13.08.2007

LA GUERRE EN DENTELLE

 

Jacques Cathelineau s’était battu 4 mois, MM. D’Elbée et de Bonchamps, 7 , le prince de Talmont guère plus, car il n’osait plus rejoindre que tardivement, Monsieur Henri, 10 mois. M. de Charrette luttait depuis bientôt « 4 » années. Verrait-il le printemps ? ( ! ! ?) Il avait pratiqué toutes les formes de combat, batailles rangées, sièges, embuscades, déployant ses ressources avec autant de précision et de conscience pour enlever une ville que pour surprendre 1 caporal. Non seulement il avait appris la guerre aux autres, mais encore il n’avait cessé de se perfectionner.

             Son talent demeurait inaltéré mais ses forces le trahissaient. Quel soldat avait mené jamais une existence aussi rude ? Les Bleus se relayaient. N’avaient-ils pas vu se succéder quelques 12 commandants en chef ! Les troupes prenaient leurs quartiers d’hiver, faisaient l’objet de relève. Le chevalier n’avait jamais connu, sauf durant les 2 mois de la fausse paix, 1 instant de repos.

         La fatigue se lisait sur ses traits. Naguère éclatant..

(...) C’était rendre au Brigand l’adhésion des hommes les plus las, et de plus, dans une trappe vicieusement tendu par les montagnards et qui ne semblait ne choquer personne, le Chef...

-          « Je n"ai qu"un reproche à faire à Robespierre, c"est d"avoir été trop mou. »

 

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(...) A Paris, l’opulence tapageuse des « ventres pourris », - Placés essentiellement dans le XVII & VIII ème... -, insulte bien entendu à la détresse des miséreux. Partant de là, il était normal que les...

Rare marque d’estime : Le chef vendéen s’abstenait étrangement de courtiser les filles de Couêtus, pourtant fort jolies. Elles comptaient parmi les ornements du quartier général et tiraient aussi gentiment le pistolet que l’aiguille. Au début de la première campagne, leur père avait commandé la première « division » de Saint-Philibert et conservé des relations avec le curé du cru. L’écclèsiastique, touché par les preuves constantes d’humanité données par le gal Gratien, proposa de s’entremettre entre le Blanc et le Bleu. M. de Charrette, informé , ne s’opposa point au projet, précisant toutefois :

« - Je réserve ma « propre » décision selon les circonstances. »

Facheux prélude à l’entrevue, lorsque le gal en second et M. Faugaret, divisionnaire de Retz, parviennent, arborant 1 mouchoir blanc de parlementaire, dans la lande de Jouinos, près de St Denis la « Chevasse », les fantassins veulent les dépouiller. Il faut que les gendarmes mettent leurs sabres à la main pour que les Royaux ne « perdent pas leur montre ». La suite est + prometteuse ; l’entretien se déroule courtoisement. M. de Coûetus dit son désir d’adhérer à la pacification, son espoir d’y faire souscrire son supérieur.

(...)

- « Restez à notre quartier général, en attendant que les pourparlers touchant votre soumission soient + avancés. Vous serez ainsi à l"abri de toute surprise. »

(...)

Face à l’opinion puissamment prononcé contre eux, (...)

les habitudes prises par les anciens sujets, décorés du nom de citoyens, apparaissent telles que le dogme de la soumission volontaire à la Loi devient 1 objet de dérision. Les cinq sires du Luxembourg, drapés dans leur défroque davidienne, peuvent promulguer d’excellentes lois dues aux Cambacérès, aux Teillard, aux Merlin de Douai, les voleurs volent, les assassins pillent, la Nation sombre dans l’anarchie. Jamais la maxime de M. de Rivarol n’a sonné plus juste : « Quand les peuples cessent d"estimer, ils cessent d"obéir. »