20.08.2008
LE MASSACRE DES LUCS-SUR-BOULOGNE : UN MYTHE ?
Massacre des Lucs-sur-Boulogne
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne est le plus célèbre perpétrée par les troupes républicaines des colonnes infernales pendant la guerre de Vendée. Sa notoriété est surtout due aux archives qui ont permis un débat historiographique sur ce massacre. Toutefois, pendant les colonnes infernales cet acte n'était guère exceptionnel, de janvier à mai 1794, d'autres villages connurent des sorts semblables.
Sommaire[masquer] |
Déplacement de la colonne infernale [modifier]
Le 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués par Charette et mis en déroute. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s'en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l'intention d'y exercer des représailles.
Le massacre [modifier]
| Cet article provoque une controverse de neutralité (voir la discussion). Considérez cet article avec précaution. (Questions courantes) |
Les Républicains, une fois entrés dans le village, rassemblent la population devant l'église. Les villageois n'étaient guère en mesure de se défendre, la population présente comptant principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. La quasi-absence d'hommes adultes convainquit les Républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordres de Charette. Matincourt avait choisi de ne pas faire de quartier ; de plus, il souhaitait que l'opération se fasse en économisant le plus de cartouches possibles. Les soldats firent donc rentrer la population dans l'église jusqu'à ce que, tout à coup, la cohue s'arrête. L'église s'avérant trop petite pour pouvoir contenir toute la population du village. Les Républicains mirent donc leur baïonnette au canon, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l'extérieur. Les portes de la chapelle furent ensuite fermées, emprisonnant les civils à l'intérieur. L'église fut ensuite incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement. Toute la population, soit 564 personnes avaient été massacrée. Le soir, un soldat nommé Chapelain écrivit dans son journal: Aujourd'hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme. Nos colonnes ont progressé normalement.
Controverse [modifier]
Le déroulement du massacre fut toutefois contesté par certains historiens. Le dossier a été rouvert par l'historien Jean-Clément Martin, spécialiste de l'histoire des guerres de Vendée et surtout de la persistance de la mémoire du drame depuis deux cents ans[1]. Pour lui, non seulement il parait difficile d'affirmer qu'il n'y eut qu'un seul massacre, mais tout permet au contraire de penser qu'il y eut une multiplicité de combats entremêlés sur toute la paroisse des Lucs durant plusieurs mois de 1794. Les victimes mêlent à la fois femmes, vieillards, enfants et combattants tombés les armes à la main.
Il explique qu'aux Lucs, la « liste dressée en 1794 comptabilise manifestement l'ensemble des habitants tués depuis 1789, alors que toute une tradition veut la voir comme le résultat d'un massacre unique commis en deux jours de février 1794. Les conclusions sont évidemment fort divergentes selon la lecture adoptée »[2].
Il a été suivi dans cette voie par Paul Tallonneau[3].
Toutefois, des travaux très précis de Pierre Marambaud[4] ont bien corroboré la réalité du massacre du 28 février 1794. Ce dernier englobe en fait non seulement les Lucs, mais ses proches alentours (n'oublions pas qu'en ces temps les communes étaient divisées en paroisses[précision nécessaire]). Les différentes archives (paroissiales et des armées), ainsi que certaines lettres émanant de soldats présents lors des faits en portent les preuves essentielles et irréfutables.
Mémorial [modifier]
On peut visiter le Mémorial de Vendée qui témoigne de cet événement. À l'occasion de son inauguration, le 25 septembre 1993, Alexandre Soljenitsyne prononça un discours resté célèbre, où il fit un parallèle entre l'esprit qui animait les hommes politiques appliquant la Terreur et le totalitarisme soviétique.
Bibliographie [modifier]
- Pierre Marambaud, Les Lucs, la Vendée, la Terreur et la Mémoire, Éditions de l'Etrave, 1993. Cette étude analyse la politique des massacres organisés et planifiés par Turreau aux Lucs-sur-Boulogne.
- La Chouannerie et les guerres de Vendée de Nathalie Meyer-Sablé et Christian Le Corre, Édition Ouest-France
Notes [modifier]
- ↑ Jean-Clément Martin, Le Massacre des Lucs, Vendée 1794 (en collaboration avec Xavier Lardière), Geste Éditions, La Crèche, 1992
- ↑ Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, éditions du Seuil, 2006
- ↑ Paul Tallonneau, Les Lucs et le génocide vendéen : comment on manipule les textes, Hécate, 1993
- ↑ Pierre Marambaud, Les Lucs, la Vendée, la Terreur et la mémoire, éditions de l'Etrave, 1993
Liens externes [modifier]
Affichages
Outils personnels
19:09 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : histoire, génocides
15.08.2007
LES DEBUTS D'1 GENTILHOMME "SANS AVENIR" : (1)

