujours les vues de ses collègues sur la répression, crée, au printemps 1794, un « bureau de police » qui lui est propre pour contrôler les dérives du comité de sûreté générale qui n’est autre qu’une police politique, fonctionnant en liaison étroite avec le Tribunal révolutionnaire : le Comité de sûreté générale, et lui seul, a délivré infiniment plus de mandats d’arrêts que toutes les autres autorités réunies [6]; la Commune de Paris, qui possède, depuis le 10 août 1792, le pouvoir militaire a participé dans une moindre mesure a la politique de répression; le comité de surveillance du département de Paris a, en revanche, délivré un certain nombre d’ordre d’arrestations et entraîné le renvoi de nombreux suspects devant le Tribunal révolutionnaire.

Ce n’est qu’en mars 1794 qu’on a assisté à un renforcement des pouvoirs de l’État entre les mains du seul comité de salut public[7] dont les membres se sont peu à peu opposé sur la question des « sévérités nécessaires » : Robespierre était partisan de la modération et des sévérités motivées, contre l’avis de Bertrand Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne qui ont eu à répondre avec Vadier et Amar du Comité de sûreté générale, de nombreux crimes et actes de barbarie, ce qui valut aux trois premiers une condamnation à la déportation en l’an III.

Au motif de la guerre et du « salut public », la Terreur a été instaurée par le gouvernement révolutionnaire, sous la pression des événements : prise de Toulon soulèvement de la vendée, etc. ; plusieurs libertés furent suspendues et une politique de lutte contre les dangers intérieurs et extérieurs menaçant la République a été mise en application.

La loi du 22 prairial (10 juin 1794) devait simplifier encore les procédures de mise en accusation et supprimer presque tout droit à la défense, instaurant une période d’exécutions massives appelée Grande Terreur.

On considère que la Terreur s’achève le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) avec la chute de Robespierre et ses partisans et leur exécution le lendemain. Les acteurs majeurs de la période sont, notamment, Robespierre, Lazare Carnot [8],Saint-Just, Couthon, et surtout Barère, Collot d’Herbois, Fouché, Le Bon, Carrier ou Billaud-Varenne. Les victimes célèbres sont Marie-Antoinette, Danton, Camille Desmoulins ou encore Antoine Lavoisier.

La Convention n’a cependant mis la Terreur à l’ordre du jour, selon le mot célèbre de Bertrand Barère à la Convention que le 5 septembre 1793, sous la pression des sans-culottes[9]. Robespierre a défini les objectifs de la Terreur dans un discours resté célèbre, prononcé à la Convention nationale, le 25 décembre 1793 (extraits) :

« Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. [...] Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la protection nationale ; il ne doit aux Ennemis du Peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l’origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires [...]. Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche et plus libre dans ses mouvements que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non ; il est appuyé sur la plus sainte de toutes les lois : le salut du Peuple. »

La Terreur est également marquée par des tentatives de réformes économiques, sociales et culturelles.

Contexte et mise en place de la Terreur [modifier]

Les origines de la Terreur [modifier]

Fondements idéologiques [modifier]

Pour les Révolutionnaires, la terreur va de pair avec la vertu rousseauiste. Saint-Just oppose, dans un discours à la Convention du 23 Pluviôse An I, la terreur à la morale, lorsqu’il parle d’imposer la vertu au peuple et la terreur aux aristocrates : « Il est temps que tout le monde retourne à la morale, et l’aristocratie à la terreur ; il est temps de faire un devoir de toutes les vertus, de faire la guerre à toute espèce de perversité, de mettre la révolution dans l’état civil, d’immoler sans pitié sur la tombe du tyran tout ce qui regrette la tyrannie, tout ce qui est intéressé à la venger, tout ce qui peut la faire revivre parmi nous… Il y a dans la république une conjuration ourdie par l’étranger pour empêcher par la corruption que la liberté ne s’établisse ; c’est la ligue de tous les vices armés contre la vertu. Que la justice et la probité soient mises à l’ordre du jour ! »

Pour Robespierre, en revanche, la terreur est le corollaire de la vertu. S’il veut, comme Saint-Just, la terreur pour les ennemis du peuple, la raison exige la vertu dans la terreur et la terreur dans la vertu. Dans son Rapport sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration de la République du 18 pluviôse, il écrit que : « la première maxime de notre politique doit être que l’on conduit le peuple par la raison, et les ennemis du peuple par la terreur. Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire, en révolution est à la fois la vertu et la terreur. La vertu, sans laquelle la terreur est funeste; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible : elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu’une conséquence du principe général de la démocratie appliqué aux plus pressants besoins de la patrie. »

Robespierre s’inscrit en faux contre Montesquieu, qui avait théorisé que les formes de gouvernement républicain et despotique ont respectivement pour principe la vertu et la crainte, en ajoutant : « On a dit que la terreur était le ressort du gouvernement despotique. Le vôtre ressemble-t-il au despotisme ? Oui, comme le glaive qui brille dans les mains des héros de la liberté ressemble à celui dont les satellites de la tyrannie sont armés. » Pour lui, il n’y a donc plus que deux terreurs parallèles qui s’affrontent. La vertueuse terreur républicaine s’autojustifie par les succès qu’elle rencontre dans l’accomplissement des buts qu’elle s’est fixés : « Que le despote gouverne par la terreur ses sujets abrutis, il a raison comme despote. Domptez par la terreur les ennemis de la liberté, et vous aurez raison comme fondateurs de la république. Le gouvernement de la révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie. » Cette vertu devient donc, comme celle du Prince de Machiavel, une vertu, moins morale que politique, dont l’ultime dessein est de conserver le pouvoir.

La Patrie en danger et la première Terreur [modifier]

Sans-culottesReprésentation populaire (1789).
Sans-culottes
Représentation populaire (1789).

Depuis avril 1792, la France est en guerre contre les monarchies européennes solidaires de la famille royale française, l’Autriche et la Prusse. Le manifeste de Brunswick (25 juillet 1792) menace la population de Paris de représailles en cas de violence contre le roi et sa famille[10]. Le 11 juillet, on proclame la « patrie en danger ». Le 10 août, les sans-culottes et les fédérés prennent d’assaut le palais des Tuileries où réside Louis XVI. Celui-ci est jeté en prison alors que les armées étrangères pénètrent sur le sol français. Pendant cette période dite de la « Première Terreur » (été 1792), la France est dirigée par la commune de Paris et par un conseil exécutif de six membres[11]. L’Assemblée législative n’est pas supprimée ; elle envoie des représentants en mission auprès des armées afin de purger le haut commandement et de lutter contre les accapareurs. La commune de Paris fait pression pour juger rapidement les ennemis de la Révolution et les suspects : 3 000 personnes sont arrêtées en quelques jours[12]. Les défenseurs du palais des Tuileries lors de l’insurrection du 10 août sont exécutés sommairement[13]. Un tribunal d’exception est organisé le 17 août 1792, auquel participent des membres des sections parisiennes. L’annonce de la chute de Verdun aux mains des Prussiens et les rumeurs de complot déclenchent les massacres de septembre 1792 dans les prisons, qui font entre 1 000 et 1 400 morts.

Les premières opérations militaires sont des défaites françaises. La bataille de Valmy (20 septembre 1792) marque un premier succès militaire et déclenche l’enthousiasme à Paris. La Première République est proclamée le lendemain et la Convention nationale remplace l’Assemblée législative.

Les débuts de la Convention nationale (septembre 1792-juin 1793) [modifier]

Exécution de Louis XVI
Exécution de Louis XVI

La nouvelle assemblée de la Convention est élue au suffrage universel. Elle doit rédiger une nouvelle constitution pour le pays. Les députés siègent selon leur appartenance politique : en haut et à gauche se trouvent les Montagnards ; les Girondins prennent l’habitude de s’asseoir à droite. Le fossé entre les deux « partis » s’agrandit au cours des premiers mois de 1793. Les Montagnards accusent les Girondins de trahir la nation, de diviser le pays par le fédéralisme et d’être trop modérés. Les Girondins reprochent aux Montagnards leur soutien aux sans-culottes parisiens et suspectent Robespierre, Danton et Marat de vouloir instaurer une dictature. Les Montagnards font confiance au peuple et pensent que la violence est inévitable[14].