(...) Nos flottes étaient devenues la fierté de la France, elles constituaient, grâce à Louis XV et plus encore à Louis XVI, pathétique navigateur de l’immobile, l’armée de la revanche. François-Athanase de Charrette entra comme aspirant garde de la marine à l’école de Brest, devint garde, puis garde du pavillon. (...)
C’est à cette époque, semble-t-il, que François-Athanase connut, jeune camarade valétudinaire & de 3 ans son cadet, cet Emmanuel de Las Cases, « Vrai comte & faux chevalier de la légion d"honneur, & qui toutefois trottait comme 1 caniche derrière l"Empereur. Les propos de l"auteur de « Mémorial » ont parfois subi des déformations mais en l"occurrence ils rendent ici 1 son vrai :
« L"Empereur a travaillé avec l"un de nous, ce qui nous a fort réjouis, en nous prouvant qu"il se trouvait mieux. Il m"a fait demander avant dîner . Le travail semblait l"avoir ranimé, il était fort causant et nous marchions dans son appartement. La Vendée, ses troubles, les chefs qu"elle avait montrés, ont été un des sujets remarquables de sa conversation. Charrette était le seul dont il fit un cas tout particulier :
- J’ai lu une histoire de la vendée, disait-il, si les détails & les portraits divers sont exacts, Charrette est le seul véritable héros de cet épisode marquant & étouffé de notre révolution : Lequel, s’il présente de grands malheurs, n’immole pas notre gloire... On s’y égorge ; mais l(on ne s’y dégrade point : on y reçoit des secours de l’étranger ; mais on a pas la honte d’être sous sa bannière && d’en recevoir 1 salaire journalier... Oui, a-t-il continué, Charrette me donne l’impression d’1 caractère, je lui vois faire des choses d’une énergie & d’une audace peu communes ; Il laisse finalement percer du génie ; Face à ces...
Las Cases reprend :

« Je lui disais avoir connu Charrette dans mon adolescence ; nous avions été de la marine ensemble à Brest ; nous y avions partagé la même chambre, mangé à la même table, et il avait fort surpris par ses « exploits » et sa future carrière tous ceux qui avions été liés d"une manière ou d"une autre avec lui. Toutefois, nous avions tous jugé Charrette assez commun, de peu d"instruction, volontiers atrabilaire et surtout extrêmement indolent. Pas un de nous qui ne l"eût condamné à demeurer dans la foule des insignifiants quelque peu favorisés par les circonstances... «
Et puis, en 1784, Charrette servait sans joie sur la gabare « La Loire », retrouva sa belle humeur en passant sur « La Cléopâtre », & enfin une légitime fierté lorsqu’il reçut son premier commandement, celui de caboteur sur « Le Dauphin ». Il se préférait bien entendu petit chef que grand second...
Un jour que le feu s’était déclaré sur la frégate légère et tandis que l’équipage s’affolait, le chevalier s’écria :
- « Que pouvez-vous craindre ? ; Ne sommes-nous pas entourés d"eau ? »
(...)
Hors du pain dont on manquait parfois, il nourrissait fort bien son monde, faisait tenir garnison aux quelques 800 hommes de son armée permanente & surtout accueillait dans sa « principauté » les nobles, les bourgeois & les gens du peuple – artisans ou paysans – contraints de fuir devant la colère grandissante des autorités républicaines. Très tôt, on avait parlé...
Les ragots, toujours présents : « On ne vit jamais 1 tel homme ; il changeait de femme toutes les nuits. » On s’amusait assez honnêtement : La résidence du marin, qu’on commençait d’appeler « le général », était tenue par sa sœur Marie-Anne, Mme de Charrette ayant jugé plus opportun de demeurer dans son logis nantais. Le chevalier dansait, paraît-il, des nuits entières, entraînant dans la ronde deux dames de La Rouchefoucauld, ainsi que Mmes Bulkeley, Govis du Fief, de Couêtus, Marie Lourdais (...) . Le jour, lorsqu’elles ne se transformaient point en amazones, ces aimables créatures brodaient sans trêve des uniformes, des scapulaires, de fines chemises & d’amples panaches pour leur idole(s). Avec son dolman couleur chair & ses pantalons à la hussarde, il tenait à la fois du grand seigneur & du marchand d’oviétan ; Ce qui, selon toute vraisemblance, déplaisait bien sûr fortement à ses égaux et/ou conccurents, & ravissant ainsi ses subordonnées.

(...)
& bien que ne roulant pas sur l’or, fidèle ainsi & par-là même à la devise de sa famille : « Jusqu"au bout « . ( Quant à l"écusson, plutôt simple ; il consistait en 1 lion noir, tirant une langue rouge et sortant des griffes non moins voyantes, le tout surmontant 3 merles plutôt sombres au bec également vermillon)
(...) Le chevalier, fort de l’appui de Lescure et de D’Elbée, avait déplu par ses « gasconnades ». Le prince de Talmont, que sa connaissance des premières chouanneries prédisposait pourtant à juger avec indulgence les bandes du bas poitou, avait voulu les stimuler :

( D'Elbée. )
- « Soldats de l"armée de Charrette ( c"était déjà gentil de parler d"armée !), j"espère que vous allez vous battre comme il faut. Si vous ne vous battez pas bien, regardez les soldats de l"armée d"Anjou qui vont vous faire la barbe ! »
Furieux & pressé de défendre ses gens, le « chevalier sans billet du Roi », répondit bien sûr :
- « Je ne doute pas de la valeur de l’armée d’Anjou, mais je suis absolument certain que les miens ne reculeront pas devant le feu ! »
Ainsi, possédant certes tous les défauts en masse mais point le cynisme & la mesquinerie de ses pairs, Charrette ayant attaqué trop tôt cependant que trahi par les siens, ( jugeant le plan absurde & se défiant des maraîchins...)
Xavier Watremez
...
13:15 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, Politique, littérature, révolution française, Bonaparte




