Après le procès de Louis XVI, la Convention nationale vote l’exécution du roi (21 janvier 1793), ce qui provoque la formation d’une coalition européenne : les Britanniques attaquent les côtes méditerranéennes et du Nord-Ouest, les Espagnols tentent de passer les Pyrénées, les Sardes franchissent les Alpes ; les frontières du nord et de l’est cèdent devant les armées austro-prussiennes. Certains généraux comme Dumouriez ou certaines unités trahissent.

Les armées révolutionnaires reculent (défaite de Neerwinden, le 18 mars 1793), à cause des faiblesses du commandement et des effectifs. Les émigrés français étaient souvent d’anciens officiers : même si leurs forces sont en réalité très faibles, elles alimentent l’idée du complot aristocratique[15].

Pour pallier le manque de soldats, la Convention décrète en mars 1793 la levée en masse de 300 000 hommes, sur le principe du volontariat. Devant le manque de volontaires, on décide de procéder à un tirage au sort. Les départements de l’Ouest refusent de partir à la guerre et dénoncent les privilèges accordés aux notables. Avec la guerre de Vendée, l’unité de la République est mise en péril. La Convention réagit d’abord en envoyant des contingents armés en Vendée et prend des mesures radicales : tout insurgé est condamné à mort et des listes de résidents sont affichées sur les portes des immeubles de la capitale[16].

Au cours du printemps 1793 ont lieu des pillages de magasins et de boulangeries dans Paris. Dans la rue et dans les sections parisiennes, les sans-culottes réclament l’arrestation des députés girondins, accusés de trahison et d’être du côté des spéculateurs et pressent le gouvernement de prendre des mesures radicales : les sans-culottes exigent la taxation des « riches égoïstes » [17]. Devant la pression populaire et pour éviter de nouveaux massacres, les Montagnards décident de prendre des mesures radicales et exceptionnelles. Danton affirme : «  Soyons terribles pour éviter au peuple de l’être » [18]. Un Tribunal révolutionnaire chargé de juger les « suspects » selon une procédure d’exception est fondé par le décret du 10 mars. Les comités de surveillance et les comités révolutionnaires sont institués le 21 mars : ils doivent surveiller et dénoncer les « ennemis de la République ». Le 28 mars, les lois contre les émigrés sont durcies (Loi des témoins). Le Comité de Salut Public est mis en place par décret le 6 avril, en remplacement du comité de défense général : organe de gouvernement révolutionnaire, il est en principe subordonné à l’assemblée et doit permettre de concentrer le pouvoir. Mais la Convention nationale entérine le plus souvent ses décisions. Composé de neuf puis de douze membres, le Comité de Salut Public est l’un des organes d’exécution de la Terreur. Le 4 mai est fixé un maximum des prix pour les grains et les farines, afin d’arrêter le renchérissement des denrées. Le 2 juin 1793, 80 000 hommes encerclent la Convention et réclament l’arrestation de 29 députés et deux ministres girondins[19]. L’épuration de la Convention est réalisée et l’Assemblée est désormais aux mains des Montagnards. Les Girondins proscrits prennent le contrôle de plusieurs villes de Province (Lyon, Toulon) et de plusieurs régions (Normandie) inaugurant les insurrections « fédéralistes ». En septembre 1793, les mesures terroristes s’accentuent sous la pression des évènements. La Terreur est mise à l’ordre du jour le 5 septembre 1793. Le 4 frimaire an II (24 novembre 1793) est présenté le décret relatif à l’organisation du gouvernement révolutionnaire, qui renforce la centralisation du gouvernement.

Article détaillé : Gouvernement révolutionnaire.

Les mesures de la Terreur (juin 1793-juin 1794) [modifier]

La guerre contre les coalisés [modifier]

Épuration de l’état-major [modifier]

Le général Custine, condamné par le tribunal révolutionnaire et guillotiné en août 1793
Le général Custine, condamné par le tribunal révolutionnaire et guillotiné en août 1793

Plusieurs mesures sont prises pour rétablir la situation militaire de la République et éviter un coup d’État : des représentants en mission sont envoyés pour inspecter les armées et surveiller les généraux. Cette surveillance aboutit à des exécutions de généraux jugés trop tièdes ou traîtres : en 1793, 11 d’entre eux sont exécutés comme Adam Philippe de Custine ou Jean Nicolas Houchard, 31 en 1794 (voir aussi Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ayant été exécutés). Ces généraux sont remplacés par de jeunes officiers sortis du rang et fidèles à la République. Ils mettent en pratique la stratégie offensive décidée par le Comité de salut public. Ensuite, les étrangers sont bannis de l’armée car ils sont considérés comme suspects[20].

Réorganisation des armées [modifier]

Les armées républicaines sont réorganisées, notamment par Lazare Carnot, surnommé l’Organisateur de la victoire : les effectifs augmentent grâce à la levée en masse (23 août 1793), qui porte momentanément les effectifs de l’armée à 750 000 hommes fin 1794[21] (contre 270 000 fin 1792 et 550 000 fin 1793). Tous les hommes célibataires de 18 à 25 ans sont mobilisés de force. Le budget consacré à l’effort de guerre est augmenté.

Les régiments sont transformés en demi-brigades, par l’amalgame de l’armée royale et des volontaires : chaque bataillon de soldats de l’armée d’Ancien Régime reçoit deux bataillons de volontaires ; ces derniers, plus jeunes et généralement plus enthousiastes envers la Révolution, bénéficient de l’expérience des premiers, les entraînent lors des combats et les surveillent, ce qui évite les trahisons d’unités entières. L’amalgame est achevé en 1796.

La mobilisation de tous pour l’effort de guerre [modifier]

Pour combler le déficit d’armes et de munitions, le Comité de salut public crée, en 1793, la commission des armes et des poudres, qui multiplie les manufactures d’armes et réorganise la collecte des matières premières, et confie au comité militaire, réduit à un rôle technique et consultatif, l’organisation des levées d’hommes et leur encadrement, le développement de la cavalerie et la réquisition des charrois, la surveillance des hôpitaux militaires et des troupes cantonnées à Paris[22].

La production d’armes augmente. Pour améliorer la qualité des métaux utilisés et les techniques de fabrication, le chimiste Gaspard Monge et l’ingénieur des mines Hassenfratz sont chargés de l’organisation de la manufacture d’armes de Paris, le chimiste Carny de faciliter l’extraction du salpêtre, Berthollet et Choderlos de Laclos de travailler sur la composition de la poudre et expérimenter de nouveaux projectiles. Le 14 frimaire an II (4 décembre 1793), tous les citoyens, y compris les enfants, sont invités à récolter le salpêtre sur les murs de leurs caves[23].

La Convention décide le 26 juillet 1793 la construction de relais pour le télégraphe par sémaphore de Claude Chappe ; la première ligne est installée entre Lille et Paris durant l’été 1794. Des l’automne 1793, l’armée utilise des ballons captifs, dont le général Jourdan se sert notamment à Fleurus.

Des camps d’entraînement pour les nouvelles recrues sont aménagés.

Le 15 novembre 1793, la Convention décrète que l’approvisionnement des armées doit primer sur celui des civils. En décembre 1792, le ministre de la guerre Jean Nicolas Pache a remplacé les intendants des armées, système qui favorise la corruption, par la régie directe, pratique abandonnée par son successeur Beurnonville en février 1793. Finalement, un décret du 27 juillet 1793 résilie tous les marchés passés et leur substitue la régie, et l’approvisionnement devient l’un des domaines de prédilection des envoyés en mission.

Résultats [modifier]

Après l’été 1793, la situation militaire semble se redresser : le 2 septembre, Toulon est reprise par les armées républicaines après un long siège. Ces dernières remportent plusieurs victoires dans le nord et l’est : Honschoote (8 septembre 1793), Wattignies (16 octobre 1793), Tourcoing (18 mai 1794) et enfin Fleurus (26 juin 1794). Par ces victoires, la République se renforce et exporte ses idéaux révolutionnaires en dehors de la France.

Libération ou de conquête ? [modifier]

Le but premier de la guerre est, pour la Convention, de détruire les forces contre-révolutionnaires et de libérer les peuples européens qui leur sont soumis. Les premières Républiques-sœurs sont constituées en 1793 (République rauracienne, dans le Jura suisse, et République de Mayence). Pourtant, les objectifs initiaux sont vite dévoyés et font place à une politique d’occupation des territoires conquis. L’armée doit réquisitionner du matériel et de la nourriture.

Contre les ennemis de l’intérieur [modifier]

La loi des suspects et répression [modifier]

En juillet 1793, l’assassinat de Marat par Charlotte Corday renforce les sentiments anti-royalistes. Les insurgés fédéralistes de Normandie marchent sur Paris mais sont finalement arrêtés à Pacy-sur-Eure. Il faut attendre le mois d’octobre pour que Bordeaux et Lyon soient reprises par le gouvernement. En août, les sujets britanniques résidant en France sont menacés d’être arrêtés[24] et en octobre est instituée la Loi contre les Anglais. Le 12 août 1793, Robespierre déclare à la Convention :

« Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu 'ils inspireront à tous les ennemis de la patrie ! »

La loi des suspects est adoptée le 17 septembre 1793. Sont jugés « suspects » d’après l’article 2 :

« Ceux qui, soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme et ennemis de la liberté […]. Ceux à qui il a été refusé des certificats de civisme. Les fonctionnaires suspendus ou destitués de leurs fonctions par la Convention nationale ou ses représentants. Les nobles, les maris, les femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou sœurs, qui n’ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution. Ceux qui ont émigré du 1er juillet 1789 au 8 avril 1792, bien qu’ils soient rentrés en France »

La justice révolutionnaire est chargée de juger les suspects : elle est exclusivement parisienne après la création du tribunal révolutionnaire de Paris en mars 1793, puis elle se trouve étendue à la province par plusieurs représentants en mission, avec la création de commissions révolutionnaires ou militaires dans les zones de guerre civile. Le 10 octobre 1793 est proclamé le gouvernement révolutionnaire : la constitution de 1793 n’est pas appliquée et les libertés sont suspendues en attendant le retour à l’ordre et à la paix. Le pouvoir est concentré et centralisé. Grâce à la création du Bulletin des lois de la République, les décisions de la Convention sont connues et applicables immédiatement. C’est à partir de cette date que Robespierre prend de plus en plus d’ascendant sur les différents acteurs politiques à Paris. Le comité de sûreté général ainsi que les comités locaux sont chargés d’appliquer les lois et de trouver les suspects. Ils font leur rapport hebdomadaire devant le Comité de salut public. En province, les institutions locales sont purgées. Finalement les agents nationaux surveillent les districts.

Malgré les victoires contre les fédéralistes (Lyon tombe le 9 octobre 1793), la Terreur continue en province comme à Paris. La loi de ventôse an II (février-mars 1794) permet la redistribution des biens des opposants vers les alliés des dirigeants politiques du moment. L’obtention d’un certificat de civisme devient une nécessité vitale pour les nombreuses personnes suspectes.

Les Vendéens [modifier]

Articles détaillés : Guerre de Vendée et Virée de Galerne.

Le décret de destruction de la Vendée (1er août 1793) témoigne de l’exaspération de la Convention devant les victoires vendéennes (Vihiers en juillet 1793). En dépit des victoires des armées républicaines à Cholet (17 octobre 1793) ou à Savenay (23 décembre 1793), une guerre d’embuscades et de coups de main se poursuit, conduisant à l’organisation de colonnes incendiaires par le général Turreau. Certains ont parlé de « volonté génocidaire » dans la répression menée par plusieurs individus.

Les colonnes infernales dirigées de janvier à mai 1794 font entre 20 000 et 40 000 morts[25

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04.07.2008

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